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Autour de Bordeaux-Paris 1985 : Qui a tué Bordeaux-Paris ?

Qui a tué Bordeaux-Paris ?

 

 

Les organisateurs ont éprouvé au fil des époques toutes les
formules pour le régénérer, en vain … Avec entraîneurs, derrière auto, avec entraîneurs humains jusqu’en 1930, derrière motos commerciales Terrot entre 1931 et 1937, derrière derny de 1938 à 1974, derrière motos Kawasaki 100 cm3 de 1976 à 1980, et enfin quatre éditions disputées derrière l’engin  Burdin, resucée du derny,  jusqu’au dernier « vrai » Bordeaux-Paris, celui de 1985.

 

A chaque fois, après une courte accalmie d’espoir renaît la
morosité et la conviction que la recette est dans le changement, et en lui seul.

 

Avec la victoire de Jacques Anquetil en 1965, on a pu croire un temps la légende de B-P remise sur les rails (alors qu’il n’y avait que dix partants  cette année-là, et pas tous des super-champions, soit-dit en passant).

Et si Eddy Merckx ou Bernard Hinault avaient manifesté la simple conscience professionnelle d’y participer … ne serait-ce qu’une fois, eh bien la doyenne des courses liftait sa légende  pour des décennies !  Mais garantir le patrimoine cycliste est souvent le cadet des  soucis des champions … Trop cher, le supplément d’âme !

 

Pour cela, chapeau bas à Jacques Anquetil, pour avoir été le seul des trop rares super-champions de l’après-guerre (j’entends au sommet de leur art) à oser se mettre en danger sur les routes de Bordeaux à Paris, ce que n’ont pas fait ses successeurs.

 

Le 82è Bordeaux-Paris disputé le 25 Mai 1985 aura donc été le dernier disputé derrière engins d’entraînement. Et la victoire indiscutable du « bourricot » René Martens les aura définitivement déprimés, on se demande encore pourquoi. 

 

Et puis, les temps sont alors à la « modernité » imbécile, tendance cyclisme mondiââl. En cette année 85, on est emporté par cette frénésie puérile de « dépoussiérer », « moderniser ». Périmée donc, la course derrière engin motorisé, aux yeux de la nouvelle équipe organisatrice de Xavier Louy, le successeur de Félix Lévitan : l’heure est à la modernité, quel qu’en soit le prix.

 

Alors, dès l’édition 1986, on assistera au pitoyable hara-kiri d’une des plus belles « classiques » du cyclisme, qui sera courue désormais en formule « épreuve de masse », genre Marathon de New-York à deux roues. Et parce que l’on ne tire pas sur les ambulances, nous ne parlerons pas de ces tristes avatars qui, s’étiolant jusqu’en 1988, n’ont fait que précipiter une fin qui n’avait rien d’inéluctable.

 

Les hallucinatoires années quatre-vingt-dix approchent …

Heureusement, notre chère vieille dame ne verra pas cela.

 

Et René Martens aura été le dernier vainqueur du « vrai » Bordeaux-Paris.

 

 

 

 photo Elji

 

Et vous, pour vous, qui a tué Bordeaux-Paris ?

 

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30/12/2012
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