STAYER -FR : Le blog 100 % demi-fond et derny

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CHAMPIONNAT DE FRANCE 2012 A COMMENTRY : une fameuse édition

offrez-vous le film de cette journée , cliquez sur le lien suivant :

 

 

 http://www.youtube.com/watch?v=RGfhhk1L4gQ&feature=player_embedded#t=12s

 

Championnat  de France 2012 de demi-fond

Samedi 16 Juin 2012 

Stade Vélodrome de Commentry

 

 

Soleil et chaleur inondent déjà la pimpante enceinte du stade  Isidore Thivrier,  en ce jour béni des cieux, lorsque s’y égrènent les  véhicules des clubs suivis des nécessaires remorques lestées de nos chères Yamaha.

 

Pas la moindre réunion à se mettre sous la dent en France cette année, aussi cette édition  se place t-elle d’abord sous le signe des retrouvailles. Au gré des saluts et congratulations, on a se paie le plaisir d'un voyage dans le temps en retrouvant le double champion de France Stéphane Bennetière, de retour à ses premières amours après une longue éclipse. On croise peu après la route d’un autre revenant, Antoine Gorichon, le sympathique francilien, que l’on se réjouit de voir venir grossir le nombre des favoris. Et puis arrive David Derepas, que l’on sent tendu vers un objectif de revanche, pas besoin d’être  un fin psychologue pour le deviner.

 

Puis des figures inconnues : les jeunes Florian Delagneau, Alban Chatelus, Melvin Rullière ... et puis des reconnues : le vétéran Martial Kneiski, inlassable serviteur du demi-fond,  le tenant du titre Benoît Daeninck, Antoine Gaudillat, qui porte cette années les couleurs du glorieux A.S Corbeil-Essonnes, Emilien Clère, sur place depuis la veille ...

 

En tous cas, en comptant Benoît Daeninck, nous pourrons dénombrer trois champion et anciens champions de France sur la ligne de départ : çela  fait un bail que l’on n’a pas vu cela dans une course au titre  national des stayers. Mmmmh ... ça promet !

 

Sur ces entrefaites, les plus avisés ( les autres, tant pis pour eux) n’auront pas manqué de visiter la fabuleuse (eh oui …) exposition consacrée à l’histoire des championnats de France de demi-fond, concoctée avec amour par l’excellent Patrick Police (permettez que je soigne un peu mon image …) et la Ville de Commentry.

 

 

L’heure des manches qualificatives approchant, la solennité inhérente à ce type d’évènement devient presque palpable : c’est que c’est grave, c'est que c'est beau, un championnat  de France ! 

 

 

La première qualif' s’ébroue, sous l’impulsion résolue de David Derepas, suivi comme son ombre par un Stéphane Bennetière impressionnant de fluidité, genre force tranquille. Les ressauts de la piste peuvent bien chahuter le rouleau de la moto, il colle à ce dernier à la perfection, tout de puissance ramassée. C’est clair, le Dijonnais n’est pas venu à Commentry pour faire nombre. A l'ombre de ce duo, le sociétaire de Corbeil-Essonnes Antoine Gaudillat construit gentiment sa qualification. Au terme de cette manche pèpère, on attend avec curiosité ...  la seconde.

 

 

 photo Didier Guérin

 

Mais bien avant que cette dernière ne débute, l’observateur un tantinet curieux - ou même celui qui ne l’est pas - n’a pas manqué de remarquer l'arrivée sur la piste du tenant du titre, Benoît Daeninck, qui circule paisiblement sur son vélo de stayer, son bidon à la bouche,  affichant le genre "pas concerné" … Il rejoint peu après la file des partants,  sur le même mode nonchalant. Ce qui ne va pas l’empêcher de secouer méchamment le peloton dès l’entame, attaquée comme un mort de faim par le Champenois Emilien Clère, qui nous sert un départ pharamineux.

 


photo Didier Guérin

 

On en oublierait presque à ce moment la locomotive Daeninck, qui pourtant commence à dérouler derrière, et pas mollement, croyez m'en ! D'ailleurs, une fois lancé, l’équipage infernal Deraet-Daeninck va éparpiller gravement la concurrence, n’autorisant qu’au seul Antoine Gorichon le privilège  de rester dans son tour. Grand donc est le mérite du Francilien d’avoir su résister aussi bien au fatal Picard (j’aime bien …)  Derrière ces deux-là, Emilien Clère, motivé comme jamais, et l’épatant autant que juvénile (vingt ans) Florian Delagneau se qualifient haut la main. Dans le même temps, le Vélizyien Dominique Anderson manque de peu la qualification pour la finale. Quand on pense que la veille, il n'avait jamais encore enfourché un vélo de stayer ...

 

Quelques heures plus tard, les cieux, de cléments, se font plus inquiétants, et cette sourde menace va nourrir l'impatience ambiante ... c'est donc une relative anxiété qui prélude au moment tant attendu de la finale.  

 

 

17 h 30 ... ça y est, nous y sommes enfin ! Et voici Benoît Daeninck,    se dirigeant vers le départ la tétine de son bidon entre les dents , déambulant aussi à l’aise sur l'anneau commentryien (c'est bien comme ça qu'on dit ?) que vous le feriez dans votre salle à manger.    Il apparaît vraiment décontracté, absent, ou bien il en affecte le genre … Derrière lui, David Derepas, mutique, impénétrable, que l’on devine hyper-concentré : un fauve prêt  à bondir au coup de pistolet ! 

 

Mais avant d’en découdre, voici venu le temps d’autres émotions.     Car l’animateur des lieux, Gérard Besson, réclame une minute de silence en hommage à la mémoire de Régis Clère, ce merveilleux baroudeur des pelotons des années quatre-vingt, qui vient de nous quitter. Moment fort de recueillement et de communion avec son neveu Emilien, dont la peine visible ne manque pas de toucher l'assistanceQuand le moment du départ sera donné, cette émotion aura peine à se dissiper tout à fait ...

 

 

C'est parti ! Au terme d'un bref bras de fer avec David Derepas, le grand Benoît Daeninck capte  la pole-position, et adopte résolument le mode « k.o d’entrée ». Derrière, on s’accroche fermement aux ridelles pour ne pas s’envoler dans les courants d’air distribués généreusement par le sociétaire de Nogent-sur- Oise lors de chacun  de ses passages ful-gu-rants !

 

photo Didier Guérin

 

Le vaillant Emilien Clère réussit pourtant, au prix d’un rush impressionnant -  qui, au passage en dit long sur son potentiel du jour et ses ambitions inavouées - à s’insinuer dans le groupe de tête. Avec un cœur « gros comme ça », il est le seul à résister un temps à la déferlante Daeninck. Mais à peine dix tours sont-ils couverts que très vite l’équipage Deraet-Daeninck  inaugure la séquence  « silence, on double », à donner le tournis à ses adversaires ! Ne donnant même pas l’apparence de l’effort, tricotant en virtuose le 67x15, le cou tendu de temps à autre sur sa gauche pour s’enquérir d’improbables périls, Benoît Daeninck sème le vent, les autres récoltant la tempête (c’est chouette, hein ? …)

 

A peine le temps de se remettre de cette sarabande, et le  vélodrome un peu abasourdi applaudit bientôt le dépassement  de David Derepas, alors même qu’il reste quatre-vingt six tours à accomplir  … Dix tours plus loin, les tontons-flingueurs  franco-belges  comptent à minima deux tours d’avance sur tous leurs suivants, sauf sur l’obstiné Derepas, qui plie (et comment pourrait-il en être autrement ?) mais ne rompt pas encore (c’est la fin de ma séquence proverbe, je vous le promets).

 

photo Didier Guérin 

 

Inexorable comme la mort, l'infernal binôme rase les balustrades, faisant s’envoler à son passage casquettes et implants (comment ça, j’exagère ?). Ils naviguent haut dans les virages, faisant frissonner les spectateurs médusés. A soixante-cinq tours de l’arrivée, la moyenne annoncée par Gérard Besson est de 69,5 km/h. De la belle ouvrage, non ? Le public en reste pantois, tandis que le grand gerfaut rouge et blanc semble envelopper tout à fait de son vol rasant l’aire du vélodrome   (Non, j'ai rien fumé, je vous assure ...).

 

Soixante-deux , annonce le compte-tours, lorsque David Derepas revoie passer ses bourreaux  en tournée. Au même moment, un drame se noue sous les yeux éberlués, puis attristés, du public. Depuis  bientôt trois tours Emilien Clère, dans un effort poignant, tente de passer Antoine Gaudillat, qui résiste obstinément à la charge ... jusqu’à ce que le vaillant Emilien « explose » littéralement, écoeuré par l’inanité de son magnifique effort.  

 

photos Didier Guérin

 

Le Champenois gardait jusque-là intactes  ses chances de podium.     En cette journée si particulière pour lui, on est tous un peu attristé    de le voir victime d’un sort contraire, et des curieuses séquences, pas toujours forcément intelligibles, d’une course impitoyable.

 

Il reste encore cinquante et un tours à accomplir lorsque le grand Benoît fond une fois de plus sur un Antoine Gorichon médusé. A ce moment précis  de la course on peut penser que c'en est fini des chances de podium du Francilien. Mais ce dernier  n'est pas le seul à passer à la caisse, puisque sept tours plus tard, c'est au tour de David Derepas de prendre un sérieux courant d'air au passage du mirobolant Benoît. La moyenne atteint alors des sommets : 70.540 km/h ! 


photo Didier Guérin


Certes, notre champion de France 2011 grimace bien un peu maintenant,  tourne semble t-il un peu trop souvent la tête pour inventorier les dégâts. Au même moment que l'on en est de ses observations, voilà qu'il se met à jouer au passage devant les tribunes avec la fermeture éclair de son maillot, à l'aise Blaise, pénard Bernard ... Bon ... d'accord, en même temps, il semblerait que la trajectoire de l'aigle se fasse un peu plus rasante ... Un coup de moins bien, peut-être ? ... Mais que nenni, mes bons ! Encore quelques tours en mode diesel, et le voilà qui  repart de plus belle, dispensant généreusement une tempête de remous à chacun de ses passages au ras des rambardes, façon cavalier de l'apocalypse cool. 


photo Jacques Demangeot

 

 Vingt-neuf tours restent à boucler. David Derepas, Antoine Gorichon, Stéphane Bennetière et consorts sont maintenant "à la cave" ... Les rictus, gestes de décontraction et grimaces de chacun ne peuvent laisser aucun doute à ce sujet. Ce sont les minutes éprouvantes du demi-fond, celles des derniers tours, pendant lesquels il faut piocher loin en soi-même pour "finir le travail", et ne pas écouter la voix du renoncement quand la tête, les cuisses, les reins, les bras, les poignets, les fesses et le reste vous saturent de douleurs ... 

 

photo Didier Guérin

 

Benoît Daeninck, quant à lui, hoche la tête, ou bien encore fait la moue à chacun de ses passages devant les tribunes, en artiste sympa qui sait régaler l'assistance. Antoine Gorichon, lui, liquide ses dernières forces pour tenter de distancer un Derepas qui ne cède plus un pouce de terrain, voire en reprend. Mais, le découragement, il connaît pas le Francilien, et il va nous servir un final extraordinaire ...

 

A neuf tours de l'arrivée, Benoît Daeninck en bon showman, en appelle au public, et, avec force gestes à l'appui, lui enjoint de manifester franchement son enthousiasme, suppléant ainsi aux efforts d’un  Gérard Besson  content sur le coup de s'être trouvé un assistant !


L'impérial Benoît "déroule" désormais durant les cinq dernières révolutions. Mais Antoine Gorichon lui, ne musarde pas : avec une admirable obstination, il offre à un public décidemment bien gâté aujourd'hui, un long sprint époustouflant, pour ajuster Stéphane Benetière sur la ligne, comme pour se rassurer sur le compte d'une  troisième place dont il n'avait pourtant plus le droit de douter depuis un moment.

 

Benoît Daeninck a achevé pour sa part sa trajectoire en paradant comme il se doit sous les tonitruantes louanges d'un Gérard Besson qui célèbre avec ferveur la majesté du moment  ...

 

photo Didier Guérin

 

Daeninck - Derepas - Gorichon : quel podium ! ... et quelle belle publicité pour le demi-fond !



Ovation debout (et non pas "standing ovation") pour Benoît Daeninck, qui a enflammé de son talent cette ronde époustouflante, menée à plus de 69 km/h de moyenne. Ovation aussi pour David Derepas, Antoine Gorichon, Stéphane Bennetière, qui étalonnent, mieux que ne saurait le faire une moyenne, la prestation du Picard.

 

Nous associerons à nos louanges Emilien Clère, dont la détermination et le courage méritaient mille fois mieux. Nous saluerons  l'avenir de la discipline, Antoine Gaudillat et Florian Delagneau, qui ont su ne jamais baisser les bras au plus fort de la tempête, et c’en fut une fameuse ! Et enfin, comment ne pas rendre hommage à la digne prestation du vétéran Martial Kneiski, 47 ans, toujours vert ! 

 

 

Commentry 2012 a mis la barre très haut !

Vivement Dijon 2013 !

 

 

Patrick Police

Chilly-Mazarin, le 20 Juin 2012

 

1ère Manche




  1. David Derepas - entr. Michel Buffet- les 29 kms 815
    en 27'59 -63.927 km/h

    2. Stéphane Benetière - entr. Michel Colin

    3. Antoine Gaudillat - Alain Gaudillat

    4. Aurélien Esteves - Cyril Simon

    5. Martial Kneiski - Raymond Persyn

    Melvin Rullière - Bernard Filiatre; abandon le 14 tours



    2ème Manche

    1er Benoît Daeninck - entr. André Deraet- 26' 57" - 66.378 km/h

    2. Antoine Gorichon - entr. Bernard Filiatre- même tour

    3. Emilien Clère - entr. François Toscano- à 2t

    4. Florian Delagneau - entr. Romuald Foucher

    5. Alban Chatelus - entr. Michel Filiatre

 

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Les résultats

 

Résultats cf 2012 .xls

 



22/06/2012
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