STAYER -FR : Le blog 100 % demi-fond et derny

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LE CHAMPIONNAT D'EUROPE DE DEMI-FOND 2016 AU VELODROME NATIONAL

 STEFAN SCHAFER ET FRANZ SCHIEWER

LES DEUX AS DU JEU ALLEMAND 

 

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Mercredi 19 Octobre 2016. Etranges, ces manches qualificatives disputées en huis-clos, en amont de la cérémonie d'ouverture ... Elles rajoutent  ainsi à l'atmosphère toujours particulière à ce genre d'exercice.

 

Pour l'équipe de France, qui aligne trois coureurs,  le jeu consiste pour Emilien Clère, Antoine Gaudillat et Benoît Daeninck, dans ces manches disputées à sept, à entrer à minima dans la peau d'un troisième et/ ou d'un quatrième - ou plus si affinités - dans leur manche respective pour atteindre à la finale rêvée. Mais ça, c'est sur le papier.

 

Et cela dépend sur lequel (papier). Si c'est celui donnant la liste des partants de la première série, Antoine Gaudillat et Benoît Daeninck  peuvent envisager la chose sans trop d'appréhension : derrière le Hollandais Kos, sorte de Prince Charmant des tourneurs sur bois, chacun a le droit de  se hasarder dans les convoitises.

 

Le plus rapide à s'asseoir sur la quatrième chaise disponible de cette première manche qualificative sera d'ailleurs Antoine Gaudillat, qui réussira là, derrière l'intouchable Patrick Kos, l'impressionnant Allemand Schiewer et l'inoxydable vétéran helvétique Peter Joerg, ce pourquoi il était venu. La déception est donc trouvée du côté de l'autre Français sélectionné, Benoît Daeninck, qui est passé à côté de son sujet, because un départ trop rapide, visiblement.

 

Dans la seconde manche par contre, les noms qui font peur se comptent jusqu'à quatre et plus : les épouvantails mystérieux que sont les Allemands Schafer et Steger, le Suisse Atzeni, les Hollandais Kaldenbach et Groen, l'Italien Cazzaro, qui avait sorti Emilien  Clère du jeu aux championnats d'Europe 2014.  Compte tenu de ce qui précède, c'est un  champion de France pas plus confiant que cela - et un peu moins encore -  qui vient prendre rang sur la ligne de départ, probablement après une nuit peuplée de cauchemars éliminationesques.

 

Comme quoi il avait tort, il enlèvera haut la main sa manche qualificative ! Parti en pole-position il saura la conserver  la course durant, avec sur ses reins le Suisse Guiseppe Atzeni, l'Allemand Schafer - dissimulateur comme c'est pas permis -, et l'autre Allemand, Thomas Steger, que je verrais bien jouer un rôle de portier dans la finale à venir, allez savoir pourquoi, mais je dois avoir l'esprit mal tourné  ....

 

1ère Manche :

1. Patrick Kos - entr. Wilhem Fack (HOL) - les 30 kms en 28'27''

2. Franz Schiewer - entr. Gerard Gessler (ALL)

3. Peter Joerg - entr. Thomas Baur (SUI)

4. Antoine Gaudillat - entr. Alain Gaudillat (FRA)

5. Michael Alborn - entr. Dino Rey (SUI)

6. Matts Gittins - Thomas Schumacher (G-B - ALL)

7. Benoît Daeninck - André Deraet (FRA-BEL)

 

 

2ème Manche : 

1. Emilien Clère - François Toscano FRA) - les 30 kms en 28'04'' 

2.Guiseppe Atzeni - entr. René Aebi  (SUI) 

3. Stefan Schafer - entr. Peter Bauerlein (ALL) 

4. Thomas Steger - entr. Thomas Ruder  (ALL) 

5. Manuel Cazzaro - entr. Christian Dagnoni  (ITA) 

6. Dex Groen - entr. Sam Mooij (HOL)   

7. Jeroen Kaldenbach - entr. Patrick Besteman (HOL)  

 

La "petite finale" résonnera comme une "grande revanche" pour l'Italien Cazzaro, qui, après un départ atomique,  ne laissera sur ses talons que le seul stayer suisse Michael Alborn,  lequel, spectaculaire et accrocheur en diable, restait  encore  en droit de croire en toutes ses chances, jusqu'à ce que le bris d'un sabot de la moto de son entraîneur Dino Rey l'obligea à un second départ. Une fois le changement de moto effectué dans les règles, le synmpathique coureur suisse et son aimable entraîneur auront beau se remettre de tout leur cœur à l'ouvrage, ils ne reverront plus l'homme de tête, dépassés même sur ces entrefaites par le bien discret hollandais Kaldenbach.

L'Italien Cazzaro remporte donc haut la main cette finale des "9 à 14". Mais pauvre Cazzaro : il n'aura droit ni à l'attention du public, ni à celle du speaker, tous deux occupés à célébrer la retraite de notre cher Benoît Daeninck, qui tire ce soir-là sa révérence avec force émotion et élégance.

Reste que c'est bien l'équipage Cazzaro/Dagnoni qui a dominé cette finale, et qu'il est justice de le célébrer ici à travers ces lignes, puisque cela n'a pas été fait dans l'enceinte du vélodrome.

 

FINALE DES 9èmes à 14èmes

 

1. Manuel Cazzaro - entr. Christian Dagnoni  (ITA) - les 30 kms en 28'39

2. Jeroen Kaldenbach - entr. Patrick Besteman (HOL)

3. Michael Alborn - entr. Dino Rey (SUI) - à 1 t

4. Benoît Daeninck - André Deraet (FRA-BEL) - à 2 t

5. Dex Groen - entr. Sam Mooij HOL) - à 4 t

6. Matts Gittins - Thomas Schumacher (G-B - ALL) - à 6 t

 

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Quand l'heure de la finale sonne, et Dieu sait qu'elle tardera à sonner,  compte tenu des minauderies, exigences et griefs de certains entraîneurs étrangers répugnant visiblement à l'utilisation de nos Yamaha (eh oui, il y a des habitudes (manies ?) difficiles à changer parfois), personne sur la piste, à l'intérieur ou dans les gradins, ne peut prétendre être en mesure d'anticiper le scénario à venir. Tant ce à quoi nous allons assister dans les dix premières minutes de la course relèvera de l'émotionnant, du surprenant, voire du bouleversifiant (merci Didier Bourdon, depuis le temps que je rêvais de le placer !  ) ... 

 

Revenons sur la ligne de départ. Vigoureusement lancé par son teneur, notre Antoine Gaudillat national a choisi d'abattre la carte "départ rapide". Dont acte. Oui, mais il lui aurait fallu tirer la carte "départ-canon" en l'occurence, car ne vont pas tarder à lui débouler dessus deux obus, les Allemands Schafer et Steger, qui ont choisi délibérément le coup de force, façon abordage. Schafer, déboulant de sa troisième position sur la grille  de départ apparaît tout à fait surpuissant, et ne tarde pas à  prendre un demi-tour, façon dragster,  à un peloton sous le choc. A distance, s'accrochent, sans y jeter leurs dernières forces, son compatriote Steger, à qui je soupçonne des arrières-pensée de "portier" à venir,   et nos deux Français - gros cœurs et têtes froides -, qui sont loin de se noyer lors de cette phase hautement explosive. Pendant ce temps, je relève que le phénomène hollandais Patrick Kos, une fois amorti les effets de ce tsunami, s'est engagé dans une phase d'accélération assez affolante. Au cours d'icelle, il va "oublier" en coup de vent Antoine Gaudillat, puis Emilien Clère, avant de tomber sur le râble de ... Steger, qui, comme par hasard, tente alors, dans l'affolement,  une résistance forcenée. Mais la secousse imprimée par le champion hollandais a été tellement violente que  tout ce qui se trouvait sur le passage de la moto de l'interminable Wilhem Fack a été littéralement chahuté. L'Allemand est "pendu". Kos est littéralement allongé sur sa machine.  Le public retient son souffle,  chaviré. Mais, dans cette hallucinante séquence de sur-vitesse,  Gulliver-Fack a eu la main un peu lourde, et a "allongé" son coureur jusqu'à le faire exploser, puis l'oublier carrément. Clameur dans les tribunes. Rage froide sur la piste : Patrick Kos ne va pas attendre que son entraîneur ait cessé sa séquence Valentino Rossi : en moins de temps qu'il n'en faut à STAYER FR  pour vous faire un reportage sur les France de demi-fond, il rend son tablier ! Notre homme, tout à fait déterminé à quitter la ronde infernale, regagne fissa les stands, tout en entêtement mutique, ivre de colère contenue.  Dès lors, il n'y aura plus de course. Enfin, plus celle, passionnante, qui s'annonçait.

 

Dommage, j'avais connu le beau et talentueux Patrick (ils sont souvent comme ça, vous le remarquerez)  plus pugnace. Les jambes en cause ? Peut-être. La tête ? Sûrement. Et puisque je suis lancé dans la psychologie de bazar, j'ai l'intuition, confirmée d'ailleurs par son entourage, qu'il ne fallait pas grand-chose en ce début de semaine pour contrarier le champion batave (quand on veut éviter de répéter le mot "hollandais", on se sert fatalement du mot "batave", çela ne vous aura pas échappé.) A te revoir de toutes façons, garçon, car le demi-fond européen ne peut pas se passer trop longtemps d'un talent tel que le tien.

 

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Le marteau-pilon germanique a donc écrasé la course. Une fois la fumée de cette furieuse entame dissipée, émergent des décombres un Stefan Schafer toujours monstrueux d'abattage, et, un demi-tour plus loin, son compatriote Franz Schiewer, évoluant à un rythme de croisière tonitruant. Lui, c'est l'archétype du stayer. Il possède tout en magasin : souplesse, puissance, élégance, rendement, résistance, capacité d'accélération, et j'en passe ... Derrière ces deux "monstres" ? Eh bien, c'est un peu "chacun sa peau". D'ailleurs, encore quelques tours à ce régime, et elle ne vaudra plus bien cher, la  peau de stayer. Bientôt, l'ex-champion d'Europe Guiseppe Atzeni n'en finira plus de compter les Schafer et Schiewer qui passent. Encore quelques tours, et il luttera pour ne pas subir le rapproché de son compatriote Joerg - l'inaltérable, l'inoxydable Joerg ! -, et d'un Emilien Clère conduisant sa course à la perfection. Lorsque Thomas "portier" Steger, vidé de ses forces, quittera la piste, le temps commencera à paraître bien long à tous les  protagonistes. Beaucoup d'entre eux aimeraient bien alors pouvoir camper sur les positions acquises.

 

Pour les deux rouleaux-compresseur  Schafer et Schiewer, tout a l'air de se dérouler sans problèmes apparents. Mais pour Atzeni, c'est une autre paire de manches, et il ne tarde pas à décliner nettement au fil des tours. D'ailleurs, aux quatre coins de la piste, ça couine, ça "crampouille" (j'aime bien), ça grimace ... Quelques instants auparavant, Antoine Gaudillat avait mis la flèche, non sans avoir épuisé tout son capital-souffrance, jusqu'au malaise ... Sur ce chapitre, d'ailleurs, on peut relever que, même à l'étage du dessus, on n'est plus trop à la fête. Certaines séquences de danseuse Schaferienne, ou les rictus explicites de Schiewer, "le stayer aux mains nues", le démontrent à l'envie. Il est vraiment temps que la course se termine. Pour Atzeni notamment, car  Emilien Clère, en flirt permanent avec la position Obree et batailleur en diable, a doublé au cours de toutes ces péripéties Peter Joerg, avant de se faire dépasser à son tour par ce dernier. Et ce faisant, consécutivement à ces phases d'accélération, notre champion de France s'est libéré peu à peu de la surveillance rapprochée que lui infligeait jusqu'ici l'ex-champion d'Europe. Inexorablement, la distance qui les sépare va alors se réduire comme peau de chagrin, et l' on se prend dans les tribunes à rêver d'un podium. Mais malgré le forcing final du champion de France, celui-ci ne sera pas au rendez-vous.

 

Ce championnat d'Europe s'est achevé sur un triomphe romain : celui du team allemand, œuvre parfaite des deux stayers haut de gamme que sont dans l'ordre Stefan Schafer et Franz Schiewer. 

 

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Des coureurs de ce calibre, on demande à les revoir, en France et ailleurs. De préférence avec, à leurs côtés, un Patrick Kos des grands jours - il faudra ça -, accompagné d'un entraîneur moins étourdi, et notre homme armé d'un moral plus affermi. Et alors là, croyez-moi, la chose vaudra le déplacement. Une petite touche de mélancolie, tout de même, avec cette cinquième place attribuée à l'équipage Toscano/Clère, que l'on aurait tant aimé voir quatrième. Après vérification, la place de cinquième a été confirmée par le jury des commissaires. Dont acte, et que cela ne nous prive pas de célébrer comme il se doit la superbe prestation de nos stayers et entraîneurs.

 

Un championnat d'Europe de demi-fond organisé sur notre sol pour la première fois depuis soixante-trois années,  une série qualificative remportée par un Français, une finale avec deux coureurs tricolores : décidemment, on peut affirmer  après cette édition, historique à plus d'un titre, que 2016 aura été un sacré millésime pour le demi-fond français.

 

FINALE :

1. Stefan Schafer - entr. Peter Bauerlein (ALL)

2. Franz Schiewer - entr. Gehrard Gessler (ALL)

3. Guiseppe Atzeni  - entr. René Aebi - à 8 t (SUI)

4. Peter Joerg - entr. Thomas Baur - à 10 t (SUI)

5. Emilien Clère - entr. François Toscano - à 10 t (FRA)

Abandons : Patrick Kos -entr. Wilhem Fack (P-B) / Thomas Steger -entr. Thomas Ruder (ALL) / Antoine Gaudillat - entr. Alain Gaudillat (FRA)


 

 

Pacer Décisif

Les 20 et 28 Octobre 2016  

 

De retour du vélodrome, les dernières nouvelles avant la veillée d'armes. Une journée éprouvante pour les nerfs des hôtes, compte tenu des exigences un peu surjouées  de certaine équipe participante, de l'enjeu  aussi (l'avenir du demi-fond français), et enfin de la tension inhérente à un évènement de ce calibre.   

 

Un pronostic ? Patrick Kos, le Néerlandais, ne devrait pas trouver son maître sur ce type de piste. Derrière lui, il y a de la place pour ... un ou deux français je l'espère, etil n'y a aucune raison de ne pas le croire, après le niveau de notre championnat national.  

 

Alors Emilien, Antoine, Benoît, c'est demain à vous de jouer,, et de croire à fond dans vos chances, tout en choisissant bien vos cartouches ...  

 

Les séries de demain sont les suivantes : (hélas elles se dérouleront à huis clos)

 

 

 

1ère Manche  

Benoît Daeninck (FRA) - entr. André Deraet (BEL) 

Antoine Gaudillat - entr. Alain Gaudillat (FRA) 

Gehrard Gessler - entr. Franz Schiewer (ALL) 

Matts Gittins - (G-B) 

Patrick Kos - entr. Wilhem Fack (P-B) 

Michael Alborn (SUI)  

Peter Joerg (SUI)

 

 

2è Manche  

Emilien Clère - entr. François Toscano (FRA) 

Stefan Schafer - entr. Peter Bauerlein (ALL) 

Thomas Steger - entr. Thomas Ruder (ALL) 

Manuel Cazzaro - entr. Christian Dagnoni (ITA) 

Jeroen Kaldenbach - entr. Patrick Besteman (P-B) 

Dex Groen - entr. Sam Mooij (P-B)Guiseppe Atzeni - entr. René Aebi (SUI)  

 

 

 

 

 Saint-Quentin-en-Yvelines, le 18 Octobre 2016 - nuit

 

 

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PREPARATION AU CHAMPIONNAT D'EUROPE :

ATELIER DES 15 ET 16 OCTOBRE 2016

 

ce 19 oct 2016 PROPRE I IMG_3108.JPG 

 

Deux journées de travail intense pour préparer au mieux le championnat d'Europe, placées sous le signe du sérieux, de l'efficacité, et de la camaraderie. Une belle expérience, assurément, et qui donne envie de s'impliquer toujours davantage dans l'aventure.

 

Merci pour ces deux journées passées parmi vous, la "drime time" du demi-fond

(dans l'ordre alphabétique, pour ne froisser personne) :

Michel Filiatre,

Romuald Foucher,

Alain Gaudillat - coup de chapeau en passant au Président-mécano en chef -,

Antoine Gaudillat - pour la logistique -

Loïc Guilbaud, 

Marc Pacheco - l'homme aux blagues à toutes épreuves -

  François Toscano,

et en guest-star, le polisheur anonyme, "polish-man".

 


 

Le 17 Octobre 2016

Patrick Polish (Eh oui, ça devait finir comme ça ...)

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20/10/2016
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