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Autour de Bordeaux-Paris 1985 : l'interview d'Alain Gallopin

 

 

Interview Alain Gallopin

 

 

 

Patrick Police : « En 1984, votre frère Guy participait à son premier Bordeaux-Paris ? »

 

Alain Gallopin : « Oui, mais pas que lui. C’était une première pour Guy, mais aussi pour ses frères, Joël et André en qualité d’entraîneurs sur les « Burdin », et pour moi au volant de  la voiture. On a couru les Bordeaux-Paris 1984 et 1985, « en famille » »

 

Patrick Police : « Comment s’est déroulé ce Bordeaux-Paris 1985 ? »

 

Alain Gallopin : « Il faut revenir à l’édition précédente avant d’en parler. En 1984, Guy avait été largué parmi les premiers à la sortie de Tours, vers Saint-Maur de Touraine si mes souvenirs
sont bons, pour revenir très fort sur la fin de course : il termine cette année-là cinquième (quatrième après le déclassement de Marcel Tinazzi), sur les talons de Le Guilloux et Bazzo. A la fin de la course, on a compris l’importance de ces « petits détails » qui font la différence dans Bordeaux-Paris (le « timing » à adopter pour le ravitaillement des « Burdin » par exemple), l’identification des points stratégiques de la course (la N 152 après la forêt d’Orléans par exemple). Guy avait pu prendre
confiance, en dépassant dans le final nombre de concurrents (je me rappelle de Gregor Braun, complètement arrêté, à la dérive quand Guy le passe … lorsque tu vois un coureur de ce calibre dans cet état, ça fait quelque chose …); bref, on avait acquis une bonne expérience et de la confiance pour l’avenir. On avait surtout compris après cette édition que Guy était fait pour cette course. C’était un coureur robuste,  endurant ; peut-être pas doté de la « super-classe » mais en tous cas d’une sacrée résistance »

 

Patrick Police : « En 1985 donc, Guy était mieux armé pour son second Bordeaux-Paris ? »

 

Alain Gallopin : « D’abord, il était beaucoup moins stressé par l’évènement, le fait d’avoir terminé fort l’année précédente et d’avoir laissé du beau monde derrière lui était un facteur de confiance. Motivé aussi, parce qu’en 1984, on était un peu désolé de ne pas être en meilleure position lorsque nous étions passés sur la route de Malesherbes, à proximité d’ Angerville, notre « fief »,  et qu’on avait à cœur de faire mieux. »

 

Patrick Police : « Comment s’est déroulée la course ? C’est vrai qu’il ne s’est rien passé de sérieux jusqu’à Orléans ? »

 

 

 

  
  
  

Alain Gallopin : «  Oui, tout à fait. Nous, on avait bien géré les évènements jusque-là. Moi, dans la voiture, j’assurais l’assistance et le ravitaillement en carburant des « Burdin ». Je me rappelle que je m’en f… plein les mains pour remplir, affolé,  le réservoir de l’engin, à chaque fois que mes frères se présentaient à la voiture. Ca a donné quelque chose de pittoresque quand Guy, qui souffrait terriblement du fessier, s’est arrêté pour me  demander un massage. Il a eu droit à un massage-express, fait avec une mixture « pommade anesthésiante-mélange essence/huile 4/° °° », qui l’a tout de même soulagé jusqu’à la fin de la course ... quant à ses douleurs au siège   elles sont réapparues plus tard, et il a pris la fin de semaine à s’en remettre ! Mieux qu’en 1984, il était relativement bien placé à la sortie d’Orléans, et il a fini très fort, dépassant Pascal Poisson, qui était en perdition, sur la fin de la course, après la côte de Corbeil, je crois … »

 

 

Patrick Police : « En 1986 et 1987, l’aventure continue »

 

Alain Gallopin : « Ce n’était plus la même chose. Guy fait « deux » en 86 et « trois » en 87. Mais on était plus autour de lui dans la course, ce n’était juste qu’une course normale en ligne de plus … »

 

 

Patrick Police : « Alors, ce Bordeaux-Paris 1985, c’est un bon souvenir ? »

 

Alain Gallopin : « Ouil mais en fait, nous avons vécu deux éditions fa-bu-leu-ses. En plus, ces Bordeaux-Paris, c’était vraiment pour nous une « affaire de famille ». Des souvenirs extraordinaires. C’était une course incomparable … le plus impressionnant, c’est la vitesse … Dans Bordeaux-Paris, tout temps d’arrêt était pénalisant … pour rentrer sur un groupe qui roule à 55/60 km/h par exemple, tu ne t’imagines pas comme les kilomètres paraissent interminables, et quand tu arrives à  raccrocher », tu ne sais jamais si tu ne t’es pas « cramé » pour le faire, et si ça ne va pas te pénaliser dans les instants qui suivent … Oui, tout va très vite, dans un Bordeaux-Paris ... 

 

Pour en revenir à mon frère, je suis convaincu que si la formule derrière engins motorisés n’avait pas été abandonnée, Guy, avec l’expérience, l’aurait un jour remporté. Il avait fait une progression régulière, et il avait toutes les qualités de résistance qu’il fallait pour vaincre »

 



30/12/2012
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