STAYER -FR : Le blog 100 % demi-fond et derny

STAYER -FR :  Le blog 100 % demi-fond et  derny

DANS LE RETRO : histoires de derny et de motos


ADIEU PISTARD ! En mémoire de Michel Scob

SCOB  Michel SCOB CM 1967  Collection Etienne HAREL_crop_crop - Copie.jpg

  

1 600 visiteurs et plus à ce jour pour  cet article,

et j'attends encore d'autres témoignages,

tout en remerciant chaleureusement ceux qui m'ont fait le plaisir d'en apporter ...

 

La mémoire de ce grand Monsieur que fût Michel Scob mérite ce vrai travail de mémoire 

 

Utilisez donc pour ce faire la rubrique "Commentaires" située en dessous de cet article.

 

 A SIGNATURE BOOK NLLE EDITION - Copie - Copie.jpg A SIGNATURE LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - Copie - Copie - Copie - Copie.jpg

 

 

Introduction : mon ami Etienne Harel, animateur de la brillante revue " Cycl' Hist " m'a autorisé à reproduire dans notre site le magnifique papier écrit par lui à la mort de Michel Scob, dont Derny Europa Cup vient de célébrer la mémoire à l'occasion de l'édition du palmarès des championnats de France de demi-fond pour la période 1960-1969.

 

Vous qui avez connu ce Grand Monsieur de la piste, n'hésitez pas à partager vos souvenirs (et documents, le cas échéant)  à son sujet sur notre site, en utilisant la rubrique "commentaires" située sous cet article, comme l'ont déjà fait des membres du blog.

 

Chilly-Mazarin, le 4 Juin 2014.

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

 

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 


ADIEU PISTARD

d'Etienne Harel

à la mémoire de Michel Scob

 

 

Michel Scob est décédé le 7 septembre dernier, à l'âge de soixante ans. Il n'avait été, dans les années cinquante à soixante-dix, qu'un "petit coureur", selon ses propres termes. Mais il avait acquis, au-delà de son modeste palmarès, un statut qui lui a valu - vingt ans après avoir dû mettre fin à sa carrière et malgré le terrible handicap qui le tenait immobilisé - d'être considéré par "Vélo Magazine" comme l'un des cent personnages-clés du cyclisme français en 1994.

 

UN AMOUR FOU

 

Il vouait à la piste un amour fou, et savait en parler comme personne. Sa profonde connaissance du sujet,  la passion mise dans ses propos, l'acuité de ses jugements et l'originalité de sa culture faisaient d'une conversation avec Miche lScob un très riche moment.

 

Michel affirmait volontiers la supériorité du pistard sur le routier. Donnant par exemple, notamment, le grand Koblet. Le bel Hugo, avant de dominer tout son monde sur les routes, y compris les plus pentues, n'avait-il pas été "enfant de la piste" ? Ayant brillé dans le domaine de la poursuite et gagné des Six Jours avant de remporter Giro d'Italia et Tour de France.

 

Les qualités de bon pistard sont les qualités cyclistes par excellence, des qualités fondamentales, qui l'autorisent - s'il le veut vraiment - à s'adapter à tout, et même aux plus mauvais des pavés. D'autant que sa formation l'amène à cultiver la souplesse, l'adresse ... La piste est un lieu où s'observe la classe à l'état pur.C 'est le domaine de la vélocité, vertu première. Le reste suit.

 

Le reste suit, comme l'endurance,  qui se cultive, et le courage. Le pistard n'a pas, en la matière, de leçon à recevoir du routier. Et Michel de rapporter le point de vue de Dominique Forlini, comme quoi le Tour de France n'a rien à voir en difficulté avec un Six Jours allemand - un Forlini à même de comparer puisque vainqueur la même année des Six Jours de Berlin et de deux étapes du Tour. Et Michel de rapporter aussi l'expression de Roger Godeau, comme quoi il était méconnaissable, y compris pour sa mère, après les efforts consentis pour boucler ses premiers Six Jours de Paris.

 

 Du temps où les pistards constatent de visu qu'ils remplissent les vélodromes, ces gens-là, conscients de leur valeur, exigent d'être bien payés - et plus d'une fois se retrouvent en conflit avec les directeurs de vélodromes. Des directeurs économes de leurs deniers et enclins à tenter de remplacer les artistes de la piste par des routiers - les routiers acceptant des cachets inférieurs à ceux des pistards parce-que déjà pourvu d'un fixe mensuel par leur marque de cycles pour leur activité sur l'asphalte. Oui mais, dans l'ensemble, les routiers ne sont pas en mesure d'assurer convenablement le spectacle ... Car c'est un métier de faire vibrer la foule au rythme d'une américaine, ou dans la manche courue derrière derny d'un omnium ... Et Michel de fustiger telle vedette de la route associée à un pistard dans un Six-Jours - routier dont l'équipier pistard doit réparer les erreurs ou les insuffisances à longueur de temps. Michel avait à cœur de remettre certaines pendules à l'heure, ses propos avaient la saveur et le poids du vécu ...

 

S'IL N'EN RESTE QU'UN

 

 Jeune adolescent, Michel passe déjà une bonne partie de son temps au Vél' d'Hiv' et dans ses coulisses. Il propose ses services et il est garçon de courses de l'un ou de  l'autre - comme il se fera, quelques années plus tard, dans les mêmes lieux, mécanicien pour arrondir ses fins de mois d'étudiant. Tôt plongé dans le bain, il est tout de suite en situation d'être bien informé - et mis au courant de quelques arrangements ....

 

Après s'être essayé un temps à la boxe, il s'exerce à son tour sur les pistes et, à quelques jours de ses vingt ans, réussit, au Vel d'Hiv', la performance dont il dira, une trentaine d'années plus tard, être le plus fier : Michel obtient, en Mars 1955, en prologue des Six Jours, la seconde place dans la grande finale de la Médaille, derrière Lepage. Une seconde place pour meilleur souvenir ? Oui, car être second de la Médaille signifie avoir devancé des dizaines et des dizaines d'autres jeunes coureurs dans les différentes phases d'une compétition étalée sur plusieurs mois. La Médaille c'est, depuis les années Vingt, une épreuve de prospection irremplaçable : qui atteint la Grande Finale peut envisager un avenir de pistard.

 

Michel, qui est l'un des très rares bacheliers du cyclisme dans ces années-là, entame des études médicales, tout en continuant de courir. Mais il s'avère bientôt qu'il ne pourra plus courir au Vel d'Hiv', livré en Mai 1959 à la pioche des démolisseurs - ses propriétaires ayant préféré les investissements immobiliers. Fin d'une époque pour Paris. Fin d'une jeunesse pour Michel ...

 

En Juillet 1960, à Vichy, Michel inscrit son nom au palmarès du championnat de France de vitesse des amateurs. Il interrompt, pour ce faire, la série de succès tricolores d'André Gruchet, qu'il bat en finale en deux manches.

 

Il n'y a plus de Vel d'Hiv' et c'est une catastrophe pour nos pistards ... Mais il y a Jean Leulliot, indomptable "volcan à idées" du cyclisme français, qui relève le défi. Monsieur Jean fait construire une remarquable petite  piste en bois, démontable, qu'il envisage, pour pallier l'absence de vélodromes d'hiver en France, de dresser en plusieurs endroits du territoire chaque hiver, pour y faire disputer des Six Jours ! 

 

Peu après la disparition du Vel d'Hiv', bien des pistards ont mis un terme à leur carrière : c'est le cas d'un Senfftleben ou d'un Blusson. Mais il y Scob, que Leulliot va solliciter : "J'ai besoin de garçons comme toi -lui dit-il en substance - pour remplacer les anciens. Tu auras mes Six Jours à courir, plusieurs chaque hiver".

 

Alors Michel passe professionnel pour disputer sans tarder, sur la piste de Jean Leulliot installée dans les locaux de la Foire Internationale, les premiers (et uniques) Six Jours de Lille, en Décembre 1960. Avec Thomas pour équipier, il se classe septième à deux tours des vainqueurs, les Australiens Tressider et Murray. L'épreuve ne rencontre, hélas, qu'un succès mitigé auprès du public, en raison principalement, à ce qu'il semble, d'une température trop froide dans une salle mal chauffée. Un journaliste se permet ce mot : "Un four dans une glacière ..."

 

L'épreuve prévue à Lyon sur la même piste est annulée. Puis l'installation, un moment sérieusement envisagée, de la piste en gare parisienne d'Orsay, alors désaffectée, capote finalement. Michel soupçonne d'ailleurs certains anciens responsables du Vel d'Hiv' d'être pour quelque chose dans l'échec du projet ...

 

Michel se trouve, à vingt-cinq ans, dans l'étrange situation d'un homme qui se lance dans la carrière au moment où s'évanouit la micro-société au sein de laquelle il entendait s'exprimer pleinement. Mais la passion est là, et s'il n'en reste qu'un, ce sera lui !

Ainsi Scob est-il, l'été, le troisième homme de la sélection française aux championnats du monde de vitesse des professionnels, avec Rousseau et Gaignard. Ainsi est-il partant chaque fois qu'il faut représenter , l'hiver à l'étranger, les derniers professionnels français de la piste dans les Six-Jours en Europe, en Amérique ...

 

En 1961, il dispute les Six-Jours de New-York, associé à Dominique Forlini, et Michel a le plaisir de rencontrer, au Madison Square Garden, un petit homme aux cheveux blancs, vainqueur des Six-Jours de Paris 1913 et de huit Six-Jours de New-York, Alfred Goullet soi-même, venu saluer les pistards de la nouvelle génération. En 1963, Michel dispute les Six-Jours de Buenos-Aires, avec pour équipier Robert Varnajo. A New-York, il s'agit du dernier Six-Jours; à Buenos-Aires, de l'un des tous derniers; on est en train de tourner une page, là-bas aussi.

 

JEUDIS POPULAIRES ET SYNDICAT

 

Comme tout véritable passionné, Michel a le souci de partager son savoir, et il lance les fameux "Jeudis Populaires" de la Cipale, où il fait oeuvre pédagogique auprès des jeunes. Il s'implique aussi dans la défense des intérêts de ses collègues coureurs et de la profession cycliste lorsqu'il prend des responsabilités au sein de l'U.N.C.P, le syndicat des coureurs professionnels, auquel il consacre beaucoup de son temps et de son énergie.

 

 

ENVERS ET CONTRE TOUT

 

 Le demi-fond derrière grosses motos, si spectaculaire, et qui fut si populaire, se meurt en France. Michel fait évidemment partie des jusqu'au-boutistes qui s'acharnent  à lui insuffler un peu de vie.

Le 31 Août 1969, à La Cipale de Vincennes, il s'impose comme le meilleur de ces courageux qui persistent dans la spécialité : à trente quatre ans, il devient champion de France de demi-fond. Il devance notamment Jean Raynal, tenant du titre depuis quatre ans, et Daniel Salmon - un Salmon en excellente forme (il va bientôt remporter la Roue d'Or devant quelques vedettes de la route) - très combatif, mais qui craque sur la fin.

" L'Equipe" note que "le styliste" (Scob) a su vaincre "le battant" (Salmon), et relève que Michel s'empare d'un "maillot tricolore tissé intelligemment avec Laval son entraîneur". Style et intelligence : - des mots qui ne sauraient nous étonner  à propos de Michel - dont la joie fait plaisir à voir et dont la victoire est saluée avec beaucoup de sympathie.

 

 

SCOB  Photo Etienne HAREL - Copie.jpg

 photo collection Etienne Harel

 

Le demi-fond n'est pas la seule spécialité dont l'avenir pose question : c'est la piste dans son ensemble. La disparition du Vél d'Hiv' fait que les coureurs, privés d'un indispensable "instrument de travail" hivernal, n'envisagent plus - sauf exception rarissime - de faire carrière sur la piste.  D'autant que le public, en dix ans, a perdu sa "culture piste". Il se raréfie aux rendez-vous de La Cipale et d'ailleurs.

La situation est telle en France que Pierre Trentin et Daniel Morelon, , champions olympiques du kilomètre, de la vitesse et du tandem, préfèrent rester amateurs et ne peuvent guère s'exprimer, à longueur d'année, que dans les Grands Prix de vitesse des capitales étrangères.

La situation est telle que les organisateurs du championnat de France sur piste 1969 ont été amenés, pour appâter le public, à encadrer les courses au titre par les diverses manches d'un match Anquetil-Merckx.

 

Quoiqu'il en soit, Michel, en cette année 1969, ne va pas bouder son bonheur : non seulement il est lui-même champion de France, mais encore ses élèves Jacky Mourioux (22 ans) et Alain Van Lancker (21 ans), sont respectivement champions de France de vitesse et d' Omnium et remportent ensemble les Six Jours de Montréal.

C'est que Michel ne se résout pas à ce que la piste s'éteigne. Lui qui a beaucoup reçu de celui qu'il appelle son "père en cyclisme" Roger Godeau, transmet naturellement son savoir à ceux qu'il appelle ses "poulains" : Alain (1) et Jacky. Pour que la piste vive, envers et contre tout.

 

 IL N'EN RESTE QU' UN

 

En 1970, les championnats de demi-fond, professionnel d'une part, amateur d'autre part, donnent lieu à une course unique - tant le nombre de concurrents a fondu. Michel est même le seul "pro" en lice : il n'en reste qu'un, c'est lui ! La F.F.C, pour attribuer le titre des "pros" à Michel, lui impose de vaincre tous les amateurs, le premier de ceux-ci étant alors déclaré champion de sa catégorie. Si Michel ne gagne pas, le titre "pro" sera vacant. Il gagne, et conserve son maillot tricolore. Son second, Christian Giscos (voir rectification apportée par Alain Dupontreur - n.d.l.r) est champion national des amateurs.

Les années suivantes, la F.F.C ne fait plus disputer de course au titre en demi-fond pour les pros - avant de remettre ça de 1973 à 1978, puis une dernière fois en 1986.

Michel aura quasiment été l'ultime acteur d'une très longue et belle histoire.

  

En 1974, c'est le drame : Michel, à cyclomoteur, est fauché par une voiture. Commence un calvaire qui va durer vingt ans ... Michel continue malgré tout de donner les forces qui lui restent à l' U.N.C.P; on vient lui demander conseil, car on sait la pertinence de ses jugements.

 

Mais le mal s'aggrave, et il est terrible : Michel se retrouve, pendant des années, totalement immobilisé, ayant perdu l'usage de ses membres. Et c'est cloué dans un fauteuil, ou allongé sur son lit qu'il converse du vélo, de la piste - perclus de souffrances physiques et forcément très affecté au moral. Il parle de la supériorité des pistards, de leur sens du spectacle, de la Médaille et du Gontaut-Biron ... La conversation ne s'arrête pas au vélo, les évènements du cyclisme sont replacés dans un contexte général. Car l'homme est cultivé : il a travaillé dans l'édition avec son épouse, alors qu'il était encore pistard; le théâtre et le cinéma sont entrés dans la famille avec la carrière de comédienne d'Edith, sa sœur ...

 

Michel était sûr qu'un vélodrome d'hiver, de nos jours, était encore viable, pourvu qu'on le veuille vraiment. Il  le voyait, en imaginait l'architecture, les programmes et les à-côtés attractifs.

 

Il sera parti sans avoir pu écrire cette histoire du Vél' d'Hiv' à laquelle il tenait tant : un ouvrage qui eut été d'autant plus précieux qu'il n'eût pas été conventionnel car Michel ne ménageait guère "l 'establishment "  - lui, le syndicaliste,  le pédagogue, le passionné, qui avait œuvré en humaniste  pour un sport préservé des puissances de l'argent.

 

Le 7 Septembre 1994, sa douleur a cessé.

 

Adieu pistard

 

 

Fin

Texte d' Etienne HAREL

 

(1) Michel Scob avait reçu dans sa jeunesse les bons conseils de Roger Godeau, lui-même vainqueur de Six Jours et champion de France de demi-fond, dans les années cinquante et soixante; Michel, à son tour, a formé Alain Van Lancker, qui allait gagner plusieurs Six Jours et ... lui succéder en 1973 au palmarès du championnat national de demi-fond. L'avenir eût été assuré ... si Paris avait eu un Vél ' d'Hiv' .

 

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

 

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 

 

 

 

 


 

 

1 600 visiteurs et plus à ce jour pour  cet article,

et  des témoignages émouvants ...

 

 

 La mémoire de ce grand Monsieur que fût Michel Scob le mérite assurément.

 

Vous qui l'avez connu, apportez vos commentaires et témoignages.

 

 

 

Utilisez donc pour ce faire la rubrique "Commentaires" située en dessous de cet article

 


04/06/2014
26 Poster un commentaire

LE CAFE-RESTAURANT "AU STAYER" : ENIGME RESOLUE !

 Il existe à Paris, au 49 Boulevard Brune, un café-restaurant nommé "Au Stayer" ... Ca, vous le savez déjà, sauf si vous lisez STAYER FR en mode diagonal-fugitif.

 

Il y a de cela deux années, nous avions lancé une bouteille à la mer sur le site, pour en savoir plus sur l'histoire de cet établissement.

 

A la suite de mon article et celui de François Bonnin consacrés à Roger Queugnet, ce dernier s'est manifesté auprès de nous, pour nous donner la clé de l'énigme :

 

DSC00693.JPG  

 

 Roger QUEUGNET, après avoir eu connaissance de notre "bouteille à la mer", vient de nous contacter.

Et il nous livre la clé du mystère :

 " Le sujet qui te tracasse, ce foutu bistro, va enfin être résolu ! Ma mère, femme ardente et travailleuse, fit, alors qu'elle était en fin de gérance d'un café à Versailles, l'achat, conditionné d'une part par le très faible prix et la situation de ce café situé à l'angle du Boulevard Extérieur, avec la perspective d'un boulevard périphérique alors en prévision. Bien évidemment, elle y avait exposé de nombreux cadres et photos ..."

 

A notre connaissance, il s'agit du seul café ou restaurant faisant référence en France au monde du demi-fond dans son enseigne.  

Si vous avez des commentaires ou des informations complémentaires, n'hésitez pas à nous en faire part ...

 

 


24/01/2017
0 Poster un commentaire

LE VELODROME DE LA CROIX DE BERNY UN PETIT TOUR ET PUIS S'EN VA

ET SI ON EVOQUAIT LES TRISTESSES ?

LE VELODROME DE LA CROIX-DE-BERNY,

QUELQUES PETITS TOURS ET PUIS S'EN VA ...

 

VELODROME LCB CARTE POSTALE_crop - Copie.jpg

 

 

Dans son premier numéro du mois d’Octobre de l’année 1937, l’hebdomadaire CYCLOSPORT, dans sa grande clairvoyance, faisait part à la famille cycliste d’une vision assez sensationnelle : «  Ce sera l’an prochain une bien belle sortie de Paris que celle de la Porte d’Orléans en direction d’Antony. Cette route merveilleusement élargie et qui sera des plus cyclable, sera une route cycliste entre toutes. Desservant déjà Buffalo et Montlhéry, elle sera encore la route qui conduira à la nouvelle piste de l’Union Sportive du Métropolitain, piste bâtie en ce remarquable parc des sports de l’U.S.M. qui, grâce à l’initiative de l’avisé Monsieur Vrolixs, va être le modèle de tous les terrains de sport »

 

Un semestre plus tard, la prophétie se réalisait, et la Nationale 20 devenait vraiment -  l’espace de trop courtes saisons - « la route du cyclisme », entre les réunions organisées aux vélodromes Buffalo à Montrouge, à celui de La Croix de Berny, et enfin les championnats de France et épreuves routières organisées sur l’autodrome de Montlhéry (cf. livre « L’Epopée du cyclisme sur l’autodrome de Linas-Montlhéry »). 

 

Le Complexe sportif dit stade de la croix de Berny, ou Union sportive métropolitaine,  édifié sur le territoire de la commune d’ Antony sur une partie de l'ancien champ de courses de la Croix Berny -  les écuries étant modifées pour y installer des vestiaires -, a été inauguré le mercredi 11 Novembre 1931, par Mr Emile Morinaud,un  sous-secrétaire d’état à l’Education Physique à la postérité pas forcément enthousiasmante, soit dit en passant.  Les terrains ont été concédés par l'admnistration préfectorale à la compagnie du Métropolitain,  

  

VEL LCB IMG_20161212_0001_crop - Copie_crop.jpg

 

Les travaux, qui avaient débuté dès 1928, consistaient en l'aménagement de terrains de football, de rugby, de basketball, de tennis, de hockey, d’aires de jeux pour les enfants, d’un gymnase et d’un stand de tir. Le chantier était  conduit  sous la direction de l’ingénieur Gaston Wrolixs, Président de l'Union Sportive du Métropolitain de Paris. Ces installations, sises au nord - est du carrefour de la Croix de Berny et  disposées en terrasse, précéderont la construction, plus au nord, des terrains de tennis, de rugby, et du stade d'athlétisme, doté d’une tribune de trois mille places, qui seront édifiés quant à eux en 1932.

 

Les équipements impressionnent par leur variété, leur ampleur et leur modernité : un gymnase convertible en salle de bal ou de conférence, des vestiaires, un club-house, une piscine extérieure, des terrains de football, rugby, hockey et tennis. En 1938, sera même édifié un fronton de pelote basque, si c’est pas de l’oeucuménisme sportif, ça ! Ne manquait plus à ce magnifique complexe ... qu’un vélodrome ! 

 

Ce sera chose faite, et les fées vont se percher sur le berceau ! En effet, ce n'est rien moins que l’architecte-référent en matière de construction de vélodrome, l’Allemand Adolphe Schurmann qui dessinera la belle cuvette.  Et il va concevoir un vélodrome construit en béton, sur le modèle de celui en bois de Vigorelli à Milan, un véritable « bijou » en somme.


Les travaux de construction du vélodrome vont débuter dès l’année 1937. L'ensemble est construit sur un plan concerté, en béton armé, avec demi-voûte en porte à faux, et toiture terrasse en béton. L’histoire de ce complexe-modèle magnifique aura finalement été menée tambour battant, et rappelle un peu en cela celle de son grand cousin situé un peu plus haut sur la route d’Orléans : l’autodrome de Montlhéry. Il faut dire que  l’Union Sportive des Métropolitains, devenu Union Sportive Métropolitaine,  n’existe que depuis dix années, tout comme sa section cycliste ! Et comme Monsieur Vrolixs est décidemment plein d'initiatives, il commande plusieurs films en 16mm du complexe, destinés à être projetés sur une énorme maquette dans le pavillon  de la Compagnie du Métro. 

 

VEL LCB MG_20161212_0002 - Copie.jpg

  

Imaginez un peu la tête des pères Goddet et Desgrange, assis sur les recettes du vélodrome du Parc des Princes et du Vel' d'Hiv',   voyant pointer le spectre d'un concurrent potentiel rogneur de recettes …  Le jeudi 19 Mai, en soirée, la presse prend connaissance avec le vélodrome, à l'occasion d'une visite privée spécialement organisée à son intention par Mr Wrolixs, accompagnés de messieurs Hendé et Ducos, vice-présidents. Là, on l'informe que le site verra l'organisation de réunions - diurnes et nocturnes - pour amateurs et indépendants (on croirait entendre Goddet et Desgrange, pousser un ouf ! de soulagement) et exceptionnellement de professionnels (et leur visage de se rembrunir). Les recettes ? Elles seront uniquement destinées  à l'amélioration du sort des enfants fréquentant le stade le jeudi et le dimanche. (moue dubitative de nos deux compères)

 

Un peu plus tard, comme par hasard, la presse commencera à se faire l'écho de "concurrence déloyale aux vélodromes de Buffalo et du Parc des Princes" de "contribuables-qui-financent- un-vélodrome-sur-lequel-on-organise-des-réunions-mettant-aux-prises-des-professionnels","Est-ce-que-c'est-pour-ça-qu'on-paie-ds-impôts-Mr Wrolixs? -30-millions-de-francs-pensez-donc-etc...etc..."

 

En attendant ces révélations pleines de bon sens civique indigné, le vélodrome  sera inauguré le 29 Mai 1938. Le quartier des coureurs est mis en service,  (trente-quatre cabines !) et les joutes cyclistes se déroulent ce jour-là, en dépit d'une météo capricieuse, à la satisfaction de tous. Les tribunes ont fait le plein, avec dix mille ( !) (selon le quotidien Ce Soir, la capacité serait de 13 000 places) curieux qui se sont pressés aux guichets : on a même refusé du monde ! La presse ne tarit pas d’éloges, complètement sous le charme de l'endroit, et n’en finit pas de s’extasier sur la pureté des lignes de ce magnifique vaisseau, qui ressemble - et pour cause - au déjà prestigieux Vigorelli de Milan. « Une des pistes les plus rapides du monde » avance un peu imprudemment « Match » qui couvre dans son édition du mardi 7 Juin 1938 la cérémonie d’inauguration. La radio Le Poste Parisien consacre une heure et demie à rendre compte de l'évènement en direct : énorme !

 

VEL LCB IMG_20161212_0001_crop_crop - Copie.jpgVEL LCB IMG_20161212_0002_crop_crop - Copie.jpg
 

Lors des épreuves organisées dans le cadre de cette cérémonie, Lucien Michard remportera l’épreuve de vitesse. Les manches de demi-fond seront interrompues par la pluie.  Lacquehay, arrêté au vingtième kilomètre et Ronsse au vingt-sixième kilomètre de leur manche respective en seront déclarés vainqueurs, Auguste Wambst remportant pour sa part le classement général devant Charles Lacquehay, le Belge Georges Ronsse, l’Allemand Schoen (en remplacement d'Erich Metze initialement prévu au programme) et notre compatriote Octave Dayen.

 

Ces cinq champions  ouvrent ce jour-là un bal des stayers dans lequel « L’Homme aux Petis-Pois » Henri Lemoine mènera plus qu’à son tour la danse. Hélas, leur ronde sur cet anneau que tous considèrent comme idéal à la pratique du demi-fond (un peu moins pour les candidats-recordmen, à cause d’un revêtement jugé trop abrasif, et d’une tendance à voir l’endroit le siège de tous les vents) ne se révèlera que bien éphémère ...

VELODROME LCB Lemoine mds 108  17 08 1943 - Copie.jpg VELODROME LCB Lemoine passe Minardi MDS 98 31 MAI 1943 - Copie.jpg
VELODROME LCB  vue générale MDS 98 31 MAI 1943 2 - Copie.jpg   VELODROME LCB 1938  MS 1024 17 AOUT 1938 TENTATIVE RECORD 100 KM RICHARD - Copie_crop.jpg
 

Les 333.33 m de la piste et ses 31 mètres seulement de ligne droite, ainsi que ses virages à 37 degrés d’inclinaison vont enchanter une décennie durant les cyclistes de ce qui est devenue l’U.S. Métro, et régaler le public banlieusard de joutes pistières souvent prestigieuses.

 

Las, cette belle histoire ne durera qu’ à peine plus d’une décennie. Car ce bel outil va être tristement délaissé au gré de réunions devenues de plus en plus erratiques à la fin des années quarante.  Et en 1994, la si belle piste est partiellement détruite, alors même que le cyclisme sur piste meurt à petit feu du manque de ... vélodromes. Inutilisable, ses vestiges fantomatiques n’en finiront pas de renvoyer des décennies durant l’image d’un formidable gâchis, avant de disparaitre tout à fait sous l'action des engins de démolition, voracité immobilière oblige.

 

VLCB LEMOINE GOUSSOT A GCHE C LARCHER ET HENRI LEMOINE - Copie.jpgHenri Lemoine, "L'Homme aux Petits Pois", le roi incontesté du vélodrome de La-Croix-de-Berny,

dont il était par ailleurs voisin.

 

Patrick Police

20 Décembre 2016

 

A SIGNATURE BOOK NLLE EDITION - Copie - Copie.jpg A SIGNATURE LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - Copie - Copie - Copie - Copie.jpg

 

NOTA : Nous invitons les visiteurs du site à nous faire part de leurs témoignages et contributions, cet article ayant vocation, vous l'aurez compris, à être complété, notamment le "chrono" ci-après. 

 


  

Les riches heures du vélodrome de la Croix de Berny 

 Prix des places : 3 à 15 francs

Metro : Croix de Berny, correspondance à Denfert-Rochereau

 

 

EPREUVES DIVERSES

 

1938

Dimanche 29 Mai : 10è anniversaire de l'U.S. Metro, présentation de toutes les équipes de l'U.S. Metro, tous sports confondus (+ de 1000 jeunes) Réunions cyclistes devant 10 000 spectateurs. Epreuve de vitesse remportée par Lucien Michard, kilomètre par Falk-Hansen (Dk); épreuve de demi-fond remportée par Auguste Wambst (classement général), la première manche de 40 km étant remportée par Charles Lacquehay (épreuve interrompue au 20ème km par la pluie) et la seconde par Georges Ronsse (épreuve interrompue au 26ème km par la pluie)

Vendredi 3 Juin : arrivée du Grand Prix Wolber et tour de piste contre la montre (épreuve réservée aux amateurs et indépendants). Etape Chaumont-Paris remportée par Boulard et Lesguillon (exaequo) ainsi que le tour c.l.m.; classement général remporté par G. Naisse.

 Grand Prix Wolber de vitesse remporté par Renaudin (V.C.L.), primes sur 3à tours par Doré et américaine sur 25 kms par Dupay-Blondeau.

Vendredi 10 Juin : Coupe de France de l'Auto : vitesse, individuelle, poursuite et américaine

Vendredi 17 Juin : Record du Monde du kilomètre en tandem par Michard/Chaillot (cf.records)

Dimanche 10 Juillet :  1km lancé remporté par Stebé (U.S.M.); Individuelle par et poursuite olympique par V.C. Levallois; Demi-Fond par Landrieux (V.C.L.) et classement général par V.C. Levallois

Dimanche 7 Août : Brassard-poursuite U.S. Metro sur 5 km, Individuelle sur 10 km, Demi-fond derrière motos commerciales en trois manches de 25, 25 et 30 kms, Américaine sur 50 km

Vendredi 12 Août : Tentative de Maurice Richard contre le record des 100 kms (cf. rubrique records)

Dimanche 21 Août : Brassard-poursuite, vitesse, Demi-fond derrière motos commerciales en trois manches de 25, 25 et 30 kms, Individuelle 10 kms, Américaine sur 1 heure et course handicap réservée aux vétérans

Dimanche 18 Septembre :  Réunion avec brassard-poursuite sur 5 km

 

 Dimanche 25 Septembre : Vitesse, Eliminations, Demi-fond derrière motos commerciales  et course handicap

 

1939

Dimanche 2 Avril : Réouverture officielle. Arrivée du Critérium amateur de Printemps, remporté par Blum, les 145 kms en 3h 21’49’’. Réunion sur piste (avec notamment Grand Prix de Demi-Fond)  annulée à cause des intempéries.

Dimanche 7 Mai : Grand Prix du Printemps (vitesse) remporté par Louis Gérardin devant Cools et Dousset; Grand Prix du Printemps (demi-fond) en deux manches, de 30 kms, l'une remportée par Arthur Sérès en 25'22"4/5 et l'autre par Michaut en 26'43": Brassard-rente Philips,  individuelle sur 10 km et Handicap

Dimanche 21 Mai : Réunion amateurs et indépendants

Dimanche 11 Juin : arrivée du Grand Prix Wolber en 5 étapes, cinquième étape Chaumont-Paris remportée par André Giraut (ACBB) ; victoire au classement général de Victor Codron

Dimanche 18 Juin  : victoire en poursuite de Louis Aimar sur Frans Slaats (P-B) [1 km c.l.m., poursuite sur 5 km et 20 km derrière derny], et de Louis Minardi au 100 kms derrière moto

Dimanche 25 Septembre : réunion (amateurs et indépendants) annulée pour cause intempéries

 

 

1941

Dimanche 20 Avril : Brassard poursuite  Benizzi remporté par Lebeau qui rejoint Mion après 3.3 km; match omnium international remporté par la paire Laurent/Rossi;  Prix Saunier américaine amateurs de 25 km remporé par Aubry-Madoire; Grand Prix d'Ouverture de demi-fond remporté par Henri Lemoine (30 km en 26'40"2/5) et Auguste Meulemant (50km en 42'58"4/5). Classement général : 1er Henri Lemoine

Dimanche 4 Mai : tournoi de demi-fond

Mardi 6 Mai : Match de vitesse professionnels remporté par Renaudin; Match omniuù par l'équipe Laurent/Mithouard; 2ème série des championnat de France de demi-fond, remportée par Louis Chaillot

Dimanche 20 Juillet : série éliminatoire du championnat de France de demi-fond (2 coureurs qualifiés pour la finale); 1ère manche remportée par Henri Lemoine , les 100 kms en 1h 34'24" et la seconde par Jean Maréchal, les 100 kms en 1h 28'49"4/5

Vendredi 25 Juillet : arrivée de la 3è étape de Paris-Melun-Milly- Paris  du Trophée Peugeot, épreuve en cinq étapes  remplaçant le Grand Prix Wolber. Victoire de Robert Panier de l’A.C.B.B. Vainqueur du classement général : Joseph Alvarez (A.C.B.B.)

Vendredi 15 Août 1941 : Grand Prix de l’U.V.F. : victoires en vitesse de Gérardin devant Noblet chez les pros  et de Dupouy devant Iacoponelli et Moutais (déclassé) chez les amateurs ; en demi-fond victoire d’Henri Lemoine (69.580 km dans l'heure) devant Meuleman, Maréchal, Chocque et Lesueur

Dimanche 31 Août : Américaine sur 100 km

Dimanche 21 Septembre : Américaine

 

1942

…. .. Avril : réouverture : Prix Dupré : victoire de Senfftleben devant Degélas et Gérardin en vitesse ; victoire d’Henri Lemoine en demi-fond

Dimanche 26 Avril : Omnium remporté par Breuskin: épreuve de demi-fond par Henri Lemoine

 …. .. ….   Arrivée du Grand Prix de l’Ile-de-France (en remplacement de Paris-Caen), remporté par Albert Goutal

Dimanche 31 Mai  : Grand prix de l’AP.S.A.P. (départ et arrivée sur le vélodrome); réunion amateur vitesse, handicap, brassard-poursuite et courses de primes

Jeudi 2 Juin : arrivée du Prix Wolber

Dimanche 21 Juin : 2è tour de qualification de la 3è siérie du championnat de France de demi-fond remportée par Louis Chaillot

…. ..  Juillet : victoire d’Henri Lemoine et victoire de Louis Chaillot devant Marcel Guimbretière

Dimanche 2 Août : Américaine remportée par l'équipe Ragot - Hitch de l'U.S. Metro

 

1943

Dimanche 18 Avril : Réouverture du vélodrome : victoire de Louis Chaillot au classement général de l’épreuve de demi-fond - Prix Charles Lacquehay - et dans les deux manches devant Lemoine, Terreau, Georges Sérès, Jaminet et Maréchal (2 manches de 15 et 20 km) - selon autres sources, Henri Lemoine vainqueur de la seconde manche.

Dimanche 9 Mai : seconde série des championnats de France de demi-fond sur 100 km

Lundi 14 Juin : fête plurisport organisée par Le Petit Parisien ; épreuve de vitesse remportée par Schérens et Gérardin ex-aequo

Dimanche 20 Juin : avant-dernière manche qualificative du 3ème tour du championnat de France de demi-fond ; victoire de Paul Chocque, les 100 kms en 1h 32’56’’ devant Raoul Lesueur à 9 t

Dimanche 15 Août : victoire d’Henri Lemoine dans les deux manches de 40 kms du Prix Paul Guignard, victoire de Gérardin en vitesse dans le Prix Lucien Michard et de Lionel Talle dans le Prix Barthelemy (Omnium)

Dimanche 19 Septembre : Coupe des constructeurs, organisée par Le Cri du Peuple. Américaine de 100 kms remportée par l’équipe Métropole (Deforge, Laurent, Level et Thiétard) : en vitesse, victoire de Paul Maye et Louis Gérardin (prof) d'Etienne (Am.) et de Cautenet dans le handicap

Dimanche 3 Octobre : réunion de fermeture ; Grand Prix de demi-fond de la F.F.C., victoire d’Henri Lemoine 69.915 km dans l’heure devant Meuleman à 40 m et Ernest Terreau à 70 m

 

1944

Lundi 1er Mai :  2è série des qualifications pour le championnat de France de demi-fond, remportée par Louis Chaillot

Dimanche 7 Mai : 14è Critérium des Aiglons, arrivée de la troisième épreuve Vernon-Vélodrome La Croix de Berny + épreuve de demi-fond

Dimanche 4 Juin : 6 heures à l'américaine

Dimanche 18 Juin : repêchage   championnat de France de demi-fond, remporté par Jean-Jacques Lamboley + Omnium en 4 Manches

Dimanche 15 Août : championnat de France de poursuite professionnel (non organisé)

 

1945

Dimanche 3 Juin : Journée Léo Lagrange - Prix du "Populaire" - Omnium pro. par équipes (vitesse, poursuite, km lancé, individuelle)

Samedi 23 Juin : Match de boxe Cerdan - Tenet

 

1946

 

1947

Dimanche 20 Avril : 2ème série championnat de France de demi-fond, remportée par Amédée Fournier,  et qualification remportée par Henri Lemoine

 

1948 

Dimanche 4 Avril : 1ère série qualification pour le championnat de France de demi-fond remportée par Guy Solente et seconde série par Robert Rodriguez

Dimanche 9 Mai : 5ème  série qualification pour le championnat de France de demi-fond remportée par Georges Sérès

 

1949

Dimanche 10 Avril : 1er tour des qualifications pour le championnat de France de demi-fond 1ère série remportée par Amédée Fournier

 

  


 

RECORDS 

 

Vendredi 17 Juin 1938 : record du Monde du kilomètre en tandem par Michard / Chaillo en 59"3/5 (60.402 km/h de moyenne)

Vendredi 12 Août 1938 : record du monde des 60 km en 1h 26’45’’ et 70 km en 1 h 42’34’’35 par Maurice RICHARD 

Samedi 1er Octobre 1938 : record du monde de l’heure pour Jeanine ZUSCHMITT avec 35,670 km

(ancien record Me Modire avec 35 km 147) 

Jeudi 1er Septembre 1938 : record du Monde des 100 kms par Jean MALAVAL en 2h 27'25"1/5

 

 

VELODROME LCB RH ZULSCHMIDT MDS 1031 4 OCT 1938 - Copie.jpg

 

 Records locaux :

- 500m : Breuskin en 29''3/5

- 1 km : Guy Lapébie en 1'6''1/5


Sources :

Photos et documentation François Bonnin

Photo et textes  Patrick Police - Photo Claude Larcher -

Presse : Miroir des Sports, Match, Cyclosport, L'Humanité, L'Ouest Eclair, le Génie Civil, le Matin, Le Temps, La Croix, Le Petit Parisien, l'Humanité, Le Populaire, Le Petit Parisien; Livre "Magic City" de René Lucot.

Site internet ville Antony

Contributions : Dominique Turgis

 

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 

 

 

Patrick Police 

20 Décembre 2016

 

A SIGNATURE BOOK NLLE EDITION - Copie - Copie.jpg A SIGNATURE LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - Copie - Copie - Copie - Copie.jpg

 


21/12/2016
4 Poster un commentaire

L'EURO 53 : 63 ANS APRES, LE RETOUR DU CHAMPIONNAT D'EUROPE EN FRANCE

L’« EURO » de Demi-Fond en France 1953 -2016  

 Soixante-trois ans d’attente 

 

QUEUGNET  Roger HOLTZMANN Collection Etienne HAREL - Copie_crop - Copie_crop.jpg

 

 

Pour la première  fois depuis les championnats du monde 1989, la France accueille une épreuve officielle internationale avec entraînement motorisé,  l’occasion pour nous d’évoquer le critérium européen d’hiver 1953 disputé au Vel d’Hiv parisien, dernier championnat  continental (officieux) organisé dans l’hexagone. 

 

Ce rapprochement peut paraître audacieux dans la mesure où le championnat d’Europe dans sa version actuelle a été institué en 1995, après le retrait de  la spécialité du programme des championnats du monde. Cependant  les compétitions labellisées championnat ou critérium d’Europe s’inscrivent dans une chronologie historique (souvent méconnue) bien plus ancienne. 

Sans remonter à première époque (1896-1920) sous l’égide de la fédération cycliste allemande qui en assura la majorité des organisations, c’est en 1948, à l’initiative de l’association des directeurs de vélodromes d’hiver, que furent réinstaurées des compétitions européennes en demi-fond (entre autres disciplines de la piste : vitesse, américaine, omnium).  

 

Le  titre de champion d’Europe d’hiver (pour l’ensemble de ces mêmes épreuves), sera reconnu à dater  de la saison 1971-72, à la suite des réunions du  comité directeur de l’U.C.I. tenues  à Apeldoorn le 27 février 1971 puis à Varèse le 22 août 1971.Le rendez-vous hivernal du demi-fond européen se perpétua  jusqu’en 1991 et la série actuelle, rétablie en 1995 en est donc l’héritière.  

 

Le  Suisse Jacques Besson, entrainé par Georges Groslimund  inaugura le palmarès, à Zurich, le 2 janvier 1949 en enlevant la quatrième et dernière épreuve d’une compétition disputée par addition de points. 

Lui succédèrent , Raul Lesueur, derrière la moto de Maurice Jubi, en 1950 à Anvers, lauréat d’une finale directe entre les cinq champions nationaux (Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Suisse)  et  après une interruption en 1951, le  Belge Adolphe Verschueren, associé à Maurice Ville, révélation de la saison 1951-52, en prélude à son premier sacre mondial de l’été. 

 

Et nous en arrivons à l’organisation 1953 confiée pour la première (et unique) fois à la France sur la piste du Palais des Sports de Grenelle. Le système de qualification pour la finale  accorda cette année-là trois places sur invitation aux coureurs étrangers, les champions nationaux Verschueren (Belgique) , également champion du monde et détenteur du trophée européen, Martino (Italie) et Besson (Suisse) et deux places pour le pays hôte attribuées au champion national d’hiver et au vainqueur  d’une course nationale qualificative. 

 

 

Souvent malchanceux au championnat de France, Roger Queugnet s’adjugeait le titre de champion d’hiver, le 7 décembre 1952 s’imposant devant Lemoine. Ainsi lui revenait en premier l’honneur de représenter les couleurs françaises pour le critérium d’Europe.  Puis, ce  fut l’éliminatoire française courue sur la distance de 50 kilomètres une semaine avant la finale, où, contre  toute attente, le duel annoncé  entre Godeau et Lemoine tourna court. Godeau, impérial malgré le handicap d’une épaule mal remise, ne permit jamais à son adversaire d’user de sa tactique favorite du « barrage » consistant à se laisser glisser en dernière position pour ensuite s’efforcer de faire décoller le leader. Le champion de France, pris de vitesse à son propre jeu se faisait doubler, et laissait Godeau filer vers la qualification en  dépit de la vaine opposition de Le Strat , Chardon et Solente, autres protagonistes de cette manche nationale.  

 

La finale, en cette soirée dominicale du 1er février 1953, devait  régaler le public parisien, le trio Verschueren-Godeau-Queugnet se livrant une lutte sans répit pour la conquête du  titre,  d’une  intensité rarement atteinte pour une ronde de 100 kilomètres. 

Verschueren , qui ne disposait pas de sa meilleure forme prit le contrôle au départ et produisit le maximum d’efforts pour contrer les multiples attaques de Godeau et Queugnet,  avant de s’incliner à la mi-course. Godeau passait alors en tête et semblait se diriger vers la victoire  finale, maîtrisant avec brio les contre-accélérations de Queugnet, tandis que Verschueren , éprouvé, perdait un tour et que Martino et Besson étaient hors des débats.  Le coureur suisse ne se signalait guère que par la course de barrage imposée par  Guérin à l’encontre de Maurice Ville, témoignant d’un contentieux de mauvais aloi entre entraîneurs. 

Malgré la facilité de Godeau,  Lavalade commit l’erreur de temporiser, laissant son coureur sous la menace de Queugnet et de ce  fait,  la réaction de Verschueren , amorcée après les 80 kilomètres allait anéantir les espoirs de « Popeye ». 

En effet , sur le point de de perdre un second tour, Verschueren, ressaisi,  imposait une épreuve de force à l’issue de laquelle Godeau, en perte d’équilibre en haut de la piste, frôlant la chute, décollait du rouleau.  Queugnet  surgissait  alors en tête pour la  première fois, et dès lors s’engageait dans une trajectoire triomphale, tracée avec intelligence par Auguste Wambst, pace-maker clairvoyant . 

Cependant, Verschueren ne  renonçait pas et poursuivant sa remontée; il reprenait le tour perdu  aux deux Français, pour  une fin de course splendide à la faveur de laquelle il soufflait la seconde place à un Godeau découragé, et revenait même dans le sillage du leader. Le dernier mot  restait malgré tout à Queugnet qui voyait ses efforts et son énergie récompensés de l’écharpe U.C.I.  venant après  la tricolore; il était décidemment  le stayer en forme de cette saison d’hiver. 

 

QUEUGNET  R  photo JM Le tailleur JML.jpg

 

Avant lui, parmi les gloires françaises du Demi-Fond,  trois coureurs,  s’étaient parés du titre européen à l’époque héroïque : Lucien Lesna (1896, 1898) ; Paul Guignard (1905, 1906, 1909, 1912) et Georges Sérès (1920) ; sans oublier bien sûr Raoul Lesueur (1950), déjà cité au titre des vélodromes d’hiver. 

 

Roger Queugnet était bien leur digne successeur et il demeure à ce jour le dernier stayer  Français titulaire de cette distinction qui n’était alors que semi-officielle.  

 

Ces lignes sont écrites à quelques semaines du grand  rendez-vous des premiers championnats d’Europe de cyclisme sur piste Elite au Vélodrome National de Saint-Quentin en Yvelines où les spécialistes du demi-fond retrouveront enfin les honneurs de figurer au programme  parmi toutes les disciplines de la piste. Et tout en souhaitant bonne chance, dans le meilleur esprit sportif, aux représentants de  nos voisins Européens, gageons que nos sélectionnés auront eu à cœur de se distinguer en cette soirée du 19 octobre, soixante-trois ans après la dernière organisation continentale du demi-fond sur un vélodrome français en s’inspirant peut-être de Roger Queugnet, leur dernier compatriote sacré champion d’Europe en cette circonstance. 

 

Ils confirmeraient  alors l’excellente  impression  produite sur la piste du vélodrome de Bordeaux-Lac lors de la toute  récente  finale du championnat  de France, qui a pleinement justifié le retour du demi-fond dans le giron des championnats élites sur piste.   

 

François BONNIN, pour STAYER FR

Photos Stayer Fr et J-M Letailleur

 

 

CRITERIUM D’EUROPE D’HIVER DE DEMI-FOND   1952-1953

 

ORGANISATION :   Association des Vélodromes d’hiver Européens  

Dotation : Au   1° :  50 000 francs -  Au 2° : 30 000 francs  -3° : 20 000   francs 

 

Sont qualifiés pour   la finale :  

Adolphe   Verschueren          Vainqueur   Critérium d’Europe 1952 - Dortmund (02/03 /1952) - (Entraineur : Maurice   Ville)   

                                             Champion   de Belgique - 1952 - Liège – Rocourt  (15/06/52)           "                   "       

                                             Champion   du Monde 1952  - Paris Parc des Princes (F.S.C Luxembourg)     "                   "       

Guiseppe   Martino                 Champion   d’Italie 1952  - Ferrara (14/09/52)    (Entraineur : Emile Van   Den Bosch)   

Jacques   Besson                   Champion   de Suisse 1952 -  (12/05/52)

Roger Queugnet                     Champion National d’hiver 1952-53 Paris - Vel d’Hiv (7/12/52) -  (Entraineur : Auguste  Wambst)    

Et le vainqueur de   l’épreuve qualificative réservée aux coureurs français. 

 

 

EPREUVE QUALIFICATIVE (Course   nationale)  - Paris Vélodrome d'hiver - Dimanche 25  janvier    1953 

 

1- (04) Roger Godeau  

Daniel   Lavalade 

 

50 km en 43'24"2/5 

2- (03) Ange Le Strat  

Adolphe   Laval 

 

à 120 m 

3- (05) Guy Solente 

Alexis   Blanc-Garin 

 

à 200 m 

4 -(02) Henri Lemoine 

Arthur   Pasquier 

 

à 1 tour 50 m 

5-(01) Roger Chardon  

Auguste   Wambst 

 

à 1 tour 125 m 

Ordre   des départs : Chardon, Lemoine, Le Strat, Godeau et Solente. Godeau remonte progressivement  vers la première place, et met   rapidement en échec la tentative de Lemoine de « faire le mur »  en le   doublant au trentième  kilomètre,  sans lui laisser le temps de se placer en   position d’arrêt. Installé comme leader, Godeau consolide sa position,    en  jugulant les multiples attaques de Le Strat et Chardon, ce   dernier occupant encore le second rang à dix tours de la fin. Solente joue alors sa   carte sur la fin de course sans toutefois réussir à menacer Godeau qui se   qualifie pour la grande finale européenne du dimanche suivant.   

 

 

FINALE  - Paris Vélodrome   d'hiver - Dimanche 1 février   1953        

  

NOTA   L’édition de L’EQUIPE du samedi 31 janvier indique Van Den Bosch comme   entraîneur de Martino et non Blanc-Garin comme mentionné sur le programme de   la réunion .  

1-(04) Roger Queugnet 

Auguste   Wambst 

FRANCE 

100 km en 1h 30' 

2-(02) Adolphe   Verschueren  

Maurice   Ville (FRA.) 

BELGIQUE 

à    70 m 

3-(01)  Roger Godeau  

Daniel   Lavalade 

FRANCE 

à  150 m 

4-(05) Guiseppe Martino  

Emile Van Den Bosch(BELG.) 

ITALIE 

à   3 tours 

NC- (03) Jacques   Besson 

Maurice   Guérin (FRA.) 

SUISSE 

Abandon 

La course : Godeau,   Verschueren, Besson, Queugnet  et Martino s’élancent selon l’ordre de départ fixé,  et,   dès la prise des entraîneurs, le duel s’engage entre  Godeau et   Verschueren, qui s’empare  du commandement. Le champion du monde subit   alors les attaques répétées de Godeau, puis à partir du trentième  kilomètre, de Queugnet. Eprouvé par les assauts des deux Français et aussi par la résistance de   Martino et surtout de Besson qu’il peine à doubler, en raison de   l’antagonisme entre les entraîneurs Guérin et Ville,  le Belge finit par   céder la première position à Godeau, suivi de Queugnet, à   la mi-course. Martino et Besson sont alors irrémédiablement distancés et la   course se réduit à une lutte à trois. Au soixantième kilomètre, Verschueren concède   un  tour  et Godeau, pédalant allègrement, repousse avec aisance   les tentatives  de débordement de Queugnet.   Mais mis en échec par la résistance que lui oppose, contre  toute   attente, Verschueren sur le point d’être à nouveau doublé, et placé en   difficulté le long des balustrades, Godeau décolle soudainement et Queugnet   toujours en embuscade, lui ravit la première  place. Cette action   décisive se situe à 36 tours de la fin et à partir de là Queugnet   mène avec détermination,  tandis que Godeau, démoralisé  perd  le contact. Par contre,   Verschueren poursuit sa remontée, se dédouble sur les deux tricolores, et   effectue une fin de course haletante, s’adjugeant la seconde place aux   dépens de Godeau, et venant même  inquiéter Queugnet,   malgré tout hors d’atteinte pour la victoire  finale. 

 

Principales Sources consultées : Le quotidien L’EQUIPE, l’hebdomadaire MIROIR-SPRINT, LE MONDE CYCLISTE, organe de l’UCI ,  les programmes du Vel d’Hiv des dimanche 25 janvier et 1 février 1953. 

 

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 


17/10/2016
0 Poster un commentaire

IL A ETE UNE STAR DU CYCLO-CROSS : AUBERT WINSINGUES, LE PETER SAGAN DES SOUS-BOIS DANS LES ANNEES TRENTE

En cette période propice au cyclisme dans les labourés comme on ne dit plus, et compte-tenu du prochain cyclo-cross organisé ce dimanche à Lignières, je ne résiste pas au plaisir de remettre en ligne deux des articles les plus émouvants que j'ai eu à travailler pour notre site internet : ceux relatifs au champion roubaisien Aubert Winsingues, une sorte de Peter Sagan des sous-bois, dont la mort tragique a bouleversé en son temps le cyclisme nordiste et le cyclisme tout court ...

 

Le premier est un article de présentation de mon livre "L'épopée du cyclisme sur l'autodrome de Linas-Montlhéry"

Le second a été publié il y a quelques années de cela dans la version précédente de ce site, "Les Fondus du demi-fond"

 

Votre lecture et vos éventuels commentaires seront comme un hommage à ce fameux bonhomme ...

 


 

 

Aubert WINSINGUES … C'est un ange qui est passé sur l’autodrome ...

 

 

 

 

18.jpg  AW 18_crop.jpg

 

 

Il est d’une adresse diabolique, adresse qu’il a pris l’habitude de peaufiner en défiant les lois de l’équilibre au gré des rails de tramway de l’agglomération Lilloise …. Dans son terroir nordiste, et même jusqu'en Belgique, la réputation de ce Roubaisien souple et racé n’est plus à faire … Il est bon routier, excellent pistard, cyclo - crossman supérieur.

 

Dès l’hiver 1931, il intrigue les observateurs parisiens, en remportant le championnat de France Interclubs de cyclo-cross sur le circuit cyclo-pédestre de l’autodrome de Linas-Montlhéry. Il  n’est donc plus tout à fait un inconnu pour le public parisien lorsque le 7  février 1932, il étrille le gratin européen du cyclo-cross lors du Critérium International cyclo - pédestre. A cette occasion, il chavire les foules et les chroniqueurs parisiens en étant le seul à franchir le redoutable  « Trou du Diable » à bicyclette. L’image passera à la postérité.   

 

21 AW 21 - Copie_crop.jpg

         

Quinze jours plus tard, il  réussit sur le circuit de l’autodrome, entre le virage du Gendarme  et le raccordement de Bailleau un nouveau hold-up sur le championnat de France Interclubs, avec ses camarades des Halles Sportives Lilloises. Une autre quinzaine de jours plus tard, Aubert Winsingues pousse dans ses derniers retranchements le superman de la spécialité, «  Le crocodile » Camille Foucaux, dans un homérique championnat de France disputé en Forêt de Fontainebleau. Oui, en cette année 1932, Aubert Winsingues est entré « dans la cour des grands ». Il va d’ailleurs étalonner et monnayer son talent sur épreuves nationales sur route et au gré des contrats sur piste auxquels sa renommée grandissante l’amène à prétendre.

  

MIROIR SPORTS 24 02 1931   A MONTHLERYNumériser0007 - Copie_crop.jpg

 

 Le dimanche 29 Mai, il n’est pas dans sa meilleure forme pour disputer le « Grand Prix des Comingmen » à Marcq-en-Bareuil, une épreuve derrière motocyclette. Sur l’anneau du Croisé Laroche, les manches se succèdent en carrousel vrombissant de cuir et d’acier. On tourne à quatre-vingt-kilomètres à l’heure, et davantage, dans le sillage des motos. C’est  la dernière manche. Aubert, l’enfant du pays,  se doit d’aller chercher la victoire pour son public. Il reste dix tours à accomplir.

 

6.jpg  AW 6.jpg

Un document : quelques minutes avant l'accident qui devait lui coûter la vie ...

 

Allez, il faut se faire à nouveau violence … Hurler à l’entraîneur à moto de monter en tours dans l’infernal tourniquet … Et malgré la lassitude, assurer le spectacle, en bon ouvrier … Accélérer, à s’en brouiller la vue, pour arriver à la hauteur de Marchetta et Bonney  au coude-à-coude.  Soudain,   Bonney  part en zig-zag,  après que la  formidable détonation d’un boyau qui éclate ait retenti. Il percute  Marchetta,   les entraîneurs à motos  chutant à leur tour …  Vite, Aubert doit, en une fraction de seconde, trouver le trou de souris à travers lequel il pourra s’infiltrer et éviter ainsi l’horrible choc. Il reste  un tout petit passage, en haut du virage … mais  étroit …  si étroit …  

A près de quatre-vingt-kilomètres à l’heure, Aubert Winsingues   percute, dans un vacarme épouvantable, la balustrade du virage …   

Emmené à l’hôpital de Lille Saint Sauveur. Il y arrive dans un état pitoyable : fractures du crâne et de l’épaule. Double Fracture de la mâchoire.  Aubert, l'archange du cyclo-cross, s’éteindra le mardi 31 Mai 1932.   Il n’enchantera plus de ses prouesses le circuit cyclo-pédestre de l’autodrome.  A vingt - six ans, il laisse  une veuve, un orphelin, et un cyclisme nordiste en deuil.

 

 

Ce texte a été réalisé pour la présentation du livre : L'épopée du cyclisme sur l'autodrome de Linas-Montlhéry

A LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - 50.jpg

 

 


 

 

MATCH 15 03 1932 quelle magnifique photo.jpg

 

 Ainsi que je vous l'ai annoncé dans l'éditorial, je tenais à ce que ce portrait d'Aubert WINSINGUES figure dans cette "édition de la renaissance". Plusieurs raisons à celà ! La première, ce fut le choc que constitua pour moi la découverte de l'existence de ce coureur, en parcourant le superbe ouvrage de Pascal SERGENT "Le Cyclisme Nordiste". Le charisme qui se dégage de la physionomie du coureur nordiste, l'aura des photos prises en course, la superbe de sa trajectoire, la tragédie qui la conclut, tout était réuni pour m'impressionner durablement ... Je vais tâcher de vous faire partager cette sensation. 

  

Aubert WINSINGUES est né le 24 Juillet 1906 à ROUBAIX. Il est le dernier d'une fratrie de huit enfants. Il va résider sa vie durant dans sa bonne ville de ROUBAIX, rue de Lille, au cour Tanchou,  lieu dit "Octroi de Roubaix". Marié à Jeanne BREYNE, ils auront un seul enfant, un fils, Roger, qui verra le jour le 12 Juillet 1929. " Faciès aimable mais sérieux. Des yeux intelligents, un corps d'athlète aux lignes pures ... Attentif, il avait, tout de suite, discerné sa voie. Travailleur, il avait conçu le plan des laborieux à l'esprit subtil. Coureur cycliste ? Sans doute, mais la carrière est encombrée et il voulait sortir, s'imposer, s'affirmer. Le cross cyclo-pédestre l'attira ... Il se mit au travail avec assiduité, son sérieux et son application portèrent rapidement leurs fruits ... "  Ainsi la presse de l'époque dépeint elle notre homme, qui, plombier de son métier, récoltera durant sa trop brève carrière près  de 200 victoires sur route.

 

Il cultive une adresse hors du commun en s'entrainant à courir sur les rails du tramway, sous les yeux admiratifs des Roubaisiens !  Excellent routier, très bon pistard, il est, comme beaucoup de ses pairs de l'époque, un touche-à-tout du cyclisme. En 1928, il se signale  en animant une échappée dans le Circuit Franco-Belge, où il donne des sueurs froides aux pros. En BELGIQUE, il est déjà considéré  comme un sérieux "comingmen", un futur bon ... Et quand il se mettra à écumer les régionales de cyclo-cross, ses performances dans cette spécialité lors de la saison 1929  vont attirer l'attention des connaisseurs. 

 

10.jpg AW 10.jpg

  

La presse sportive nationale de l'époque, dès lors avisée, salue sa performance, lorsqu'il prend en Mars 1930 la troisième place du championnat de FRANCE de cross cyclo-pédestre,  derrière un autre Nordiste, son camarade Henri DECONINCK et l'intouchable Camille FOUCAUX. Elle indique que, avec une paire de coureurs pareils, le Nord apporte là deux hommes "d'excellente classe".

 

1931 sera la saison de la confirmation : le 24 Février,  il franchit le premier la ligne du championnat de France Inter Clubs  couru à MONTHLERY devant ... Henri DECONINCK. Succès pour leur club, les Halles Sportives Lilloises ...  Il termine ensuite 5ème du Championnat de FRANCE individuel. 

 

Et en 1932, il "explose" aux yeux du grand public :  il "bisse" aux interclubs, toujours devant son compère Henri DECONINCK.

Le Nord dispose désormais d'un sacré "carré d'as" : derrière WINSINGUES et DECONINCK, arrivent en effet deux "clients" : le Lillois André VANDERDONCKT (qui deviendra champion de FRANCE de cross cyclo-pédestre en 1933) et le lensois Charles VAAST, champion de FRANCE en 1934 de cette même spécialité et "Champion du Monde" 1939. Quelle extraordinaire génération !

 

Sa prestation du championnat de France interclubs a tant impressionné, qu'il est annoncé comme favori du Critérium International Cyclo-Pédestre ( qui constituait alors l'officieux championnat du Monde de la discipline) Et, le 7 Février 1932, Aubert WINSINGUES va définitivement forcer les portes de la gloire, et de quelle manière ! Il remporte en effet l'épreuve  en surclassement : départ à bloc en tête, descente  du fameux "Trou du Diable" à vélo (le seul à pouvoir réaliser cette prouesse), et pour finir, "explosion" du record de l'épreuve dans le temps de 44'42" ...       

            14.jpg AW 14.jpg
           

Ses concurrents sont abasourdis - les Belges et les Luxembourgeois surtout -, qui doivent se contenter des accessits. Aubert a même réussi à impressionner le maître de la spécialité, Camille FOUCAUX. La presse de l'époque décrit Aubert WINSINGUES comme un coureur "nerveux", "souple", "résistant", "adroit", un "véritable acrobate".   

 

Au championnat de FRANCE, disputé à FONTAINEBLEAU le 13 Mars 1932, il ne peut pourtant rien contre un Camille FOUCAUX assoiffé de revanche, mais non sans avoir emballé la course, l'avoir animée par des attaques répétées, et c'est seulement dans l'ascension finale de la côte pavée qui mène de La Table du Roi à la Table du Grand Maître, qu'il cède au terme d'une lutte farouche avec "le crocodile" FOUCAUX. Ce "combat des chefs" a enthousiasmé le public et la presse. 

 

MATCH 15 03 1932.jpg

                            Ici à Fontainebleau lors du championnat de france derrière Camille FOUCAUX, il ajuste sa casquette

  

On le reconnaît dès lors comme un véritable espoir, et on lui prête en ce mois de Mars 1932  l'intention de s'aligner dans les grandes classiques réservées aux Indépendants : Paris-Evreux, Paris-Rouen, Paris-Reims ...

  

Par ailleurs, aux côtés des pros et au sein de l'équipe LUTETIA - WOLBER, avec notamment le champion nordiste Albert BARTHELEMY et de ... Henri DECONINCK, il participe au Critérium National, le premier du nom, puis à PARIS-ROUBAIX, où il récolte une belle "gamelle" qui lui vaudra les honneurs de la presse sportive.

  

L'avenir  s'annonce riche en promesses pour lui lorsqu'un évènement va bouleverser le cours de son existence.  En Mars 1932, est inauguré le vélodrome du Croisé-Laroche. Situé sur le territoire de MARCQ-EN-BAREUIL, à proximité de la capitale des FLANDRES, il est  l'outil espéré par tous les amateurs de cyclisme de l'agglomération de LILLE, ROUBAIX et TOURCOING. 

Aubert est l'un des premiers assidus à l'entrainement sur ce nouvel anneau. Henri WALLIEZ, ancien sprinter et directeur du Vélodrome du Croisé-Laroche  et le coureur Maurice BOUCHER, qui  regardent Aubert tourner sur la piste, vont être les instruments du destin.  Leur raisonnement est le suivant : le cyclisme sur route et sur piste est encombré, pas le demi-fond. Il faut, pour courir derrière motos, des qualités physiques, du sang froid, de l'intelligence, toutes qualités qui sont l'apanage d'Aubert.  Ainsi, Aubert WINSINGUES  va t-il être aiguillé sur cette voie dans laquelle il doit normalement briller, compte tenu de ses possibilités.  Le Dimanche 29 Mai 1932, son nom figure à l'affiche du "Grand Prix des Comingmen", où il doit affronter le Parisien Maurice BONNEY et l'Italien MARCHETTA.

  

La veille, il confie à un ami qu'il se sent en méforme et qu'il préfèrerait ne pas s'aligner au départ. Mais pour ne pas contrarier le Directeur du vélodrome, Henri WALLIEZ, il n'en fait rien paraître. Il va remporter la première manche, terminer second dans la deuxième, mais dix tours avant la fin de la  troisième, Aubert produit son effort et vient à la hauteur de BONNEY au moment où celui-ci passe MARCHETTA, dans la sortie du virage de la ligne d'arrivée. A ce moment, BONNEY crève, casse sa roue et, en culbutant, renverse MARCHETTA.  WINSINGUES en troisième position, tente de passer, mais heurte les balustrades.  Les trois entraineurs tombent également et une des motos vient faucher l'attirail du marqueur de tours.  Immédiatement, les trois coureurs sont amenés à l'infirmerie du vélodrome. BONNEY, qui a eu l'arcade sourcilière gauche ouverte, et MARCHETTA, victime de quelques brûlures sans gravité, se tirent bien de l'affaire, et repartent le soir même pour PARIS. Aubert lui est transporté à l'Hopital de LILLE Saint Sauveur, où il ne reprend pas connaissance.  Il  souffre d'une double  fracture à la mâchoire, de fractures du crâne et de l'épaule droite. Il est radiographié le lundi matin. Après avoir recouvré un court instant connaissance, juste le  temps de reconnaitre  sa femme et son fils Roger, il sombre dans le coma. L'opération du trepan n'est pas tentée par le Professeur LAMBRET.  

  

Aubert WINSINGUES meurt le Mardi 31 Mai 1932. Le NORD et la FRANCE ont perdu un coureur de classe, si  attachant et  plein de promesses.  

C'est une véritable foule qui l'accompagnera le vendredi 3 Juin 1932,  de l'église du Saint-Sépulcre à ROUBAIX jusqu' à sa dernière demeure, au cimetière Municipal. Le deuxième convoi prévu pour recueillir les fleurs et plaques n'est pas suffisant pour recevoir tous les témoignages apportés ce jour-là.

 

28.jpg  AW 28.jpg

 

Camille FOUCAUX, son adversaire valeureux, est venu spécialement de la région parisienne lui rendre un dernier hommage. Et bien sûr ses camarades Nordistes VAAST, VANDERDONCKT, DECONINCK, LENGAGNE,  BOUCHER suivent le convoi funèbre au milieu d'une foule respectueuse et recueillie ... Un ange est passé, qui n'aura même pas pu goûter son temps de gloire  ...

 

 

N'essayez pas aujourd'hui de retrouver l'emplacement de sa tombe. La concession en est  expirée. Il ne reste d' Aubert WINSINGUES que ces quelques émouvantes photos, témoins d'une existence trop brève et si tragiquement achevée.

 

Alors, ne gardons que le souvenir de ce coureur attachant, si plein de mordant et d'adresse, qui dévalait avec une habileté étourdissante le "Trou du Diable", et méditons, en nous attardant sur l'expression de ce visage plein d'intelligence et de mélancolie, sur l'injustice du sort, qui nous a privé trop tôt d'Aubert WINSINGUES, mort à l'aube de sa vingt-sixième année, en accomplissant son métier de coureur cycliste,  laissant après lui pour affronter l'existence une veuve et un fils de trois ans qui n'aura pas eu le temps de connaitre  son père ...

 

 100_0752 ENVOI DEC 06_crop.jpg

Pour l'éternité cycliste, ce portrait, réalisé après sa disparition, des médailles et le glorieux maillot du Critérium International ...

 

Epilogue : Ce jour tragique de Mai 1932, son camarade Henri DECONINCK l'avait remplacé sur un contrat qu'Aubert lui avait demandé d'honorer à sa place ... Cette même année, quelques mois plus tard, Henri DECONINCK, l'autre grand espoir du cyclisme nordiste, télescope en course durant le Circuit de l' OUEST une voiture . Soigné à l'hôpital de BREST, il en ressort estropié. Le palmarès de cet autre grand espoir s'arrêtera à l'année 1932, lui aussi ...

 

 


 

 

  

Je remercie tout spécialement Mr Philippe WINSINGUES son petit-fils, qui m'a ouvert largement l'album de photos familial.

Je remercie aussi  Bernard  DECONINCK, le fils du camarade d'Aubert, le champion nordiste Henri DECONINCK; Pascal SERGENT, pour avoir écrit  l'ouvrage qui a été le point de départ de ce sujet;  Etienne HAREL, qui a été un intermédiaire essentiel   ...

 

BOOK COUV - Copie 30.jpg

 

        

 A SIGNATURE LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - Copie - Copie - Copie - Copie.jpg

                     

 

 

 

 

 

 

 

 


14/01/2016
0 Poster un commentaire

WHAT BECOME OF THE BSA ? ( Ou : " Que sont les BSA devenues ..." )

QUE SONT LES BSA DEVENUES ... ?

 

 

44  EXPO DF ROGER GODEAU - Copie_crop.jpg

 

 

" Que sont les BSA devenues, que j'avais de si près tenues, et tant aimé ..."

 

Non, même en paraphrasant  le poète, " ça ne passe pas " :  vous n'arriverez pas à arracher une larme de nostalgie à un ancien coureur ou un ancien pacemaker à l'évocation de ces motos d'entraînement qui ont pourtant rythmé, un quart de siècle durant, l'épopée du demi - fond. 

 

Elles n'ont pas eu de chance, au fond, les BSA : elles n'ont jamais été appréciées, et aucune charge affective ou nostalgique ne leur est attachée. Elles ont eu -  il faut le dire - la tâche ingrate de succéder aux mythiques BAC et ANZANI, et ceci explique peut-être cela ...

 

 

Au début de l'année 1956, la Direction du vélodrome du Parc des Princes, en la personne d'André Mouton, lasse de constater l'emprise des entraîneurs - propriétaires de leurs machines - et les pratiques de leur consortium inavoué, décide de faire l'acquisition - pour le prix de 700 000 francs l'unité - de douze motos BSA Golden Flash twin, un modèle "commercial" d'une cylindrée de 650 cm3, doté de " quelques modifications peu importantes pour l'utilisation en demi-fond " (suspension arrière neutralisée, un seul frein à l'avant, guidon, selle, repose - pied, adaptation d'un rouleau aménagements apportés en usine par B.S.A) .

 

Le but avoué de l'équipe de direction : briser le "monopole" des entraîneurs, et favoriser l'éclosion des jeunes.

 

BSA 1.jpg

Lavalade père et fils lors des essais - collection Patrick Police

 

BSA photo JP Juge 1954 présentation nouvelle moto au Parc des Princes Lavalade O424-15 - Copie_crop.jpg

 

Aux essais, ainsi qu'en atteste le magazine "Moto Revue", les engins atteignent la moyenne fort satisfaisante de 87 km/h. Les réactions des coureurs sont mitigées ... il est vrai que l'onctuosité des antiques "grosses mouches" et leur capacité d'abri étaient inégalables.

 

Après quelques saisons d'utilisation, force sera de constater que les buts recherchés ne seront jamais atteints, et l'adoption des BSA ne  marquera finalement qu'une pause dans le lent processus de délitement de la spécialité.

 

BSA 3.jpg

 

Ces engins auront une brève et cahoteuse existence, hâtée par la démolition du vélodrome du Parc des Princes en 1967, vendu par la société " l Equipe-Parc-des-Princes ".  Quand la Ville de Paris confia la gestion du site à la Fédération Française de Football, un restaurateur montmartrois, Monsieur Antonin Dalous - alerté par un ami que les vélos de stayer, les équipements et les BSA allaient être "bradés" - , acquiert l'ensemble de ces matériels et équipements.  

Son restaurant " Sous l'Abat-Jour " devient le  siège du club  " Le Guidon d'Or ", nouveau propriétaire des BSA par conséquent. Antonin Dalous a créé ce club, dont il devient le Président, guidé, selon ses propos, par le désir de "purifier l'ambiance".

Le journaliste et ancien stayer Jacques Lohmuller en est le Directeur Technique, aux côtés d'André Texier (vice-président), Maxime Bousquet (secrétaire) et Roger Quinet (Trésorier).

 

Remises sur le circuit, les BSA accompagneront jusqu'en 1981 les stayers dans leur ronde infernale, recevant dans l'intervalle l'agrément de l' U.C.I en Novembre 1971 pour les championnats du Monde professionnel 1972.

 

60    EXPO DF J PINSELLO - Copie - Copie_crop.jpg

 Jean Pinsello dans le sillage de l'entraîneur X - photo collection Patrick Police

 

A l'occasion du renouvellement du parc des motos d'entrainement en 1982, elles s'éparpilleront aux quatre coins du territoire (et quelques fois même au-delà), certaines finissant même dans des collections privées, de façon assez inexplicable (??) ...

 

BSA Victor Longue e.jpg

 L'entraîneur Victor Longue et sa BSA

 

... Pauvres BSA, mal aimées lors de leur entrée en piste, peu  appréciées durant leur brève existence, elles  ne trouveront donc  jamais le repos, même dans leur retraite ...

 

Alors : " Que  devenues les BSA devenues ? ". 

 

La question reste posée ...  si vous avez des éléments de réponse, je serai curieux de les connaître ...

 

  

Patrick Police

2 Janvier 2015

 

A SIGNATURE BOOK NLLE EDITION - Copie - Copie.jpg A SIGNATURE LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - Copie - Copie - Copie - Copie.jpg

 

Sources : témoignages de Messieurs Jean Court, Jacques Lohmuller, Miroir du Cyclisme, Cyclisme-Magazine , Moto Revue ...

 

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 

 

 

 


23/12/2014
0 Poster un commentaire


Ces blogs de Sports pourraient vous intéresser