STAYER -FR : Le blog 100 % demi-fond et derny

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CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND SAMEDI 13 JUIN 2015 : LE REPORTAGE


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photo François Bonnin
 

  

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et pout finir, un clic sur le lien suivant s'impose :

http://www.directvelo.com/index.php/actualite/43030-kevin-fouache-le-demi-fond-gagne-a-etre-connu.html#.VW9SQrsw-po


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Championnat de France de demi-fond

Chateaubriant – Samedi 13 Juin 2015

 

 

 

 

Je sais. Vous allez me faire  reproche de mettre en ligne  ce reportage un peu tard après la bataille. A l’heure de l’information immédiate, des news supersoniques, il est clair que ma petite boutique paraît fonctionner encore à l’âge de la pierre éclatée. Mais bon, il faut savoir ce que l’on veut. De l’information à chaud qui brûle les doigts et l'esprit, des propos people à l’emporte-pièce, sans réflexion ni recul, des analyses pseudo-techniques, boursouflées de fatuité ...  Non, Stayer Fr  ne mangera pas de ce pain-là.

  

Eh oui, il faudra vous y faire, avec Stayer Fr, vous aurez toujours droit aux comptes-rendu pépères, aux reportages surgelés à réchauffer deux jours après l’évènement. Qu’est que voulez, c’est comme ça, je préfère écrire des âneries qui prennent le temps de la maturation (tant d'autres ont moins de préventions), plutôt que balancer des flashes - façon dépêches bâclées -, des photos à la mode "selfies", ou reporter en ligne les questions navrantes posées au saut du vélo : l'intervieweur, genre « on est entre potes » : «  Franchement ce que tu as fait aujourd’hui, énorme, non ? »

  

Bon, passé ce préambule dont vous vous demandez bien ce qu’il vient faire ici alors que j’ai des choses d’importance à vous narrer (narrer : ça en impose, non ?), j’en arrive à ce qui vous amène sur cet excellent (oserai-je dire indispensable ?) site qu’est Stayer Fr, le seul site qui vous conte un évènement sept-cent trente-deux jours après qu’il soit survenu.

  

On va tout de suite faire litière de l’objection que ne manqueront pas de faire les cagneux, les sodomiseurs d’insectes diptères ou empêcheurs de s’enthousiasmer en rond : oui, il n’y avait pas les gros calibres DN1 sur la ligne de départ, because manche de  Coupe de France le même jour (Tour de l’Eure-et-Loir pour ne pas le nommer). Oui, en l’absence (que j’ai déploré) du jeune espoir lyonnais Hugo Rouland il n’y avait finalement que neuf coureurs ce samedi 13 Juin pour se disputer le titre. Et alors ?

  

Primo, c’est d’abord tant pis pour les absents. Je vais vous épargner la sentence idiote qui veut qu’ils aient toujours tort. Mais franchement,  entre un maillot à trois couleurs et une manche de Coupe de France, si on vous donnait le choix (et le choix, c’est peut-être bien ce que n’ont plus d’ailleurs les coureurs, dans le monde si idéal du cyclisme actuel, qui fonctionne de plus en plus comme celui d’une société anonyme), vous hésiteriez longtemps, vous ? Deuxio : on s’en fout, on a eu droit à une course magnifique au vélodrome de  Chateaubriant, et au bout du compte,  on a un champion de France qui tient la route (la piste), et pas qu’un peu ! Troisio (promis, j’arrête, je reconnais que c'est pas brillant) : c’est pas le club de ce dernier, l’A.S. Corbeil-Essonne,   qui se plaindra d’avoir trouvé, vingt-quatre années plus tard, un successeur à Michel Dubreuil. Si ça pouvait donner à réfléchir à certains dirigeants de teams aux certitudes toutes faites …

 

Donc, nous avons vécu une superbe édition 2015, entamée  avec une météo plutôt favorable, même si l’astre du jour (une petite touche de poésie ne peut pas faire de mal) a parfois fait ressembler le vélodrome  loiratlantiquais (ne vous inquiétez pas, ça me passera) à une rôtissoire. Côté public, ce n’est pas l’affluence maximum, en dépit de l’excellent accueil d’une équipe organisatrice compétente et aux petits soins.

 

Il faut que je vous fasse une confidence, puisqu’on est entre nous, et que mes propos ne dépasseront pas le département : je n’aime pas les qualifications. La plupart du temps, elles ne constituent qu’un trompe-l’œil exaspérant souvent disputées en mode «  frein à main bloqué », à-celui-qui-en-fera- surtout- pas- plus- que- celui- qui- veut- montrer- qu’il- est- pas- dans- un- bon- jour- mais- en- même –temps- que -c’est- tout –le- contraire.

  

Pourtant, la première manche des qualifications - à l’équilibre discutable soit dit en passant -, aura presque réussi à me faire changer d’avis. Car elle fut disputée avec ardeur, et dominée par un Christophe Gamez dont le rendement me donne alors envie de prendre des paris sur son nom  pour la finale. Dans cette qualif’ plutôt compacte, dans laquelle le champion de France sortant m’apparut plutôt  à l’ouvrage,  la position de tête aura été verrouillée par le coureur du Val d’Oise,  Emilien Clère apparaissant peiner à   le déloger ... Mais peut-être ne sont-ce que réflexions fumeuses (il faut dire que pendant ces manches le soleil cogne furieusement sur les têtes )

 

 Et derrière nos deux ténors ? On ne peut pas ne pas remarquer le comingmen (je sais, c’est un mot hors-d’âge : je l'ai sorti pour vous tout droit de mes archives. Vous ne me devez rien : c'est cadeau) Cyril Maître. Son abattage, malgré quelques infidélités au rouleau de la moto de Marc Pacheco, séquences ma foi bien excusables,  me laisse pantois. Un qui n’en revient pas non plus, c’est le « local » Kevin Fouache, qui, affûté comme un rasoir, n’en finit pourtant pas de buter sur le Francilien lors de derniers tours échevelés, qui poussent  Christopher Gamez et Emilien Clère à « couiner » jusqu’au bout de la manche, alors qu’ils croyaient bien avoir fini le boulot.

 

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 En retournant aux stands avec pour tout viatique une quatrième place, Kevin Fouache n’aura en somme réussi qu’à faire le plein de doutes. A ce moment, je vois bien Cyril Maître dans l'habit du joker, capable de mettre une belle pagaïe dans la hiérarchie.  Nos quatre compères - détail qui ne trompe pas – ont fini dans le même tour, et les temps accomplis constituent des révélateurs de l’intensité des débats.

  

Résultats 1ère manche qualificative

 

  1. Christopher Gamez / entr. Bernard Filiatre – les 25 kms en 23’51’’61 - moy. 62.89 km/h
  2. Emilien Clère /entr. François Toscano – 23’52’’37
  3. Cyril Maitre / entr. Marc Pacheco – 23’53’’60
  4. Kevin Fouache / entr. Loïc Guilbaud – 23’55’’83

  

Dans une deuxième manche qui a fort ressemblé pour l’équipage Gaudillat/ Gaudillat à « La ballade des gens heureux », on aura salué la permanence du vieux lutteur Martial Kneisky (impossible de passer une feuille de papier cuisson entre le rouleau et le boyau de sa roue avant), Guillaume Brasseur se qualifiant sans problèmes, le sociétaire du C.S.M. Puteaux  Anthony Lamotte faisant de même à sa suite.

 

 Résultats 2ère manche qualificative

 

  1. Antoine Gaudillat / entr. Alain Gaudillat  – les 25 kms en 24’40’’34 - moy. 60.81 km/h
  2. Martial Kneisky / entr. François Toscano – à 1 t -  24’55’’12
  3. Guillaume Brasseur / entr. Romuald Foucher -  à 3 t - 25’40’’23
  4. Anthony Lamotte  / entr. Pascal Chollet – à 3 t – 25’55’’48

 Antoine Bavay / entr. Michel Filiatre – non classés (plus de 5 tours de retard)

  

L’observateur distrait apprend sur ces entrefaites que les positions de départ seront tirées au sort pour la finale. Ce mode de détermination de l’ordre de départ fait jaser un peu autour de la piste et ailleurs. Mais franchement - c'est mon opinion et je la partage - je le trouve finalement préférable à celui des positions acquises en qualification. Cela apporte une touche d’imprévu à l’épreuve, insécurise les favoris, et en même temps ne constitue pas forcément pour eux un obstacle rédhibitoire, l’exemple de l’édition 2014 l'a plutôt démontré.

  

A ce petit jeu - c'est le cas de le dire -  la pole-position revient à Antoine Gaudillat. Christopher Gamez a été moins verni et partira de la quatrième place, le tenant du titre Emilien Clère héritant du numéro 6 sur la grille.

 

Le moment du départ est toujours une séquence forte, émouvante même, dans une course de demi-fond. L’édition 2014 nous avait éclairés sur la notion de départ-canon. Celle de 2015 ne va rien lui céder sur ce chapitre. Et violent sera le mot de circonstance pour définir au mieux celui de cette édition 2015.

 

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 Le bang du départ retentit et illico Emilien Clère brûle immédiatement la piste, comme il sait si bien le faire, pour fondre en un éclair sur la tête de course. Mais Antoine Gaudillat, parti lui aussi sur des bases élevées,   a vu le coup venir : quand le Champenois arrive à sa hauteur, il s’accroche de toutes ses forces afin d' amortir la secousse. Emilien Clère insiste, insiste encore. Antoine Gaudillat résiste, résiste encore. Au 195è tour, le coureur du Guidon Chalettois cède finalement, et « recule ». La tempête est passée pour Antoine Gaudillat, qui maintenant doit se préoccuper de la menace d’un Christopher Gamez qui se rapproche à un quart de tour, et qui guettait jusque-là le moment de « ramasser les morts ».

 

A deux longueurs l’équipage Cyril Maître / Marc Pacheco rapplique plein pot, et au 167è tour, vient se caler en position d’observation idéale. Décidemment, le néophyte, en plus d’un abattage monstrueux, ne manque pas d’audace ! Pendant ce temps, Emilien Clère n’en finit pas de payer la note de son départ – assommoir au gré de tours déprimants.

 

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 Au 150è tour, il est temps de procéder à un premier inventaire. Gaudillat / Gaudillat mènent la ronde, suivi à cinquante petits mètres de l'équipage Bernard Filiatre / Christopher Gamez, qui rôde toujours à l'affût d'un moment propice à une attaque. Dans le tour, Cyril Maître et Kevin Fouache  continuent à épater la galerie : et si ces deux-là venaient brouiller les cartes ?

  

Pour lever cette hypothèque, Antoine Gaudillat, à coup de 66x15, dans un style impeccable, va d’abord creuser imperceptiblement l’écart, jusqu’à ne conserver  à ses trousses vingt tours plus loin que les seuls Gamez et Fouache. Le souci pour Christopher Gamez, toujours aussi bluffant de maîtrise, c’est qu’il croise désormais à un bon demi-tour.  L’affaire risque d’être rude à conclure pour celui dont j’avais fait mon favori, et je commence à blémir un peu pour ma mise …    

  

Au 125è tour, drapeau rouge pour l’équipage Lamotte / Chollet, qui doit plier bagage, au terme de cinq tours perdus, règle dont je cherche encore à comprendre l'utilité, et qui devient à chaque édition un peu plus exaspérante … Un peu plus tôt, Martial Kneisky avait bâché, la plaisanterie ayant assez duré pour lui. La piste se vide. Observons une minute de silence (essayez en lisant, ça devrait le faire) en hommage à Martial Kneisky, loyal et infatigable serviteur de la cause du demi-fond.

 

Deux cents tours, c’est long. Intervient alors forcément, et surtout lorsque  l’entame a été aussi débridée, une phase de la course plus gestionnaire que tonique. A cent tours de l’arrivée, Antoine Gaudillat fait donc les comptes, pour constater que sa cagnotte a grossi, et qu'il dispose désormais de trois-quarts de tour d’avance. Suffisant pour gagner s’il tient son tempo jusqu’au bout. Insuffisant dans le cas d’un aléa de course. C'est donc pour le  leader l’inévitable « séquence-gamberge », qu’il faut surmonter impérativement, même et surtout lorsque l’on croise en tête de course un jour de championnat de France, en affichant toute l’apparence de la maîtrise. C'est le moment où l’on regarde le panneau du compte-tours, et que le chiffre « 80 » y apparaît. A cet instant, et cela que l’on soit coureur, entraîneur ou spectateur, on se dit que  décidemment, c’est dur, terriblement dur, le demi-fond …

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 Pendant ce temps, Emilien Clère, qui n’en finit pas de ne pas se remettre de l’échec de son coup de force du départ, se refait tant que faire se peut une santé. L'on se prend à croire alors, parmi ses supporters, à une possible résurrection, tant il semble retrouver la cadence. Las, il manque en ce jour au tenant du titre  le « jump » qui l’avait rendu si irrésistible à Saint-Quentin-en-Yvelines, et bien vite il devra se rendre à l’évidence de l’infaisabilité d'une "opération-retour". Les quatre-vingt derniers tours seront également pénibles  à Cyril Maître, qui peu à peu rentre dans le rang, et descend un à un les échelons de la course. Qu’importe, il nous aura sacrément épaté jusqu’ici, suffisamment en tous cas pour nous donner l’envie de le revoir vite, très vite, dans une course derrière moto.

 

 A cinquante tours du terme de la course, tout le monde sur la piste "a le masque". Tout le monde, sauf un Antoine Gaudillat presque pimpant,  en tous cas maître des évènements, et dont le rendement n’est pas sans me rappeler  celui du Daeninck millésime 2013. Ajoutons   pour faire bon poids une position sur le vélo de stayer qui frise la perfection, et j’aurai achevé le portrait du coureur francilien (Antoine, tu as mon R.I.B, je crois ?)

Encore vingt tours à accomplir et l’épatant Kevin Fouache parachève maintenant devant son public, dans la souffrance, une troisième place mille fois méritée, au terme d’une lutte acharnée avec Emilien Clère, auteur d’un nouveau retour de flamme. Le coureur de l’U.C Nantes Atlantique, au bout de la douleur, commence à entrevoir enfin le podium. Pour lui et les autres, à chaque tour révolu, c’est la course à la grimace, et pas pour la « frime », vous pouvez m'en croire !

  

Le final aurait pu, compte tenu des positions de chacun, s’achever en une morne « course aux quatre coins ». Or, ce sera tout le contraire, ceci d'abord grâce aux bons soins d’un héroïque Kevin Fouache et d’un Emilien Clère rageur,  et à l’emballant rapproché d’Antoine Gaudillat sur son second, Christopher Gamez. Les deux stayers nous gratifient alors d’une séquence vertigineuse, au bout de laquelle Antoine Gaudillat décroche au forceps quatre  tours avant le clap de fin   un tour d’avance qui apporte l’indispensable touche classy à un titre conquis avec une maîtrise confondante.   

 

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 photo François Bonnin

 

Côté histoire, ce samedi 13 Juin 2015 à Chateaubriant sera à marquer d’une pierre blanche. En effet,  jamais un équipage père-fils n’avait jusqu’à ce jour conquis un titre de champion de France (ou même un titre international) en demi-fond.

 

 Côté avenir, la jeunesse qui était au pied du podium l’an dernier a pris le pouvoir à Chateaubriant.

  

Un point pour l’histoire, un point pour le futur : le demi-fond  a donc encore marqué des points ce samedi 13 Juin 2015 sur le vélodrome Lucien Lemonnier à Chateaubriant !

 

 

 

Résultats de la Finale :

 

  1. Antoine Gaudillat / entr. Alain Gaudillat  – les 50 kms en 46’44’’ - 64.19 km/h
  2. Christopher Gamez / entr. Bernard Filiatre – à 1 tour
  3. Kevin Fouache / entr. Loïc Guilbaud – à 1 t
  4. Emilien Clère /entr. François Toscano – à 2 t
  5. Guillaume Brasseur / entr. Romuald Foucher – à 11 t
  6. Cyril Maitre / entr. Marc Pacheco – à 15 t

 NC. : Anthony Lamotte / entr. Pascal Chollet – 5 tours de retard / Martial Kneisky/ entr. Michel Filiatre (Ab.) 

 

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12/06/2015
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