STAYER -FR : Le blog 100 % demi-fond et derny

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LYON, LE CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND : LE REPORTAGE

  

 

 

LYON 2017 : LE PLEIN DE BONHEUR,

LE PLEIN D'EMOTIONS FORTES

 

 

 

Il est bien difficile de faire le tri des émotions à l'issue de cette journée en terre lyonnaise. C'est que les certitudes ont été chahutées,  et les scénarios écrits à l'avance bouleversés en cette journée d'automne particulièrement émotionnante.

 

Sous les auspices d'une voûte céleste pas forcément engageante, voire parfois franchement morose -  mais qui eu le bon goût de ne pas pousser trop loin la plaisanterie -, les   manches qualificatives et les finales ont  apporté un fameux lot de coups de tonnerre et de séquences torrides, cela à la grande satisfaction d'un public régalé à satiété de temps forts. Et sous les apparences de la continuité - puisque le champion de France sortant a renouvelé son bail avec le titre-, il apparait bien  - sans pour autant vouloir jouer au devin à trois sous - que l'avenir du demi-fond ait semblé s'écrire en filigrane de ce samedi si riche en sensations fortes.

 

D'ordinaire, les qualifications sont un aimable jeu de dupes, la plupart du temps pas franchement affriolant. Rien de tel ne s'est produit sur la piste du vélodrome Georges Préveral en ce samedi 16 Septembre, car la première série allait nous estomaquer.

 

Le retour du double champion de France Samuel Dumoulin ne pouvait aux yeux du public déboucher que sur une victoire. Ceux qui - comme moi - n'étaient pas trop réveillés sur le coup des dix heures du matin (entre parenthèses, un brin  trop matinale, la qualif') n'en crurent pas leurs yeux vingt-sept minutes quarante-trois secondes plus tard ... Car après une lutte courte mais intense dans les dix premières minutes avec le champion 2016, le coureur d'AG2R disparaissait peu à peu dans les profondeurs de la course, ce au grand dépit d'un Marc Pacheco aussi mortifié et peiné que pouvait l'être le public au bord de la piste (et moi donc !). Au bout de cette manche improbable, Emilien Clère se qualifiait sans avoir eu à forcer son talent, devant un Christopher Gamez  impressionnant de décontraction et  la révélation de l'édition 2016, le local  Hugo Rouland, Julien Brasseur allant quant à lui chercher "avec les dents" sa qualification au détriment de Samuel Dumoulin.

  

Mais à peine remis du choc que constituait la sortie d'un des favoris de l'épreuve, il nous revenait bientôt d'assister médusé aux passages en rafales de deux fusées. Le temps d'écarquiller les yeux et l'on avait peine à identifier les auteurs de cette entrée en matière tonitruante. Il allait falloir pourtant s'habituer bien vite à voir croiser façon jet tout au long de la deuxième manche qualificative un infernal duo : attention mesdames et messieurs, Joseph Berlin-Semon et Kevin Fouache brûlent la piste ! Une ronde menée à plus de soixante-seize de moyenne, vous avez bien lu ! Derrière eux, Antoine Gaudillat et Guillaume Brasseur choisiront de laisser passer l'orage, direction une qualification plan-plan, tout en admirant à chacun de leur  passage le show époustouflant des deux énergumènes. Le public pour ce qui le concerne en a été - autant que je le suis- "surlecuté". En voilà deux sérieux clients pour le champion de France sortant ! Vivement cet après-midi !

 

Mais auparavant, je vous offre une pause. Allez, laissez-moi vous offrir  une petite visite à la (très) remarquable exposition STAYER FR (publicité gratuite) "67 champions de France derrière engins motorisés", sise au bord de la piste. Point de vue imprenable, panorama grandiose, en attendant la petite finale ...

 


 

Aux  alentours  de quinze heures cinquante, la voici justement qui s'annonce : cinquante tours en forme de réparation pour Samuel Dumoulin. Le champion de Lyon Sprint Evolution  assurera sa sortie en la remportant haut la main, après une belle séquence produite par le Francilien Anthony Baré, qui, en terminant second, pose des jalons pour les saisons à venir. On aurait aimé voir le jeune et prometteur Julien Verne briller à cette occasion, mais le pôvre ne put jamais se remettre d'une entame catastrophique ... C'est que le demi-fond est déjà assez difficile comme cela, alors quand il faut courir après son entraîneur en plus, ça devient un peu mission impossible. Mais il fallait une sacrée force de caractère pour ne pas jeter l'éponge, s'accrocher aux ridelles, et remettre le métier sur l'ouvrage pour  achever dignement la course comme il l'a fait. Chapeau jeune homme, et respect  pour ton attitude ...

 

Quand à Samuel Dumoulin, permettez-moi (je peux ?) de saluer le Monsieur. Engager sa réputation de pro comme il l'a fait, alors qu'il se savait en condition imparfaite pour lutter à ce niveau,  et avoir la dignité et le courage de revenir l'après-midi disputer et remporter la petite finale, je trouve cela absolument remarquable. Combien à sa place se seraient esquivés au terme de la manche qualificative, ou - mieux-  auraient   déclaré forfait la veille pour ne pas égratigner leur standing ... Au lieu de  cela il a tenu à disputer ce championnat, valorisant ainsi la performance de  ses adversaires et témoignant d'une probité et d'un  respect pour le public et l'équipe organisatrice à citer en exemple, ce que je ne vais pas me priver de faire ici-même.

 

La Finale, on y est  ... Cent-cinquante tours direction l'enfer ou le paradis, ce sera selon.

 

Le scénario ? Emilien Clère nous a habitués jusqu'ici  au "départ qui tue". Alors, pourquoi changer une formule qui fonctionne ? Tel un buffle furieux, il va donc prendre d'assaut, surgissant de sa seconde position sur la ligne de départ, le commandement de la course, et s'envoler dans le sillage de François Toscano pour une longue croisière en haut de piste. La première partie du plan réalisée, la seconde consistera à tenir jusqu'au bout : on peut lui faire confiance sur ce chapitre.

 

Derrière le démarreur-fou, on fait ce qu'on peut pour sauver les meubles. Dix tours n'ont même pas été accomplis que le champion sortant double Guillaume Brasseur, avant, deux révolutions plus loin, de fondre, inexorable,  sur Hugo Rouland. Le panneau affiche le chiffre cent-trente cinq  lorsqu'il doublera le champion 2015 Antoine Gaudillat, au prix d'un long effort. Encore cinq virées supersoniques, et il laissera derrière lui un Christopher Gamez encore étourdi par un départ calamiteux, mais qui bientôt ne va pas tarder à manger son pain blanc.

 

Vingt tours révolus, et on y voit plus clair (désolé pour ce pauvre jeu de mots, je fais ce que je peux) : en tête un Emilien Clère apparemment sûr de sa force, et à un demi-tour, l'épatant Joseph Berlin-Semon, talonné par  l'élégant Kevin Fouache. A cent-quatorze tours de la fin, le tempo de l'homme de tête paraissant faiblir,   les deux poursuivants tentent un rapproché, avant que Joseph Berlin-Semon ne donne l'impression de se tasser au fil de la poursuite. C'est qu'apparaît bientôt  devant nos deux challengers l'équipage Christopher Gamez/Bernard Filiatre, qui n'a pas précisément l'intention de leur faire des fleurs, et qui porte beau, drôlement beau ! Cela fait l'affaire d'un Emilen Clère qui continue sa ronde folle sans être lui gêné le moins du monde.

 

Au terme du soixante-cinquième tour, Kevin Fouache et André Deraet décident de prendre leur sort en main, et portent une attaque intense, objectif la seconde place. Au terme d'une magnifique poussée, le sociétaire de Creuse Oxygène Guéret s'empare de son Graal. Mais  si son adversaire a plié sous la violence de l'assaut, il n'a pas rompu ... L'affaire reste à suivre ... 

 

Joseph Berlin-Semon va d'ailleurs trouver au fil des tours des forces nouvelles, pendant que Kevin Fouache et André Deraet butent désormais sur l'impavide binôme Gamez/Filiatre. A quarante tours de l'arrivée, Kevin Fouache décide de se sortir du piège, en attaquant férocement les deux gêneurs, mais sans succès. L'opération se révèle tout bénef' pour Joseph Berlin Semon et Marc Pacheco, qui trouvent l'ouverture quatre tours plus loin, lorsque la résistance du coureur du V.C.A. du Bourget et les remous infernaux distillés par son madré entraîneur auront sapé la résistance de la révélation de l'édition 2015.

 

 

Kevin Fouache tentera bien - non sans panache - de reprendre sa chère seconde place,  en jetant ses dernières  forces à dix-sept tours de la fin. Après avoir repoussé cet ultime assaut, le Bisontin Berlin-Semon entend ne pas être en  reste question spectacle. Pour ce faire, il déborde enfin à sept tours de la fin l'empoisonnat tandem Gamez/Filiatre, parachevant ainsi de la plus belle manière son impressionnante prestation.

 

De son côté, Emilien Clère n'ayant pas l'intention de se faire voler plus longtemps la vedette,  se décide dès lors à ramener les lumières du final sur lui. A cinq tours de l'arrivée, il pousse à fond les feux, et double sans coup férir  un Kevin Fouache qui  achève de verrouiller dans la douleur sa  place sur le podium. Désormais sous la menace d'un retour du double - bientôt triple - champion de France, Joseph Berlin-Semon et Marc Pacheco  ne vont pour leur part ne plus céder un pouce de terrain, afin de  rester dans le tour du vainqueur. Au bout de cette course échevelée, c'est un troisième titre qui tend les bras à Emilien Clère, le podium étant complété par Joseph Berlin-Semon et Kevin Fouache.

 


 

Trois courses de demi-fond seulement à ce jour, et second  pour son premier championnat de France, Joseph Berlin-Semon aura été la révélation de cet intense édition 2017. Mais réussir cette performance n'est pas forcément la sensation. Ce qui l'est, c'est la valeur athlétique qu'il aura exposée au cours de deux courses à haute intensité, et les promesses qu'elles contiennent.

Devant lui, il y a un Emilien Clère au sommet de son art, qui semble avoir franchi un palier nouveau, et dont la démonstration m'a paru encore plus  probante que celle qu'il avait réalisée à Bordeaux l'an dernier.

 

Quant à Kevin Fouache, qui joint  à l'efficacité de son coup de pédale une élégance qui n'est pas sans rappeler celles d'un Anthony Gillot ou d'un Mickael Buffaz, il a confirmé sa valeur esquissée lors de l'édition 2015, et pris son ticket pour passer à l'étage supérieur. Et lorsque l'on sait que derrière ces trois-là, il y a un Christopher Gamez qui ne demande qu'à les y rejoindre,  un Hugo Rouland qui prend du galon, et que d'autres encore poussent au portillon, on peut se prendre à espérer, sans pour autant trop délirer, des jours radieux pour le demi-fond.

 

 Alors, à  vous revoir messieurs, disons ... au championnat d'Europe par exemple ?

 

 

Patrick Police, le 18 Septembre 2017

STAYER FR

 

 

 

 

CLASSEMENTS

 

Première série :

  • 1. Emilien Clère (V.S Chartres) – entr. François Toscano - les 30 kms en 27’43.04 – moy. 68.188 km/h
  • 2. Christopher Gamez (V.C.A. du Bourget) – entr. Bernard Filiatre – à 1 tour
  • 3. Hugo Rouland (Lyon Sprint Evolution) – entr. Marc Pacheco – à 2 tours
  • 4. Julien Brasseur (V.S. Chartres) – entr. Alain Gaudillat – à 3 tours
  • 5. Samuel Dumoulin (AG2R – Lyon Sprint Evolution) – entr. Marc Pacheco - à 4 tours
  • 6. Martial Kneisky (V.C. Ornans) – entr. André Deraet (BEL) - à 4 tours

 

 

Deuxième série

  • 1. Joseph Berlin-Semon (M.P. UC.I. Track team – A.C Bisontine) – entr. François Toscano – les 30 kms en 24’43.620 – moy. 76.434 km/h
  • 2. Kevin Fouache (Creuse Oxygène Guéret) – entr. André Deraet (BEL) –
  • 3. Antoine Gaudillat (V.S. Chartres) – entr. Alain Gaudillat – à 5 tours
  • 4. Guillaume Brasseur (V.S. Chartres) – entr. Romuald Foucher – à 6 tours
  • 5. Paul Thomas (Lyon Sprint Evolution) – entr. Sylvain Pacheco – à 8 tours
  • 6. Anthony Baré (V.C.A. du Bourget) – entr. Michel Filiatre – à 9 tours
  • 7. Julien Verne (Lyon Sprint Evolution) – entr. Marc Pacheco – à 11 tours

 

 

Petite Finale

  1. Samuel Dumoulin (AG2R – Lyon Sprint Evolution) - entr. Marc Pacheco – les 50 tours en 16’15.600 – moy. 67649 km/h
  2. Anthony Baré (V.C.A. du Bourget) – entr. Michel Filiatre – à 1 tour
  3. Paul Thomas (Lyon Sprint Evolution) – entr. Sylvain Pacheco – à 2 tours
  4. Julien Verne (Lyon Sprint Evolution) – entr. Bernard Filiatre – à 2 tours

Martial Kneiski (V.C. Ornans) – entr. André Deraet (BEL) – Ab.

FINALE

 

  • 1. Emilien Clère (V.S Chartres) – entr. François Toscano - les 50 kms en 43’30.900 – moy. 68.942 km/h
  • 2. Joseph Berlin-Semon (M.P. UC.I. Track team – A.C Bisontine) – entr. Marc Pacheco – à 15 ‘’
  • 3. Kevin Fouache (Creuse Oxygène Guéret) – entr. André Deraet (BEL) – à 1 tour
  • 4. Christopher Gamez (V.C.A. du Bourget) – entr. Bernard Filiatre – à 2 tours
  • 5. Hugo Rouland (Lyon Sprint Evolution) – entr. Sylvain Pacheco – à 5 tours
  • 6. Guillaume Brasseur (V.S. Chartres) – entr. Romuald Foucher – à 9 tours
  • 7. Julien Brasseur (V.S. Chartres) – entr. Michel Filiatre – à 9 tours

 

Ab. Au 145ème tour : Antoine Gaudillat – entr. Alain Gaudillat

 

Patrick POLICE

Le 17 septembre  2017

 



18/09/2017
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