STAYER -FR : Le blog 100 % demi-fond et derny

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LES REPORTAGES DES CHAMPIONNATS DE FRANCE


Championnat de France 2012 à Commentry : une fameuse édition

offrez-vous le film de cette journée , cliquez sur le lien suivant :

 

 

 http://www.youtube.com/watch?v=RGfhhk1L4gQ&feature=player_embedded#t=12s

 

Championnat  de France 2012 de demi-fond

Samedi 16 Juin 2012 

Stade Vélodrome de Commentry

 

 

Soleil et chaleur inondent déjà la pimpante enceinte du stade  Isidore Thivrier,  en ce jour béni des cieux, lorsque s’y égrènent les  véhicules des clubs suivis des nécessaires remorques lestées de nos chères Yamaha.

 

Pas la moindre réunion à se mettre sous la dent en France cette année, aussi cette édition  se place t-elle d’abord sous le signe des retrouvailles. Au gré des saluts et congratulations, on a se paie le plaisir d'un voyage dans le temps en retrouvant le double champion de France Stéphane Bennetière, de retour à ses premières amours après une longue éclipse. On croise peu après la route d’un autre revenant, Antoine Gorichon, le sympathique francilien, que l’on se réjouit de voir venir grossir le nombre des favoris. Et puis arrive David Derepas, que l’on sent tendu vers un objectif de revanche, pas besoin d’être  un fin psychologue pour le deviner.

 

Puis des figures inconnues : les jeunes Florian Delagneau, Alban Chatelus, Melvin Rullière ... et puis des reconnues : le vétéran Martial Kneiski, inlassable serviteur du demi-fond,  le tenant du titre Benoît Daeninck, Antoine Gaudillat, qui porte cette années les couleurs du glorieux A.S Corbeil-Essonnes, Emilien Clère, sur place depuis la veille ...

 

En tous cas, en comptant Benoît Daeninck, nous pourrons dénombrer trois champion et anciens champions de France sur la ligne de départ : çela  fait un bail que l’on n’a pas vu cela dans une course au titre  national des stayers. Mmmmh ... ça promet !

 

Sur ces entrefaites, les plus avisés ( les autres, tant pis pour eux) n’auront pas manqué de visiter la fabuleuse (eh oui …) exposition consacrée à l’histoire des championnats de France de demi-fond, concoctée avec amour par l’excellent Patrick Police (permettez que je soigne un peu mon image …) et la Ville de Commentry.

 

 

L’heure des manches qualificatives approchant, la solennité inhérente à ce type d’évènement devient presque palpable : c’est que c’est grave, c'est que c'est beau, un championnat  de France ! 

 

 

La première qualif' s’ébroue, sous l’impulsion résolue de David Derepas, suivi comme son ombre par un Stéphane Bennetière impressionnant de fluidité, genre force tranquille. Les ressauts de la piste peuvent bien chahuter le rouleau de la moto, il colle à ce dernier à la perfection, tout de puissance ramassée.  

C’est clair, le Dijonnais n’est pas venu à Commentry pour faire nombre. A l'ombre de ce duo, le sociétaire de Corbeil-Essonnes Antoine Gaudillat construit gentiment sa qualification. Au terme de cette manche pèpère, on attend avec curiosité ...  la seconde.

 

 

 photo Didier Guérin

 

Mais bien avant que cette dernière ne débute, l’observateur un tantinet curieux - ou même celui qui ne l’est pas - n’a pas manqué de remarquer l'arrivée sur la piste du tenant du titre, Benoît Daeninck, qui circule paisiblement sur son vélo de stayer, son bidon à la bouche,  affichant le genre "pas concerné" … Il rejoint peu après la file des partants,  sur le même mode nonchalant. Ce qui ne va pas l’empêcher de secouer méchamment le peloton dès l’entame, attaquée comme un mort de faim par le Champenois Emilien Clère, qui nous sert un départ pharamineux.

 


photo Didier Guérin

 

On en oublierait presque à ce moment la locomotive Daeninck, qui pourtant commence à dérouler derrière, et pas mollement, croyez m'en ! D'ailleurs, une fois lancé, l’équipage infernal Deraet-Daeninck va éparpiller gravement la concurrence, n’autorisant qu’au seul Antoine Gorichon le privilège  de rester dans son tour. Grand donc est le mérite du Francilien d’avoir su résister aussi bien au fatal Picard (j’aime bien …)  Derrière ces deux-là, Emilien Clère, motivé comme jamais, et l’épatant autant que juvénile (vingt ans) Florian Delagneau se qualifient haut la main. Dans le même temps, le Vélizyien Dominique Anderson manque de peu la qualification pour la finale. Quand on pense que la veille, il n'avait jamais encore enfourché un vélo de stayer ...

 

Quelques heures plus tard, les cieux, de cléments, se font plus inquiétants, et cette sourde menace va nourrir l'impatience ambiante ... c'est donc une relative anxiété qui prélude au moment tant attendu de la finale.  

 

 

17 h 30 ... ça y est, nous y sommes enfin ! Et voici Benoît Daeninck,    se dirigeant vers le départ la tétine de son bidon entre les dents , déambulant aussi à l’aise sur l'anneau commentryien (c'est bien comme ça qu'on dit ?) que vous le feriez dans votre salle à manger.    Il apparaît vraiment décontracté, absent, ou bien il en affecte

le genre … Derrière lui, David Derepas, mutique, impénétrable, que l’on devine hyper-concentré : un fauve prêt  à bondir au coup de pistolet ! 

 

Mais avant d’en découdre, voici venu le temps d’autres émotions.     Car l’animateur des lieux, Gérard Besson, réclame une minute de silence en hommage à la mémoire de Régis Clère, ce merveilleux baroudeur des pelotons des années quatre-vingt, qui vient de nous quitter. Moment fort de recueillement et de communion

avec son neveu Emilien, dont la peine visible ne manque

pas de toucher l'assistanceQuand le moment du départ sera donné, cette émotion aura peine à se dissiper tout à fait ...

 

 

C'est parti ! Au terme d'un bref bras de fer avec David Derepas, le grand Benoît Daeninck capte  la pole-position, et adopte résolument le mode « k.o d’entrée ». Derrière, on s’accroche fermement aux ridelles pour ne pas s’envoler dans les courants d’air distribués généreusement par le sociétaire de Nogent-sur- Oise lors de chacun  de ses passages ful-gu-rants !

 

photo Didier Guérin

 

Le vaillant Emilien Clère réussit pourtant, au prix d’un rush impressionnant -  qui, au passage en dit long sur son potentiel du jour et ses ambitions inavouées - à s’insinuer dans le groupe de tête. Avec un cœur « gros comme ça », il est le seul à résister un temps à la déferlante Daeninck. Mais à peine dix tours sont-ils couverts que très vite l’équipage Deraet-Daeninck  inaugure la séquence  « silence, on double », à donner le tournis à ses adversaires ! Ne donnant même pas l’apparence de l’effort, tricotant en virtuose le 67x15, le cou tendu de temps à autre sur sa gauche pour s’enquérir d’improbables périls, Benoît Daeninck sème le vent, les autres récoltant la tempête (c’est chouette, hein ? …)

 

A peine le temps de se remettre de cette sarabande, et le  vélodrome un peu abasourdi applaudit bientôt le dépassement  de David Derepas, alors même qu’il reste quatre-vingt six tours à accomplir  … Dix tours plus loin, les tontons-flingueurs  franco-belges  comptent à minima deux tours d’avance sur tous leurs suivants, sauf sur l’obstiné Derepas, qui plie (et comment pourrait-il en être autrement ?) mais ne rompt pas encore (c’est la fin de ma séquence proverbe, je vous le promets).

 

photo Didier Guérin 

 

Inexorable comme la mort, l'infernal binôme rase les balustrades, faisant s’envoler à son passage casquettes et implants (comment ça, j’exagère ?). Ils naviguent haut dans les virages, faisant frissonner les spectateurs médusés. A soixante-cinq tours de l’arrivée, la moyenne annoncée par Gérard Besson est de 69,5 km/h. De la belle ouvrage, non ? Le public en reste pantois, tandis que le grand gerfaut rouge et blanc semble envelopper tout à fait de son vol rasant l’aire du vélodrome   (Non, j'ai rien fumé, je vous assure ...).

 

Soixante-deux , annonce le compte-tours, lorsque David Derepas revoie passer ses bourreaux  en tournée. Au même moment, un drame se noue sous les yeux éberlués, puis attristés, du public. Depuis  bientôt trois tours Emilien Clère, dans un effort poignant, tente de passer Antoine Gaudillat, qui résiste obstinément à la charge ... jusqu’à ce que le vaillant Emilien « explose » littéralement, écoeuré par l’inanité de son magnifique effort.

 

 

photos Didier Guérin

 

Le Champenois gardait jusque-là intactes  ses chances de podium.     En cette journée si particulière pour lui, on est tous un peu attristé    de le voir victime d’un sort contraire, et des curieuses séquences, pas toujours forcément intelligibles, d’une course impitoyable.

 

Il reste encore cinquante et un tours à accomplir lorsque le grand Benoît fond une fois de plus sur un Antoine Gorichon médusé. A ce moment précis  de la course on peut penser que c'en est fini des chances de podium du Francilien. Mais ce dernier  n'est pas le seul à passer à la caisse, puisque sept tours plus tard, c'est au tour de David Derepas de prendre un sérieux courant d'air au passage du mirobolant Benoît. La moyenne atteint alors des sommets : 70.540 km/h !

 


photo Didier Guérin


Certes, notre champion de France 2011 grimace bien un peu maintenant,  tourne semble t-il un peu trop souvent la tête pour inventorier les dégâts. Au même moment que l'on en est de ses observations, voilà qu'il se met à jouer au passage devant les tribunes avec la fermeture éclair de son maillot, à l'aise Blaise, pénard Bernard ... Bon ... d'accord, en même temps, il semblerait que la trajectoire de l'aigle se fasse un peu plus rasante ... Un coup de moins bien, peut-être ? ... Mais que nenni, mes bons ! Encore quelques tours en mode diesel, et le voilà qui  repart de plus belle, dispensant généreusement une tempête de remous à chacun de ses passages au ras des rambardes, façon cavalier de l'apocalypse cool.

 

 


photo Jacques Demangeot

 

 Vingt-neuf tours restent à boucler. David Derepas, Antoine Gorichon, Stéphane Bennetière et consorts sont maintenant "à la cave" ... Les rictus, gestes de décontraction et grimaces de chacun ne peuvent laisser aucun doute à ce sujet. Ce sont les minutes éprouvantes du demi-fond, celles des derniers tours, pendant lesquels il faut piocher loin en soi-même pour "finir le travail", et ne pas écouter la voix du renoncement quand la tête, les cuisses, les reins, les bras, les poignets, les fesses et le reste vous saturent de douleurs ... 

 

photo Didier Guérin

 

Benoît Daeninck, quant à lui, hoche la tête, ou bien encore fait la moue à chacun de ses passages devant les tribunes, en artiste sympa qui sait régaler l'assistance. Antoine Gorichon, lui, liquide ses dernières forces pour tenter de distancer un Derepas qui ne cède plus un pouce de terrain, voire en reprend. Mais, le découragement, il connaît pas le Francilien, et il va nous servir un final extraordinaire ...

 

A neuf tours de l'arrivée, Benoît Daeninck en bon showman, en appelle au public, et, avec force gestes à l'appui, lui enjoint de manifester franchement son enthousiasme, suppléant ainsi aux efforts d’un  Gérard Besson  content sur le coup de s'être trouvé un assistant !


L'impérial Benoît "déroule" désormais durant les cinq dernières révolutions. Mais Antoine Gorichon lui, ne musarde pas : avec une admirable obstination, il offre à un public décidemment bien gâté aujourd'hui, un long sprint époustouflant, pour ajuster Stéphane Benetière sur la ligne, comme pour se rassurer sur le compte d'une  troisième place dont il n'avait pourtant plus le droit de douter depuis un moment.

 

Benoît Daeninck a achevé pour sa part sa trajectoire en paradant comme il se doit sous les tonitruantes louanges d'un Gérard Besson qui célèbre avec ferveur la majesté du moment  ...

 

photo Didier Guérin

 

Daeninck - Derepas - Gorichon : quel podium ! ... et quelle belle publicité pour le demi-fond !



Ovation debout (et non pas "standing ovation") pour Benoît Daeninck, qui a enflammé de son talent cette ronde époustouflante, menée à plus de 69 km/h de moyenne. Ovation aussi pour David Derepas, Antoine Gorichon, Stéphane Bennetière, qui étalonnent, mieux que ne saurait le faire une moyenne, la prestation du Picard.

 

Nous associerons à nos louanges Emilien Clère, dont la détermination et le courage méritaient mille fois mieux. Nous saluerons  l'avenir de la discipline, Antoine Gaudillat et Florian Delagneau, qui ont su ne jamais baisser les bras au plus fort de la tempête, et c’en fut une fameuse ! Et enfin, comment ne pas rendre hommage à la digne prestation du vétéran Martial Kneiski, 47 ans, toujours vert ! 

 

 

Commentry 2012 a mis la barre très haut !

Vivement Dijon 2013 !

 

 

Patrick Police

Chilly-Mazarin, le 20 Juin 2012

 

1ère Manche




  1. David Derepas - entr. Michel Buffet- les 29 kms 815
    en 27'59 -63.927 km/h

    2. Stéphane Benetière - entr. Michel Colin

    3. Antoine Gaudillat - Alain Gaudillat

    4. Aurélien Esteves - Cyril Simon

    5. Martial Kneiski - Raymond Persyn

    Melvin Rullière - Bernard Filiatre; abandon le 14 tours



    2ème Manche

    1er Benoît Daeninck - entr. André Deraet- 26' 57" - 66.378 km/h

    2. Antoine Gorichon - entr. Bernard Filiatre- même tour

    3. Emilien Clère - entr. François Toscano- à 2t

    4. Florian Delagneau - entr. Romuald Foucher

    5. Alban Chatelus - entr. Michel Filiatre

 

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Les résultats

 

Résultats cf 2012 .xls

 


22/06/2012
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LE CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 2016 - TOUT DROIT SORTI DU CONGELATEUR, A DEGUSTER ENFIN !

 

 

BORDEAUX DV toscano accolade.jpg

 

 

Tout droit sorti du congélateur, je vous livre ce reportage du France 2016 de demi-fond comme ça, brut, sans ménagement, une semaine après l'évènement ... A l'heure de l'information immédiate, du selfie-éclair et de l'interactivité planétaire, c'est finalement un véritable tour de force que de se commettre, ainsi que je le fais, dans le reportage-surgelé, vous trouvez-pas ?  Faut oser, non ?  Au moins,  aurez-vous là un sujet mûrement concocté, pensé, fignolé, peaufiné ... Tout bien pesé, c'est une chance pour vous, et je vous envie ...

 

 


 

 

 

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Pendant ces quatre journées passées dans l’enceinte du Stadium de Bordeaux-Lac, j'avais eu tout loisir de prendre la mesure de l’accueil de l’équipe organisatrice. L’exposition « 67 champions de France », préparée par STAYER FR, et supportée par  cette « dream team » [que je salue chaleureusement au passage]  avait pour objet, outre l’instruction et l’édification d’un public avide d’informations,  de « chauffer la salle » et préparer en quelque sorte le terrain à nos stayers et entraîneurs. Objectif atteint, avec un beau succès de fréquentation (« Patrick Gouin, oublie pas de m’envoyer tes photos hein ? » « Et toi, le copain de Charles Bertrand, pareil », et j’en oublie …) Ceci augurait forcément bien de la suite des évènements

 

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PAS DE MICKEYS A BORDEAUX

 

 

 

 

Vous le savez bien, vous qui hantez ce site depuis maintenant des lustres, combien cette échéance de Bordeaux était capitale pour le demi-fond. Cette « cuvée spéciale », placée sous le double signe du renouveau et de la pression positive, compte-tenu de l’actualité de la saison,  pouvait tourner à la réussite, comme devenir annonciatrice de temps compliqués. Heureusement, c’est la première option qui a prévalu, et nous nous en réjouissons.

 

Avant de descendre dans l'arène, une petite incursion du côté du parc des motos s'impose. Elles apparaissent bien requinquées nos fidèles Yamaha  - opération demifonthon oblige - [avis aux retardataires, qui  peuvent encore se manifester : ils ont la preuve que cette action de levée de fonds était tout sauf "bidon"] .Dûment siglées Motul comme il se doit, elles renouent avec l'antique tradition ... Ca fait plaisir ...

 

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  Motul et le demi-fond : une relation renouée, et qui a du sens

 

Bien que n’ayant d’autre objet que de faire sortir les perdants du jeu de chaises musicales que constituaient les qualifications, celles-ci, en ce premier samedi d’Octobre, se déroulèrent tout en tension et retenue. Au terme des  deux manches, courues tout de même sur un mode allegro ( 70.012 km/h pour la première) avec le soutien d’un public chaleureux, le Francilien Anthony Baré et le Champenois François Clère sortaient du jeu (sur chute – sans gravité - pour ce dernier.) Le « dur » c’était pour demain, ont dû penser les huit qualifiés de ces séries, tant ils eurent à cœur de vite camper sur les positions acquises. Le seul enseignement valable à tirer de ces joutes à fleuret moucheté fut finalement l’affirmation du jeune lyonnais Hugo Rouland – épatant dans un rôle de trublion - et de l’Orléanais Guillaume Brasseur, respectivement premier et second de leur manche respective.

 

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  Première série : Antoine Gaudillat passe Anthony Baré

 

Le « dur » c’est pour le lendemain, dimanche 2 Octobre en matinée. Malgré l’horaire pas forcément encourageant, un solide fond d’assistance garnit les tribunes (ça apparait pas évident sur la photo ci-dessous, mais c'est la vérité, je vous l'assure ...), s’époumonant à discuter avec le voisin d’à côté because le vacarme 

 

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Benoît Daeninck, dans une ambiance tendue, étrange

 

ambiant. Car ça pétarade tous azimuts, ça résonne – à raison de 9’’ le retour d’écho -, dans tout l’espace du stadium avant la prise des coureurs. A 10 h 58’ 45’’, l’ambiance est toujours aussi étrange, mais l’atmosphère se décharge de toute son électricité : les fauves sont lâchés ! 

 

Benoît Daeninck, pour son dernier France, ne laisse à personne le soin de mener la ronde, tandis que Kevin Fouache et Emilien Clère - ce dernier parti en dernière position -, entament une féroce  séquence d'accélération. Toutes les trajectoires sont tendues, en mode "crispation maximum". Au bout de cinq révolutions menées grand train, le tiercé dans l’ordre apparaît le suivant : Benoît Daeninck/Antoine Gaudillat/Kevin Fouache. Derrière eux un Emilien Clère bien en rythme, qui se rapproche peu à peu du trio. Derrière, chaque équipage se pousse l’un sur l’autre. Tout cela laisse augurer de l’immanquable rupture à venir.  

 

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Dans ce décor sylvestre, Emilien Clère et Kevin Fouache ne sont pas au vert pourtant ...

 

Antoine Gaudillat, au style impeccable, et que son titre 2015 a fait passer dans une autre dimension, augmente insidieusement sa cadence, se rapprochant au mieux du triple champion de France 2011 2012 et 2013. Mais c’est Emilien Clère qui, dix tours plus tard, va amorcer une longue autant qu’imparable accélération, qui va faire céder coup sur coup le tenant du titre –  impossible pour lui de répondre à la violence de la sur-vitesse imposée par son entraîneur lors de l’attaque, - puis l’homme de tête. A 175 tours de la fin, le Champenois a pris le commandement de la course. Derrière, les deux doublés n’abdiquent pourtant pas. Ils se sont remis de ce « knock-down » et entament dès lors une résistance au long cours. Avec le rouleau à 1m10 et un rythme cadencé autour des 70 km/h, cette course-poursuite aura forcément à un moment ou à un autre un prix à payer. Et de se poser la question : Qui de ces trois-là restera encore dans le coup pour le final ?

 

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  Toscano / Clère en coup de vent sur Gaudillat/Gaudillat : le moment-clé de la course

 

Pendant ce temps, Guillaume Brasseur, qui n’en finit plus de nous épater cette saison, a profité du recul de Kevin Fouache pour venir pointer le nez à la quatrième place. Mais ces deux-là ont déjà concédé un tour. Au loin devant eux croisent un Emilien Clère impressionnant, un Antoine Gaudillat bien décidé à ne rien lâcher, et un Benoît Daeninck énigmatique. Seuls les protagonistes eux-mêmes connaissent leur vérité, et concernant ce dernier, il n'y a bien que le Francilien qui sait qu’il séjourne depuis quelques tours déjà en enfer.

  

55 tours ont été accomplis lorsque Martial Kneiski tire sa révérence … Salut l’artiste, et à l’année prochaine ! (je plaisante, bien sûr … Quoique …) Pour Kevin Fouache, c’est une matinée à éclipses. A 134 tours de la fin, il semble repartir pour un remake de son éblouissante course de Chateaubriant, avant de s’éteindre, puis de resurgir, puis de reculer tout à fait.

 

"129 tours" affiche le panneau lumineux du vélodrome lorsqu' Antoine Gaudillat fond sur un équipage Deraet/Daeninck, cette fois tout à fait mal en point …  Dix tours plus loin, c’est à Emilien Clère de doubler le triple champion de France, qui maintient tout de même une cadence admirable. Encore 110 tours à accomplir. Emilien Clère, insatiable, va dès lors tenter le k.o sur l’équipage Gaudillat/Gaudillat. Mais il bute sur la farouche résistance du champion 2015. Et puis, à bien y réfléchir, c’est le genre de gourmandise qui peut coûter cher ... Bientôt, François Toscano et son coureur opteront pour la sagesse, en préférant camper à quelques encablures de leurs adversaires. 

 

C’est à peu près à ce moment-là que le farfadet Hugo Rouland va sortir de sa boîte, et, avec un culot monstrueux, aller mettre un peu de pagaïe dans la cour des grands, nous régalant d’accélérations et d’attaques incessantes, la plupart lui revenant en boomerang,  pour le plus grand bien du public et de la course. Sans attendre la fin de cette dernière, on connaît déjà le nom de la révélation de ce France 2016 (pour conforter vos convictions quant à mes dons divinatoires, allez faire un tour à la rubrique championnat de France 2014)

 

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  Hugo Rouland et Marc Pacheco, le tandem chahuteur

 

A 70 tours de l’arrivée, l'équipage Gaudillat Père et fils monte en régime, et, durant une vingtaine de tours, on se prend à croire à un possible retour du sociétaire du V.C. Chartres. Las,  Emilien Clère ne tardera pas à répliquer, même si avec un temps de retard. Quelques tours plus loin, il reviendra à distance raisonnable des remous de l’équipage assaillant. Sauf accident, ou incident, la messe est désormais dite. 60 tours restent à accomplir ? Voilà un chiffre qui ne décourage nullement Hugo Rouland, qui reprend avec un cœur admirable, tantôt sur le bec de selle, tantôt couché sur son cadre, son numéro d’agitateur-ambianceur. Je ne sais pas si ses adversaires l'apprécient à sa juste valeur, ce numéro, compte tenu du nombre de leurs séquences de pédalage en danseuse et leur visages apoplectiques, mais vu des tribunes, ça a une de ces gueule ! …

Encore 45 tours de souffrance pour nos tourneurs sur bois, sous les yeux d’un public admiratif et conquis, et la ronde infernale trouvera son terme. Benoît Daeninck, phénoménal de courage, semble alors un moment se refaire, jusqu’à ce qu’une ultime pointe de l’équipage Toscano/ Clère, absolument souverain, ne dissipe l’illusion. Auparavant, notre Hugo - Diabolo avait trouvé tout de même le moyen de passer un temps le leader de la course ! A 34 tours du dénouement, fin du temps fort Benoît Daeninck, désormais au bord de l’asphyxie. Antoine Gaudillat est désormais posté en cible  du binôme Toscano/Clère. Il restera prisonnier de cette seconde place dont il ne voulait absolument pas jusqu’au bout. Même si trois tours plus loin Emilien Clère est bien tenté de le doubler, il n’insistera pas longtemps dans cette inutile velléité. Au même moment, conduit jusqu’ici à la perfection par Romuald Foucher, Guillaume Brasseur produit alors une formidable accélération. Trop tardive pour aller chercher Benoît Daeninck et se dédoubler, mais pas assez pour ne pas impressionner les observateurs. Oui, décidemment, il faudra compter avec l’Orléanais l’an prochain, et d’ores et déjà il a gagné son ticket - en classe remplaçant - pour les prochains (si proches) championnats d’Europe.

 

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  Romuald Foucher et Guillaume Brasseur : la montée en puissance d'un duo avec lequel il faudra apprendre à compter

 

Nous voici dans le tour ultime.   C'est le moment pour Emilien Clère de demander au public de partager sa joie dans cette conquête de son second titre. Au même instant, Antoine Gaudillat témoigne aussi expressivement son dépit. Le championnat de France de demi-fond 2016 vient de s'achever, ponctuée par cette double gestuelle.

 

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BORDEAUX france piste 2016 065  JP PATANCHON.JPG

 Emilien Clère et Antoine Gaudillat : deux façons de vivre le France 2016 - photos J-P Patanchon

 

Toutes nos inquiétudes sont balayées : cette édition 2016,   aura témoigné d’une belle homogénéité des valeurs (car on se gardera bien de juger les deuxième et troisième de l’édition 2015 sur leur performance de Bordeaux) et été le théâtre de la révélation de deux valeurs montantes de la spécialité. Indiscutablement, Bordeaux 2016 aura été un bon millésime, relayée de plus par la télévision, Eurosport accomplissant bien plus que le service minimum en la circonstance ! Et si le Président de la F.F.C. David Lappartient tiendra à féliciter les acteurs de ce championnat, c'est bien la preuve qu'il  a été lui aussi convaincu de cette réussite, vous ne croyez pas ?

 

BORDEAUX DV Lappartient daeninck.jpg

 

  Avec Emilien Clère, qui promènera fièrement le maillot tricolore (mais s.t.p. Emilien pas tes chaussures clignotantes) sur les pistes européennes jusqu’aux prochains France, c’est le demi-fond dans son ensemble qui a gagné, ce Dimanche 2 Octobre 2016, sur la piste du Stadium Bordeaux-Lac à Bordeaux.

 BORDEAUX france piste 2016 077  JP PATANCHON B.JPG

photo J-P Patanchon
 
 

A sa descente de vélo, notre champion 2016 a eu cette   formule vigoureuse en déclarant au micro de l’animateur : « Je crois qu’on a montré que le demi-fond, ce n’est pas une discipline  de Mickeys ! » Aucune inquiétude à ce sujet. Tous les spectateurs qui sont sortis ce dimanche en fin de matinée de l’enceinte du vélodrome en ont été convaincus …

 

 


 

 

Première série  

1er - Hugo Rouland - entr. Marc Pacheco - les 32.400 kms en 27'46'' (moyenne 70.012 km/h)

2ème - Antoine Gaudillat - entr. Alain Gaudillat

3ème - Kevin Fouache - entr. Loïc Guilbaud

4ème - Martial Kneisky - entr. François Toscano - à 3 t

5ème - Anthony Baré - Michel Filiatre - à 6 t

 

Seconde série  

 

1er - Emilien Clère - entr. François Toscano - les 32.400 kms en 28'36'' (moyenne 67.972 km/h) 

2ème - Guillaume Brasseur - entr. Romuald Foucher 

3ème - Christopher Gamez -  entr. Bernard Filiatre - à 1 t

4ème - Benoît Daeninck - entr. André Deraet (BEL) - à 1 t 

Abandon sur chute : François Clère - entr. Loïc Guilbaud 

 

Finale

1er - Emilien Clère - entr. François Toscano - les 54 kms en 46.19''  (moyenne 69.953 km/h)

2ème - Antoine Gaudillat - entr. Alain Gaudillat

3ème - Benoît Daeninck - entr. André Deraet (BEL)  - à 1 t

4ème - Guillaume Brasseur - entr. Romuald Foucher - à 2 t

5ème - Hugo Rouland - entr. Marc Pacheco - à 3 t

6ème - Kevin Fouache - entr. Loïc Guilbaud - à 3 t

Abandons : Martial Kneisky - entr. Michel Filiatre puis Christopher Gamez - entr. Bernard Filiatre 

 

 


 

Merci à :

 

L'indispensable Dominique Turgis de Direct Vélo / Jean-Pierre Patanchon / Arnaud Robin / Robert Benech / Pierre Gassié / Didier Triffon / Joël "Georgius" et à toute l’équipe organisatrice de Bordeaux / François Bonnin Mon amical salut à tous ceux qui m’ont honoré de leur visite à mon stand pendant ces quatre belles journées.

 

 


09/10/2016
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CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 2016 A BORDEAUX : STAYER FR VOUS PRESENTE AU VELODROME DE BORDEAUX LAC L'EXPO QUI TUE !

 

 

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 A NE PAS MANQUER : CETTE EXPOSITION SE DEROULERA DANS L'ENCEINTE DU VELODROME

 

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21/09/2016
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CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND SAMEDI 13 JUIN 2015 : LE REPORTAGE


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photo François Bonnin
 

  

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et pout finir, un clic sur le lien suivant s'impose :

http://www.directvelo.com/index.php/actualite/43030-kevin-fouache-le-demi-fond-gagne-a-etre-connu.html#.VW9SQrsw-po


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Championnat de France de demi-fond

Chateaubriant – Samedi 13 Juin 2015

 

 

 

 

Je sais. Vous allez me faire  reproche de mettre en ligne  ce reportage un peu tard après la bataille. A l’heure de l’information immédiate, des news supersoniques, il est clair que ma petite boutique paraît fonctionner encore à l’âge de la pierre éclatée. Mais bon, il faut savoir ce que l’on veut. De l’information à chaud qui brûle les doigts et l'esprit, des propos people à l’emporte-pièce, sans réflexion ni recul, des analyses pseudo-techniques, boursouflées de fatuité ...  Non, Stayer Fr  ne mangera pas de ce pain-là.

  

Eh oui, il faudra vous y faire, avec Stayer Fr, vous aurez toujours droit aux comptes-rendu pépères, aux reportages surgelés à réchauffer deux jours après l’évènement. Qu’est que voulez, c’est comme ça, je préfère écrire des âneries qui prennent le temps de la maturation (tant d'autres ont moins de préventions), plutôt que balancer des flashes - façon dépêches bâclées -, des photos à la mode "selfies", ou reporter en ligne les questions navrantes posées au saut du vélo : l'intervieweur, genre « on est entre potes » : «  Franchement ce que tu as fait aujourd’hui, énorme, non ? »

  

Bon, passé ce préambule dont vous vous demandez bien ce qu’il vient faire ici alors que j’ai des choses d’importance à vous narrer (narrer : ça en impose, non ?), j’en arrive à ce qui vous amène sur cet excellent (oserai-je dire indispensable ?) site qu’est Stayer Fr, le seul site qui vous conte un évènement sept-cent trente-deux jours après qu’il soit survenu.

  

On va tout de suite faire litière de l’objection que ne manqueront pas de faire les cagneux, les sodomiseurs d’insectes diptères ou empêcheurs de s’enthousiasmer en rond : oui, il n’y avait pas les gros calibres DN1 sur la ligne de départ, because manche de  Coupe de France le même jour (Tour de l’Eure-et-Loir pour ne pas le nommer). Oui, en l’absence (que j’ai déploré) du jeune espoir lyonnais Hugo Rouland il n’y avait finalement que neuf coureurs ce samedi 13 Juin pour se disputer le titre. Et alors ?

  

Primo, c’est d’abord tant pis pour les absents. Je vais vous épargner la sentence idiote qui veut qu’ils aient toujours tort. Mais franchement,  entre un maillot à trois couleurs et une manche de Coupe de France, si on vous donnait le choix (et le choix, c’est peut-être bien ce que n’ont plus d’ailleurs les coureurs, dans le monde si idéal du cyclisme actuel, qui fonctionne de plus en plus comme celui d’une société anonyme), vous hésiteriez longtemps, vous ? Deuxio : on s’en fout, on a eu droit à une course magnifique au vélodrome de  Chateaubriant, et au bout du compte,  on a un champion de France qui tient la route (la piste), et pas qu’un peu ! Troisio (promis, j’arrête, je reconnais que c'est pas brillant) : c’est pas le club de ce dernier, l’A.S. Corbeil-Essonne,   qui se plaindra d’avoir trouvé, vingt-quatre années plus tard, un successeur à Michel Dubreuil. Si ça pouvait donner à réfléchir à certains dirigeants de teams aux certitudes toutes faites …

 

Donc, nous avons vécu une superbe édition 2015, entamée  avec une météo plutôt favorable, même si l’astre du jour (une petite touche de poésie ne peut pas faire de mal) a parfois fait ressembler le vélodrome  loiratlantiquais (ne vous inquiétez pas, ça me passera) à une rôtissoire. Côté public, ce n’est pas l’affluence maximum, en dépit de l’excellent accueil d’une équipe organisatrice compétente et aux petits soins.

 

Il faut que je vous fasse une confidence, puisqu’on est entre nous, et que mes propos ne dépasseront pas le département : je n’aime pas les qualifications. La plupart du temps, elles ne constituent qu’un trompe-l’œil exaspérant souvent disputées en mode «  frein à main bloqué », à-celui-qui-en-fera- surtout- pas- plus- que- celui- qui- veut- montrer- qu’il- est- pas- dans- un- bon- jour- mais- en- même –temps- que -c’est- tout –le- contraire.

  

Pourtant, la première manche des qualifications - à l’équilibre discutable soit dit en passant -, aura presque réussi à me faire changer d’avis. Car elle fut disputée avec ardeur, et dominée par un Christophe Gamez dont le rendement me donne alors envie de prendre des paris sur son nom  pour la finale. Dans cette qualif’ plutôt compacte, dans laquelle le champion de France sortant m’apparut plutôt  à l’ouvrage,  la position de tête aura été verrouillée par le coureur du Val d’Oise,  Emilien Clère apparaissant peiner à   le déloger ... Mais peut-être ne sont-ce que réflexions fumeuses (il faut dire que pendant ces manches le soleil cogne furieusement sur les têtes )

 

 Et derrière nos deux ténors ? On ne peut pas ne pas remarquer le comingmen (je sais, c’est un mot hors-d’âge : je l'ai sorti pour vous tout droit de mes archives. Vous ne me devez rien : c'est cadeau) Cyril Maître. Son abattage, malgré quelques infidélités au rouleau de la moto de Marc Pacheco, séquences ma foi bien excusables,  me laisse pantois. Un qui n’en revient pas non plus, c’est le « local » Kevin Fouache, qui, affûté comme un rasoir, n’en finit pourtant pas de buter sur le Francilien lors de derniers tours échevelés, qui poussent  Christopher Gamez et Emilien Clère à « couiner » jusqu’au bout de la manche, alors qu’ils croyaient bien avoir fini le boulot.

 

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 En retournant aux stands avec pour tout viatique une quatrième place, Kevin Fouache n’aura en somme réussi qu’à faire le plein de doutes. A ce moment, je vois bien Cyril Maître dans l'habit du joker, capable de mettre une belle pagaïe dans la hiérarchie.  Nos quatre compères - détail qui ne trompe pas – ont fini dans le même tour, et les temps accomplis constituent des révélateurs de l’intensité des débats.

  

Résultats 1ère manche qualificative

 

  1. Christopher Gamez / entr. Bernard Filiatre – les 25 kms en 23’51’’61 - moy. 62.89 km/h
  2. Emilien Clère /entr. François Toscano – 23’52’’37
  3. Cyril Maitre / entr. Marc Pacheco – 23’53’’60
  4. Kevin Fouache / entr. Loïc Guilbaud – 23’55’’83

  

Dans une deuxième manche qui a fort ressemblé pour l’équipage Gaudillat/ Gaudillat à « La ballade des gens heureux », on aura salué la permanence du vieux lutteur Martial Kneisky (impossible de passer une feuille de papier cuisson entre le rouleau et le boyau de sa roue avant), Guillaume Brasseur se qualifiant sans problèmes, le sociétaire du C.S.M. Puteaux  Anthony Lamotte faisant de même à sa suite.

 

 Résultats 2ère manche qualificative

 

  1. Antoine Gaudillat / entr. Alain Gaudillat  – les 25 kms en 24’40’’34 - moy. 60.81 km/h
  2. Martial Kneisky / entr. François Toscano – à 1 t -  24’55’’12
  3. Guillaume Brasseur / entr. Romuald Foucher -  à 3 t - 25’40’’23
  4. Anthony Lamotte  / entr. Pascal Chollet – à 3 t – 25’55’’48

 Antoine Bavay / entr. Michel Filiatre – non classés (plus de 5 tours de retard)

  

L’observateur distrait apprend sur ces entrefaites que les positions de départ seront tirées au sort pour la finale. Ce mode de détermination de l’ordre de départ fait jaser un peu autour de la piste et ailleurs. Mais franchement - c'est mon opinion et je la partage - je le trouve finalement préférable à celui des positions acquises en qualification. Cela apporte une touche d’imprévu à l’épreuve, insécurise les favoris, et en même temps ne constitue pas forcément pour eux un obstacle rédhibitoire, l’exemple de l’édition 2014 l'a plutôt démontré.

  

A ce petit jeu - c'est le cas de le dire -  la pole-position revient à Antoine Gaudillat. Christopher Gamez a été moins verni et partira de la quatrième place, le tenant du titre Emilien Clère héritant du numéro 6 sur la grille.

 

Le moment du départ est toujours une séquence forte, émouvante même, dans une course de demi-fond. L’édition 2014 nous avait éclairés sur la notion de départ-canon. Celle de 2015 ne va rien lui céder sur ce chapitre. Et violent sera le mot de circonstance pour définir au mieux celui de cette édition 2015.

 

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 Le bang du départ retentit et illico Emilien Clère brûle immédiatement la piste, comme il sait si bien le faire, pour fondre en un éclair sur la tête de course. Mais Antoine Gaudillat, parti lui aussi sur des bases élevées,   a vu le coup venir : quand le Champenois arrive à sa hauteur, il s’accroche de toutes ses forces afin d' amortir la secousse. Emilien Clère insiste, insiste encore. Antoine Gaudillat résiste, résiste encore. Au 195è tour, le coureur du Guidon Chalettois cède finalement, et « recule ». La tempête est passée pour Antoine Gaudillat, qui maintenant doit se préoccuper de la menace d’un Christopher Gamez qui se rapproche à un quart de tour, et qui guettait jusque-là le moment de « ramasser les morts ».

 

A deux longueurs l’équipage Cyril Maître / Marc Pacheco rapplique plein pot, et au 167è tour, vient se caler en position d’observation idéale. Décidemment, le néophyte, en plus d’un abattage monstrueux, ne manque pas d’audace ! Pendant ce temps, Emilien Clère n’en finit pas de payer la note de son départ – assommoir au gré de tours déprimants.

 

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 Au 150è tour, il est temps de procéder à un premier inventaire. Gaudillat / Gaudillat mènent la ronde, suivi à cinquante petits mètres de l'équipage Bernard Filiatre / Christopher Gamez, qui rôde toujours à l'affût d'un moment propice à une attaque. Dans le tour, Cyril Maître et Kevin Fouache  continuent à épater la galerie : et si ces deux-là venaient brouiller les cartes ?

  

Pour lever cette hypothèque, Antoine Gaudillat, à coup de 66x15, dans un style impeccable, va d’abord creuser imperceptiblement l’écart, jusqu’à ne conserver  à ses trousses vingt tours plus loin que les seuls Gamez et Fouache. Le souci pour Christopher Gamez, toujours aussi bluffant de maîtrise, c’est qu’il croise désormais à un bon demi-tour.  L’affaire risque d’être rude à conclure pour celui dont j’avais fait mon favori, et je commence à blémir un peu pour ma mise …    

  

Au 125è tour, drapeau rouge pour l’équipage Lamotte / Chollet, qui doit plier bagage, au terme de cinq tours perdus, règle dont je cherche encore à comprendre l'utilité, et qui devient à chaque édition un peu plus exaspérante … Un peu plus tôt, Martial Kneisky avait bâché, la plaisanterie ayant assez duré pour lui. La piste se vide. Observons une minute de silence (essayez en lisant, ça devrait le faire) en hommage à Martial Kneisky, loyal et infatigable serviteur de la cause du demi-fond.

 

Deux cents tours, c’est long. Intervient alors forcément, et surtout lorsque  l’entame a été aussi débridée, une phase de la course plus gestionnaire que tonique. A cent tours de l’arrivée, Antoine Gaudillat fait donc les comptes, pour constater que sa cagnotte a grossi, et qu'il dispose désormais de trois-quarts de tour d’avance. Suffisant pour gagner s’il tient son tempo jusqu’au bout. Insuffisant dans le cas d’un aléa de course. C'est donc pour le  leader l’inévitable « séquence-gamberge », qu’il faut surmonter impérativement, même et surtout lorsque l’on croise en tête de course un jour de championnat de France, en affichant toute l’apparence de la maîtrise. C'est le moment où l’on regarde le panneau du compte-tours, et que le chiffre « 80 » y apparaît. A cet instant, et cela que l’on soit coureur, entraîneur ou spectateur, on se dit que  décidemment, c’est dur, terriblement dur, le demi-fond …

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 Pendant ce temps, Emilien Clère, qui n’en finit pas de ne pas se remettre de l’échec de son coup de force du départ, se refait tant que faire se peut une santé. L'on se prend à croire alors, parmi ses supporters, à une possible résurrection, tant il semble retrouver la cadence. Las, il manque en ce jour au tenant du titre  le « jump » qui l’avait rendu si irrésistible à Saint-Quentin-en-Yvelines, et bien vite il devra se rendre à l’évidence de l’infaisabilité d'une "opération-retour". Les quatre-vingt derniers tours seront également pénibles  à Cyril Maître, qui peu à peu rentre dans le rang, et descend un à un les échelons de la course. Qu’importe, il nous aura sacrément épaté jusqu’ici, suffisamment en tous cas pour nous donner l’envie de le revoir vite, très vite, dans une course derrière moto.

 

 A cinquante tours du terme de la course, tout le monde sur la piste "a le masque". Tout le monde, sauf un Antoine Gaudillat presque pimpant,  en tous cas maître des évènements, et dont le rendement n’est pas sans me rappeler  celui du Daeninck millésime 2013. Ajoutons   pour faire bon poids une position sur le vélo de stayer qui frise la perfection, et j’aurai achevé le portrait du coureur francilien (Antoine, tu as mon R.I.B, je crois ?)

Encore vingt tours à accomplir et l’épatant Kevin Fouache parachève maintenant devant son public, dans la souffrance, une troisième place mille fois méritée, au terme d’une lutte acharnée avec Emilien Clère, auteur d’un nouveau retour de flamme. Le coureur de l’U.C Nantes Atlantique, au bout de la douleur, commence à entrevoir enfin le podium. Pour lui et les autres, à chaque tour révolu, c’est la course à la grimace, et pas pour la « frime », vous pouvez m'en croire !

  

Le final aurait pu, compte tenu des positions de chacun, s’achever en une morne « course aux quatre coins ». Or, ce sera tout le contraire, ceci d'abord grâce aux bons soins d’un héroïque Kevin Fouache et d’un Emilien Clère rageur,  et à l’emballant rapproché d’Antoine Gaudillat sur son second, Christopher Gamez. Les deux stayers nous gratifient alors d’une séquence vertigineuse, au bout de laquelle Antoine Gaudillat décroche au forceps quatre  tours avant le clap de fin   un tour d’avance qui apporte l’indispensable touche classy à un titre conquis avec une maîtrise confondante.   

 

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 photo François Bonnin

 

Côté histoire, ce samedi 13 Juin 2015 à Chateaubriant sera à marquer d’une pierre blanche. En effet,  jamais un équipage père-fils n’avait jusqu’à ce jour conquis un titre de champion de France (ou même un titre international) en demi-fond.

 

 Côté avenir, la jeunesse qui était au pied du podium l’an dernier a pris le pouvoir à Chateaubriant.

  

Un point pour l’histoire, un point pour le futur : le demi-fond  a donc encore marqué des points ce samedi 13 Juin 2015 sur le vélodrome Lucien Lemonnier à Chateaubriant !

 

 

 

Résultats de la Finale :

 

  1. Antoine Gaudillat / entr. Alain Gaudillat  – les 50 kms en 46’44’’ - 64.19 km/h
  2. Christopher Gamez / entr. Bernard Filiatre – à 1 tour
  3. Kevin Fouache / entr. Loïc Guilbaud – à 1 t
  4. Emilien Clère /entr. François Toscano – à 2 t
  5. Guillaume Brasseur / entr. Romuald Foucher – à 11 t
  6. Cyril Maitre / entr. Marc Pacheco – à 15 t

 NC. : Anthony Lamotte / entr. Pascal Chollet – 5 tours de retard / Martial Kneisky/ entr. Michel Filiatre (Ab.) 

 

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12/06/2015
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LES FRANCE 2014 DE DEMI-FOND A SQY : LES RESULTATS

SAINT-QUENTIN EN YVELINES 2014

«  Un championnat tout à fait Clère » (*)

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Vendredi 3 Octobre 2014

C’est un jour « spécial » pour notre cher demi-fond, que celui qui le voit sortir de près d’un quart de siècle de purgatoire, et réintégrer enfin la famille du cyclisme. Et comme s’il fallait ajouter à la charge émotionnelle de l'évènement, ce « retour à la maison » s’accomplit au siège même de la Fédération Française de Cyclisme, dans ce vélodrome couvert si longtemps attendu !

 

Mais il s’agit d’un retour sous conditions, on ne tarde pas à le comprendre, à peine poussées les portes du vélodrome. Là,  on s’y inquiète du fait que nos motos pourraient abimer la piste. Facile pour Marc Pacheco, transformé pour l’occasion en avocat, de démontrer que le couple coureur / entraîneur apporte moins de contraintes à la structure de la piste que ne le ferait par exemple un peloton compact dans une course aux points … Bravo, Maître !

 

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Rassurer sur le caractère loyal et conséquent des entraîneurs, assurer que les mœurs de la spécialité ont bien changé depuis les années sombres …

Rassurer donc. Et assurer. Telle seront les missions des entraîneurs et coureurs durant ces deux journées où ils occuperont la piste du vélodrome national. J’aimerais à ce moment- là être certain que chacun ait bien mesuré les enjeux liés à ce championnat de France.

 Inutile de préciser que la pression est donc  maximale en ce vendredi, au diapason de l’honneur qui est fait aux coureurs et entraîneurs de pouvoir rouler sur ce bijou, confié à leurs bons soins par le Président David Lappartient, qui restera donc celui qui aura osé braver les préjugés et les craintes, permettant ainsi à l’une des plus vieilles spécialités du cyclisme de retrouver sa juste place. Pour mieux sanctifier la chose, notre parc à motos aura même les honneurs de sa visite et de celle du Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, Thierry Braillard.

 

Alea jacta est … le sort de la spécialité est désormais entre les mains de ses vingt - deux acteurs.

 

Dès le « warm-up » de l’après-midi, deux coureurs crèvent l’écran : Alexandre Paccalet, dont l’abattage  sur le bois se révèle impressionnant, et Benoît Daeninck, qui déroule avec désinvolture.    

 

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Pour ce qui concerne la piste et son rendement, c’est un concert d’éloges à la descente des machines. L’entraîneur Michel Buffet traduit la pensée de tous en déclarant : « C’est un plaisir de rouler là-dessus ! »

 

Pourtant, un peu plus loin, le vétéran Martial Kneisky tempère, dubitatif : « Ca va être physique … Il va y avoir des surprises … Demain, pour la finale, il y aura une cartouche, et une seule, à tirer … »

Eh oui, rouleau à 1m20  et 66x16 obligent, ce championnat 2014 sera forcément [là aussi] du genre « spécial ».

La première série ? Elle ne sera pas  forcément des plus enthousiasmantes. Trente kilomètres et moins d’une demi-heure plus tard, l’accès à la grande finale est barré à l’inusable Martial Kneisky : une première pour sa  sept - cent - trente - deuxième participation au championnat national (Martial, n’oublie pas de me donner le nombre exact, au fait). Au cours de cette partie de poker menteur, il n’aura pas échappé  - même au plus épais des observateurs de bord de piste - qu’Alexandre Paccalet et Benoît Daeninck n’ont pas "lâché les chevaux", loin s’en faut. Derrière eux, on se réjouit du niveau des prestations fournies par Guillaume Brasseur et Christopher Gamez, deux néophytes (ou pas loin de l’être) du genre prometteur.

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La deuxième série, disputée sur un rythme un peu moins élevé, se révèlera plus animée. Bien sûr, la retenue d’Emilien Clère et d’Antoine Gaudillat apparait  aussi visible que la présence d’un lamantin dans une kitchenette (ne me demandez surtout pas où je vais chercher mes comparaisons, ça m'inquièterait  à mon sujet )

 

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La course, c’est l’équipage Kevin Fouache / Lionel Guilbaud qui va l'emballer prestement derrière les deux sus-nommés. Et quand je dis « derrière », je m’égare un peu, car c’est aux avant-postes, trente tours durant, qu’ils vont brouiller les cartes ( je ne peux pas dire les pistes, puisqu’ils roulent dessus (on applaudit la pirouette s.v.p) ), pour finalement ne céder qu’un tour au terme d’une virée tout à fait réjouissante. Derrière ces trois-là, un énigmatique François Lamiraud, au style toujours aussi séduisant, semble cacher son jeu. Ou alors, s’il ne le cache pas, il le cache bien (vous me suivez ?)

Hélas, et cela me déchire les entrailles de devoir l’écrire, l’épatant Hugo Rouland se verra écarté de la finale, alors qu’il n’aura eu de cesse de démontrer une combativité hors de pair, et des facultés de récupération du même métal (amortir trois attaques comme il l’a fait, et repartir de plus belle pour « taper dedans » encore, ça force le respect) Pour lui, l’accès à la grande finale se sera révélé aussi difficile que peut l’être celui à la seule buvette du vélodrome ( j’ai essayé, je peux en parler … )

 

 A l’issue de cette journée riche en enseignements, force est de convenir que les épreuves se sont déroulées à la satisfaction de tous. Les préventions et les appréhensions semblent dissipées. Croisons les doigts et « pourvu que ça dourre … », si l’on veut revoir du derrière moto lors du prochain championnat. Un seul regret : constater que le demi-fond sera la dernière épreuve au programme de la journée. Ce satané usage qui consiste à placer le demi-fond en queue de programme me tape toujours un peu sur les nerfs (excusez-moi pour cette bouffée de colère ; je me reprends )

 

Samedi 4 Octobre 2014

Si, comme moi, après avoir passé avec succès les multiples barrages de sécurité et contrôles d’identité (je sais, j’ai une tendance à l’exagération, je n’y peux rien, c’est pathologique)  vous vous étiez installé en tribune, vous auriez vu notre Benoît Daeninck, sur le coup des dix-sept heures, s’aligner avec l’équipe de Picardie pour la finale de la poursuite par équipes ! Je sais, il est capable de tout,  le grand Benoît, mais quand même, lorsque  je le vois quelques instants plus tard au protocole, avec dans les jambes une poursuite courue en 4’09’’, je m’inquiète un brin pour sa prestation de tout à l’heure …

Le temps d’entreprendre encore une fois le siège de la buvette (si quelqu’un pouvait donner un coup de main à la seule et unique serveuse … je ne sais pas, je lance l’idée) et voici qu’arrive l’heure de la petite finale. Là, c’est du cousu-main pour Hugo Rouland. Ce garçon, je le vois grand comme un soleil pour les futures éditions. Il a toutes les qualités du stayer : la « caisse », le pouvoir d’accélération, le style, la faculté de vite récupérer des attaques (pour le virement,  je te joins un R.I.B, Hugo)    Dans le tour du coureur lyonnais,   les Dijonnais Mickael Lazare et Jérôme Brinseaux montrent un bien meilleur visage que la veille, et ça fait plaisir,   tandis que Martial Kneisky en finit avec son mille trois cent soixante - quinzième championnat (je ne sais plus … Martial, c’est bien ça ?)

 

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... Et voici venu le temps de la Grande Finale. C’est curieux, mais je trouve que l’ambiance de ce millésime 2014 est « spéciale » ( ça fait bien trois fois que je le place : c’est le mot du jour, vous l’aurez compris ) Une tension bizarre, une qualité de silence particulière, trament ce moment vaguement irréel (non, je ne suis pas la proie de vapeurs, vous fichez pas de moi svp )

 

Au moment même où le starter va libérer les énergies, et alors que le Parisien Gamez s’élance vivement de sa pole-position, un tsunami va déferler sur le

 

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vélodrome. Parti de la quatrième position, Emilien Clère effectue un départ supersonique. Moment hallucinant que celui qui le voit déborder un Benoît Daeninck pourtant sur ses gardes mais qui n’en peut mais. Le sage Martial Knesiky nous avait dit hier, en aparté : «   …  une cartouche, une seule … » Mais là, Emilien Clère et François Toscano ont carrément sorti le pain de dynamite !

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La course, menée  un temps  à 80 km/h compteur, tourne au bras de fer paroxystique. Benoît Daeninck, débordé  tout à l’heure par l’ouragan Clère, reprend maintenant ses esprits, et rapplique plein gaz,drivé par un Raymond Persyn rageur,  sur les deux fous furieux qui ont enflammé la course. C’est un pur moment de grand sport, qui va se prolonger vingt tours durant, Daeninck /  Persyn butant  en permanence sur le mur invisible des vingt petits mètres qui les sépare de Clère / Toscano.

On nous avait averti qu’avec le rouleau à 1m20 et le 66x16, il ne fallait pas espérer des vertiges de vitesse, ni s’attendre à des prodigalités de spectacle.  Quoiqu’il en soit, en ce samedi  soir, sur le plancher du vélodrome national, on est davantage au Madison Square Garden qu’à la Fête à Neu-Neu : c’est du brutal, du raide, qui nous est servi, et copieusement encore ... et ce sont nos huit finalistes qui régalent !

 Derrière le couple infernal, campent en embuscade Alexandre Paccalet et Marc Pacheco, et, à la lisière du demi-tour, un impeccable Antoine Gaudillat, posté en sentinelle.

 

 

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Et puis … il fallait bien que « ça pète »,  à un moment ou à un autre.  Le champion sortant n’en finissait plus de buter sur les hommes de tête ... alors, il décolle une première fois, puis une deuxième ... Soudain, il paraît au bord de l’asphyxie … avant de "décrocher" un peu plus loin, irrémédiablement cette fois. Le fauve est blessé. Quelques tours plus tard, il ne pourra plus rien quand l’équipage Clère / Toscano  le passera en coup de vent.  Encore quelques tours de misère, et Benoît Daeninck abandonnera, visiblement très éprouvé. Salut champion !

 

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Le champ de bataille est encore fumant de cette entame explosive lorsque l’on se rend compte, incrédule, qu’il reste tout de même la bagatelle de cent soixante-dix tours à se goinfrer, et que deux concurrents seulement  restent en lice pour le titre : Emilien Clère et Alexandre Paccalet ! ... même si l’équipage Gaudillat / Gaudillat paraît toujours constituer une menace sérieuse pour l’un ou l’autre. 

On a à peine le temps de déplorer la sortie du sortant ( pas mal, hein ? )  que Kevin Fouache, dont la course nous avait tant emballé la veille, est sommé de quitter la ronde. Il a été doublé pour la cinquième fois : exit, donc. Dixit les commissaires. Tu parles d’un motif ! Il ne gênait en rien le déroulement de la course, était largement à la hauteur des débats, et, dérision suprême, ils seront quelques-uns une demi-heure plus tard à émarger à cinq tours et davantage ! Pas même défrayés par leur comité, tricards de classement pour la  Grande Finale, ils auront subi la double peine, et gagné le droit de la trouver saumâtre …

 

Sur ces entrefaites, le cap de la mi-course est passé, avalé à 66,300 km/h.

Pendant ce temps, le bras de fer Clère / Paccalet se prolonge au fil des tours qui passent.  Mais plus de ménage à trois cette fois, car Antoine Gaudillat, qui plafonnait depuis un  moment, est entré  pour un bon moment « dans le dur ».

 

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Quelques tours encore, et   ses deux adversaires disparaitront de son écran radar.  Derrière, quid de François Lamiraud, qui, tout à l’heure sur la ligne de départ, figurait encore un joker tout à fait présentable ? Il paraît comme absent,  accumulant les tours de retard ... mais avec élégance, toujours ! Le Parisien Christopher Gamez, lui, n’en finit pas de nous étonner par ses séquences d’accélérations rageuses, suivies de larges temps apparemment morts. Mine de rien, il se construit une quatrième place inespérée.

A soixante-quatre tours de l’arrivée, tout le monde est à deux tours et plus des équipes Clère / Toscano et Paccalet / Pacheco. Ces derniers, obstinément au marquage, semblent attendre leur heure, dans cette course à l’étouffée, si éprouvante pour les hommes et leurs nerfs. Lové dans l’abri de Marc Pacheco, le stayer lyonnais n’affiche pourtant plus  la facilité de la veille. Il évolue dans un registre plus douloureux, en lutte avec lui-même et sa machine, sans que son abattage en souffre ... pour l'instant.  

 

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Cent cinquante  tours viennent d’être accomplis. Le courage du sociétaire du V.C Vaulx en Velin force l’admiration : il s’obstine à conserver le tempo qui lui permet de rester une menace pour Emilien Clère. Dans ces zones de haute intensité, le rouleau de la moto du grand sachem rhône-alpin a des allures de couveuse … Attentif à l’effort de son protégé, il lui ménage des trajectoires veloutées,  toujours soucieux de le garder de toute rupture de rythme, en se préservant - autant que faire se peut - des turbulences généreusement prodiguées par François Toscano. 

 

Le cap des deux-cents tours est franchi. Maintenant, à chacun de ses passages devant les tribunes, le jeune stayer lyonnais apparaît davantage crispé et grimaçant.  Il ne s’écroule pas, non. Ce n’est pas le genre de la maison. Mais la vitesse de croisière de l’équipage Paccalet / Pacheco fléchit maintenant insensiblement. Le moment est  proche où, à bout de douleurs, et la rage au cœur,  Alexandre Paccalet devra laisser partir son rêve. Bientôt, la silhouette du duo Clère / Toscano s’éloignera peu à peu à ses yeux …

 

Il ne reste plus que vingt-cinq tours à accomplir :  le jeune stayer lyonnais ne sera pas champion de France.

 Dès lors, il ne reste plus à Emilien Clère qu’à assurer les derniers kilomètres, sans se soucier davantage des caprices d’un boulon épris de liberté, et d’un entoilage folâtre (même pas peur !) Au bout des deux-cent tours cinquante révolus,  il a rendez-vous avec un immense bonheur : après dix tentatives infructueuses, il est enfin champion de France !

 

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Un immense bonheur devant, un énorme chagrin derrière : Alexandre Paccalet en a terminé avec son voyage au bout du courage. Il l’a fait dans le tour du vainqueur. Pas besoin de chercher plus loin le prétendant au titre pour 2015. Si je suis aussi fort en pronostic qu’en interview prémonitoire ( cf. l’interview « Emilien Clère, la passion du demi-fond mise en ligne il y a quinze jours ), Alexandre peut déjà ranger en rêve le maillot tricolore dans son armoire.

A deux tours, Antoine Gaudillat décroche, et ce pour la première fois, une place sur le podium ... somme toute  un accessit qui a de la gueule. Le présent et l’avenir du demi-fond sont sur le podium. Et au pied de ce dernier, une belle jeunesse piaffe d’impatience,  dirait - on.


Tout est donc en ordre  au terme de ces deux belles journées. Le demi-fond a un avenir : il ne lui reste plus qu’à ne pas gâcher sa chance.

 

(*) Reconnaissez-le : si je ne vous l’avais pas fait, vous m’en auriez voulu ...    

 Patrick Police

Le 6 Octobre 2014 - Merci à Alain Gaudillat

 


 

 

ALLEZ, POUR LA ROUTE :

QUELQUES MOTS DU CHAMPION DE FRANCE

 

 

 

 

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Interviewer un champion de France après qu’il ait remporté le titre, c’est à la portée de tout le monde, non ? Mais l’interviewer avant, vous ne croyez pas que c’est un peu balèze ?

  

A ce train-là, je peux investir dans une caravane et une boule de cristal, et commencer une carrière de voyant, vous ne croyez pas ?  

 

Allez, j’abandonne le prémonitoire, pour faire parler encore un peu celui qui nous a régalé en ce jour si particulier pour lui - si « spécial », ( ça y est , ça me reprend )  oserais-je même dire …

 


 

 

Emilien, c’était quoi ce départ de malade ?

 

E.C (l’air surpris) : " … c’est parti vite, mais on a juste fait un bon départ, c’est tout. Il n’y avait rien de prémédité " (ah ouais ? (n.d.l.a)

 

  

La menace Daeninck ?

 

E.C : " J’ai été surpris de la dépasser si tôt dans la course. Après, j’étais certain qu’il m’attendait, et qu’il allait nous tomber dessus à un moment ou à  un autre … "

 

 

 As - tu eu peur pendant la course ? Je ne sais pas, au moins une fois ?

 

E.C : " Je ne suis pas d’un naturel confiant … Alors oui, je pensais à Antoine (Gaudillat) qui, pour moi, avait caché son jeu dans les séries ; à François Lamiraud aussi. On me disait qu’il cachait lui aussi son jeu, même si je pensais que l’on ne peut pas être candidat au titre en terminant une semaine avant à Lyon aussi loin de la tête. Et puis longtemps bien sûr, j’ai craint Alexandre Paccalet , toujours sur mes talons … il n’y a qu’à vingt-cinq tours de l’arrivée ou je me suis dit « c’est bon cette fois » "

 

  

Ta préparation pour ce championnat de France, elle a consisté en quoi ?

 

E.C : En un "chantier" journalier piste / route, étalé sur un mois. J’étais avantagé : j’ai pu me préparer sur place, avec l’équipe d’Ile-de-France. C’est que je suis du coin maintenant ! ( cf. l’interview « Emilien Clère, la passion du demi-fond » )

 

 

Tu m’avais dit lors de ton interview : « Sur une course, tout est possible ». Avec ce titre de champion de France, tu vas pouvoir y croire, maintenant ?

 

E.C : " Oui … (l’air pensif) … (avec un petit sourire) : ce soir, j’arrive à me dire que peut-être je ne suis pas mauvais, non ? "

 

 

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 RESULTATS

Vendredi 3 Octobre 2014

1ère série : Résultats

1. Alexandre Paccalet entr. Marc Pacheco - les 30 kms en 28'11" (63.868 km/h)

2. Benoît Daeninck - entr. Raymond Persyn

3. Guillaume Brasseur - entr. Alain Gaudillat - à 3 t

4. Christopher Games - entr. Michel Buffet - à 3 t

5. Martial Keneisky - entr. François Toscano - à 4 t

Ab : Jérôme Brinseaux - entr. Michel Filiatre

 

 

 

 

2ème  série : Résultats

1. Emilien Clère -  entr. François Toscano -  les 30 kms en 28' 45" (62.595 km/h)

2. Antoine Gaudillat - entr. Alain Gaudillat

3. Kevin Fouache - entr. Loic Guilbaud - à 1 t

4. François Lamiraud - entr. Bernard Filiatre - à 2 t

5. Hugo Rouland - entr. Sylvains Pacheco - à 3 t

Ab : Mickael Lazare - entr. Romuald Foucher

 

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Samedi 4 Octobre 2014

 

Petite finale

 

1. Hugo Rouland - entr. Sylvain Pacheco

les 15 kms en 14.38" - moy. 61.503 km/h Raymond Persyn

2. Mickael Lazare - entr. Romuald Foucher 

3. Jérôme Brinseaux - entr. Michel Filiatre 

4. Martial Kneisky - entr. François Toscano - à 1 t

    

Finale 

 

 

1. Emilien Clère -  entr. François Toscano

  les 50 kms en 46' 48" (64.103 km/h)

 

2. Alexandre Paccalet - entr. Marc Pacheco  - à 3/4 de t

3. Antoine Gaudillat - entr.  Alain Gaudillat - à 2 t

4. Christophe Gamez - entr. Michel Buffet - à 3 t

5. François Lamiraud - entr. Bernard Filiatre - à 9 t

6. Guillaume Brasseur - entr. Romuald Foucher - à 10 t

 

Abandon Benoît Daeninck -entr. Raymond Persyn

Arrêté par  décision des commissaires car 5 tours de retard : Kevin Fouache - entr. Lionel Guilbaud

 

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07/10/2014
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